Chronologie sélective du programme nucléaire iranien

1950s

1957 : Dans le cadre du programme Atom for Peace, les États-Unis et l’Iran signent un accord de coopération dans le domaine du nucléaire civil.


1960s

Novembre 1967 : les États-Unis délivrent à l’Iran le réacteur de recherche de Téhéran (TRR). Ce réacteur, d’une puissance de 5MWt, fonctionne initialement à l’uranium hautement enrichi (HEU) et peut être utilisé pour la production d’isotopes médicaux. 

Juillet 1968 : l’Iran signe le traité de non-prolifération nucléaire (TNP).


1970s

Février 1970 : le parlement iranien ratifie le TNP.

1974 : création de l'Organisation de l'énergie atomique d'Iran (OEAI). Le Shah annonce que l’Iran ambitionne de construire 23 réacteurs nucléaires et compte également développer une maitrise complète du cycle du combustible nucléaire, ce qui inclus de fait une capacité d’enrichissement. 

1975 : début de la construction de la centrale de Bushehr par Kraftwerk Union (KWU), une compagnie ouest-allemande filiale de Siemens. La centrale de Bushehr est prévue pour abriter deux réacteurs à eau légère destinés à la production d’électricité. 

1976 : signature d’un nouvel accord de coopération nucléaire entre Washington et Téhéran.

1979 : suspension du programme nucléaire iranien suite à la révolution islamique, les nouvelles instances révolutionnaires dénoncent le programme nucléaire comme une manifestation de la dépendance technologique du pays à l’égard de l’Occident. La coopération nucléaire avec l’Occident est rompue. KWU interrompt les travaux de la centrale de Bushehr, lesquel sont pourtant terminé à 75-85%. 

Novembre 1979 : début de la prise d’otage à l’ambassade américaine de Téhéran. 66 diplomates resteront pris en otage pendant 444 jours. 


1980s

22 septembre 1980 : l’Irak envahit l’Iran. 

20 janvier 1981 : les otages américains détenus à l’ambassade sont libérés après 444 jours. 

1981 : l’Iran reprend certaines de ses activités de recherche dans le domaine de la chimie nucléaire. 

1984 : l’Iran souhaite relancer plus amplement ses activités nucléaires en reprenant la construction de certains projets antérieur à la révolution. L’Allemagne refuse de reprendre la construction de la centrale de Bushehr, prétextant la guerre Iran-Irak. 

1987 : l’Iran acquiert les plans techniques nécessaire à la construction de centrifugeuses de type P-1 grâce au réseau du scientifique pakistanais Abdul Qadeer Khan. 

1987 : l’Iran mandate l’Argentine pour convertir le réacteur de recherche de Téhéran (TRR) à l’uranium faiblement enrichi. 


1990s

1993 : la conversion du TRR est terminée. Celui-ci fonctionnera dorénavant avec de l’uranium enrichi à 20% fournit par l’Argentine qui en délivre cette même année 115kg à Téhéran. 

1990 : signature d’un accord de 10 avec Pékin dans le domaine de la coopération nucléaire prévoyant notamment le transfert de technologies, la construction d’un réacteur de recherche de 30 MWt, et la mise en place d’un centre d’enrichissement d’uranium à Ispahan. 

Janvier 1991 : l’Iran lance son programme de fabrication de missiles balistiques de longue portée. 

Janvier 1995 : la Russie s’accorde avec l’Iran pour reprendre la construction de la centrale nucléaire de Bushehr, les autorités allemandes s’étant opposées à la reprises des travaux par KWU en 1991. 

1996 : conclusion du traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICE). L’Iran signe le traité mais ne le ratifie pas. 

Août 1996 : entrée en vigueur du Iran Sanctions Act, lequel introduit un régime de sanctions américaines à portée extraterritoriale visant le secteur énergétique iranien. Selon cette législation, toute compagnie investissant un montant supérieur à 20 millions de dollars US dans le secteur énergétique iranien s’expose à des sanctions américaines. 

Mai 1997 : L'AIEA adopte le protocole additionnel. En vertu de ce dernier, les inspecteurs sont autorisés à effectuer des inspections à court terme et disposent de visas à entrées et sorties multiples.

1997 : la Chine interrompt sa coopération nucléaire avec l’Iran suite au sommet sino-américain d’octobre 1997. 

Mai 1999 : le président iranien M. Khatami et le roi saoudien Fahd ben Abdelaziz Al Saoud publient un communiqué commun appelant à faire du Moyen-Orient une zone exempte d’armes nucléaires et désignent l’arsenal nucléaire d’Israël comme une menace pour la paix et la stabilité dans la région. 


2000s

Mars 2001 : La Russie et l’Iran signent un accord de coopération nucléaire ouvrant la voie à la construction par Moscou d’une nouvelle centrale nucléaire dans le pays. 

Janvier 2002 : le Président G.W. Bush désigne l’Iran comme un élément central de « l’Axe du mal » dans son discours sur l’état de l’Union.

Août 2002 : le Conseil national de la résistance iranienne (groupe d’opposition au régime de Téhéran) annonce que l’Iran construit clandestinement deux sites nucléaires non-déclaré auprès de l’AIEA : un centre d’enrichissement et de recherche à Natanz ainsi qu’un réacteur à eau lourde à Arak. Ces deux sites pourrait théoriquement permettre à l’Iran d’acquérir à terme suffisamment de matière fissibles que pour produire des armes nucléaires : le site de Natanz grâce à l’enrichissement d’uranium et le site de Arak grâce à la production de plutonium. Le président Khatami reconnait l’existence de ces deux sites, insiste sur la nature civile du programme nucléaire iranien, et invitent l’AIEA à venir les visiter. 

Septembre 2002 : la Russie commence la construction du premier réacteur nucléaire iranien à Bushehr. 

Août 2003 : l’AIEA découvre des traces d’uranium hautement enrichi à Natanz. Téhéran explique que ces traces proviennent d’équipements importés en seconde main depuis un autre État. 

Octobre 2003 : en concertation avec l’EU-3 (Allemagne, France, Royaume-Uni), l’Iran annonce suspendre volontairement et temporairement ses activités d’enrichissement d’uranium et s’engage à signer le protocole additionnel du TNP.

Décembre 2003 : Téhéran signe le protocole additionnel du TNP mais celui-ci n’est cependant pas ratifié. Cela dit, malgré la non-ratification de ce protocole par le parlement iranien, le gouvernement Khatami s’engage à l’appliquer de facto, ce qui renforce la capacité d’inspection de l’AIEA sur les activités nucléaires iraniennes. 

Juin 2004 : l’Iran informe l’AIEA de sa volonté de reprendre ses activités d’enrichissement d’uranium.

Novembre 2004 : l’Iran et l’EU-3 signent l’Accord de Paris : Téhéran suspend temporairement de ses activités d’enrichissement et autorise des inspections accrues de l’AIEA. 

Janvier 2005 : l’Iran autorise les inspecteurs de l’AIEA à visiter partiellement le site militaire de Parchin sur lequel Téhéran est soupçonné de mener des activités en lien avec une possible militarisation de son programme nucléaire.

Février 2005 : l’Iran et la Russie signent un accord stipulant que Moscou sera en charge de l’approvisionnement en combustible de la centrale de Bushehr ainsi que du recyclage du combustible arrivé en fin de vie. 

Août 2005 : le conservateur M. Ahmadinejad devient le nouveau président iranien. Téhéran reprend ses activités d’enrichissement d’uranium sur le site de recherche d’Ispahan. L’Iran rejette également le “Framework for a Long-term Agreement” émanant du EU-3. Cette proposition visait à assister l’Iran dans le développement de son programme nucléaire civil en échange d’un abandon définitif par Téhéran de ses capacités d’enrichissement et de production de plutonium. L’Iran ne souhaite pas abandonner ses ambitions de maitriser le cycle de production de combustible nucléaire à des fins civiles et rappelle qu’il s’agit là de son droit au regard des engagements qu’il a pris au travers du TNP. Le même mois, le guide suprême Ali Khamenei promulgue une fatwa interdisant « la production, le stockage et l’utilisation » d’arme nucléaire. Cet édit religieux ne dit cependant rien en ce qui concerne la recherche sur l’armement nucléaire. 

Novembre 2005 : le parlement iranien adopte une loi suspendant l’application volontaire par la république islamique du protocole additionnel du TNP. 

Janvier 2006 : l’Iran reprend ses activités d’enrichissement sur le site de Natanz. 

Février 2006 : l’AIEA renvoie la question nucléaire iranienne devant le CSNU suite aux manquements répétés de l’Iran dans le cadre de ses obligations. 

Juillet 2006 : le CSNU adopte la résolution 1696 appelant l’Iran à suspendre ses activités d’enrichissement. 

Août 2006 : l’Iran inaugure son usine de production d’eau lourde à Arak. 

Décembre 2006 : le CSNU adopte la résolution 1737 en réponse au non-respect par Téhéran de la résolution 1696. La nouvelle résolution interdit la vente de technologie et de matériel nucléaire à l’Iran et gèle les avoirs financiers des individus et entités impliquées dans le programme nucléaire iranien.

Mars 2007 : En réponse à la poursuite par l’Iran de ses activités d’enrichissement, le CSNU adopte la résolution 1747 qui élargie la liste des personnes et entités dont les avoirs sont gelés, et impose une interdiction d’exportation d’armes à destination de l’Iran. 

Avril 2007 : l’Iran déclare pouvoir produire du combustible nucléaire à une échelle industrielle. 

Décembre 2007 : Un rapport des services de renseignement américain estime que l’Iran a suspendu ses activités nucléaires militaires en 2003. 

Mars 2008 : le CSNU adopte la résolution 1803 qui impose de nouvelles sanctions sur le programme nucléaire iranien. 

Juillet 2008 : l’Iran teste son missile balistique de moyenne portée Shahab-3.

Septembre 2008 : le CSNU adopte la résolution 1835, laquelle appelle une nouvelle fois l’Iran a cesser ses activités d’enrichissement, à abandonner ses activités nucléaires liées à l’utilisation d’eau lourde, et impose de nouvelles sanctions à Téhéran. 

Janvier 2009 : Barack Obama devient le 44ème président des États-Unis. Il a notamment promis d’engager une politique de « la main tendue » envers Téhéran. 

Septembre 2009 : Les États-Unis, le France, et le Royaume-Uni révèlent l’existence à Fordow, près de la ville sainte de Qom, d’un site nucléaire (usine d’enrichissement) non-déclaré par l’Iran auprès de l’AIEA.

Octobre 2009 : l’Iran et les P-5+1 (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne) entame de nouvelles discussions. L’Iran accepte dans un premier temps le principe d’un échange 1200 kg de son uranium faiblement enrichi en échange de combustible (uranium enrichi à 20%) pour son réacteur de recherche de Téhéran. Finalement, l’Iran se retire des discussions en raison de désaccords internes relatifs aux modalités techniques de l’échange. 


2010s

Févier 2010 : l’Iran annonce avoir produit de l’uranium enrichi sur le site de Fordow. 

Juin 2010 : le CSNU adopte la résolution 1929 qui intensifie considérablement les sanctions internationales contre l’Iran. Les États-Unis renforcent également leurs sanctions unilatérales contre Téhéran.

Juillet 2010 : l’UE adopte des sanctions ciblant le secteur énergétique iranien. 

Septembre 2010 : l’Iran annonce avoir détecté le virus informatique Stuxnet, lequel a endommagé plusieurs centaines de centrifugeuses sur le site de Natanz. 

Octobre 2010 : l’Iran annonce avoir produit 30 kg d’uranium enrichi à 20%.

Janvier 2011 : de nouvelles discussions entre le P5+1 et l’Iran s’avèrent non-concluantes. 

Septembre 2011 : l’Iran annonce le raccordement de la centrale de Bushehr à son réseau électrique. 

Janvier 2012 : l’UE annonce un embargo pétrolier contre l’Iran, effectif à partir de juillet 2012. 

Février 2012 : Barack Obama signe l’ordre exécutif 13599 gelant les avoirs de la banque centrale de l’Iran ainsi que d’autres institutions financières iraniennes. Le même mois, les inspecteurs de l’AIEA se voient refuser l’accès au site militaire de Parchin. 

Avril 2012 : reprise des discussions entre le P5+1 et l’Iran. 

Juin 2012 : Abbas Zamini, le commandant en second de la marine iranienne, déclare que la république islamique souhaite développer des sous-marins à propulsion nucléaire. 

Juillet 2012 : entrée en vigueur de l’embargo pétrolier européen. Premières discussions secrètes entre diplomates américains et iraniens à Oman. 

Avril 2013 : l’Iran annonce avoir commencé l’extraction d’uranium sur son propre territoire. 

Mai 2013 : l’AIEA annonce que l’Iran a installé des centrifugeuses de type IR-2m sur le site de Natanz, accroissant encore ainsi ses capacités d’enrichissement.

Juin 2013 : les États-Unis imposent des sanctions ciblant le Rial iranien. Le même mois, le modéré Hassan Rouhani, ancien négociateur en chef sur la question nucléaire du temps du président Khatami, devient le nouveau président de la république islamique. 

Août 2013 : dans un rapport, l’AIEA affirme que l’Iran continue à installer de nouvelles centrifugeuses et à augmenter légèrement ses stocks d’uranium enrichi à 20%.

Septembre 2013 : les ministres des Affaires étrangères du P5+1 et de l’Iran se rencontrent en marge de l’AGNU et s’accordent sur la tenue de nouvelles discussions dans les mois qui viennent. Le président Obama s’entretient au téléphone avec Hassan Rouhani, faisant de cet appel la première communication directe entre un président américain et iranien depuis la révolution de 1979. 

Novembre 2013 : le P5+1 et l’Iran s’accordent sur un accord intermédiaire, le Joint Plan of Actions (JPOA). Celui-ci prévoit notamment la neutralisation par l’Iran de ses stocks d’uranium enrichi à 20%, la limitation de ses activités d’enrichissement au seuil de 5%, et la suspension de la construction du réacteur à eau lourde d’Arak. En échange, certaines sanctions contre l’Iran sont partiellement levées et certains avoirs dégelés. Les modalités techniques du JPOA doivent encore être discutées dans les semaines à venir. 

Janvier 2014 : entrée en vigueur du JPOA.

Février 2014 : le P5+1 et l’Iran reprennent leurs discussions en vue de parvenir à un accord final sur la question nucléaire iranienne. Ces discussions se tiendront régulièrement jusqu’à l’annonce du JCPOA en juillet 2015. 

Juin 2014 : dans un rapport, l’AIEA confirme que l’Iran a neutralisé la majorité de ses stocks d’uranium enrichi à 20%. 

Février 2015 : l’AIEA confirme que Téhéran respecte bien les engagements pris dans le cadre du JPOA. 

Juillet 2015 : le P5+1 et l’Iran annonce la conclusion d’un accord final sur la question nucléaire iranienne, le Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA). Avec cet accord, le délai nécessaire à l’Iran pour produire suffisamment de combustible en vue d’assembler une arme nucléaire est repoussé de 2-3 mois à un an et demi. 

Juillet 2015 : le CSNU adopte à l’unanimité la résolution 2231 qui avalise l’adoption du JCPOA. 

Novembre 2015 : l’AIEA annonce que l’Iran a bien démantelé 4 500 centrifugeuses sur le site de Natanz. Téhéran doit encore retirer du service 10 000 centrifugeuses selon les dispositions du JCPOA. 

Décembre 2015 : le Conseil des gouverneurs de l’AIEA décide de fermer l’enquête sur les possibles dimensions militaires du programme nucléaire iranien. 

Janvier 2016 : le JCPOA entre en vigueur. 

Mai 2016 : l’AIEA confirme dans un rapport le respect par l’Iran du JCPOA. 

Septembre 2016 : début des travaux de construction par la Russie d’un second réacteur nucléaire sur le site de Bushehr. Les travaux sont supposés durer au moins 10 ans. 

Décembre 2016 : en réaction au renouvellement du Iran Sanctions Act de 1996, le président Rouhani déclare que l’Iran a l’intention de développer des navires marchands à propulsion nucléaire. 

Janvier 2017 : Donald J. Trump devient le 45ème président des États-Unis. Au cours de sa campagne électorale, il a déclaré que le JCPOA était selon lui le pire accord jamais signé par les États-Unis. L’Iran effectue des tests – en conformité avec les dispositions du JCPOA – sur de nouvelles centrifugeuses de type IR-8. 

Mai 2017 : le président Trump certifie le JCPOA, maintient la levée des sanctions relatives au programme nucléaire iranien, mais instaure de nouvelles sanctions visant le programme balistique de Téhéran.

Juin 2017 : l’AIEA assure une nouvelle fois que l’Iran respecte bien le JCPOA. 

Juillet 2017 : l’administration Trump certifie le JCPOA, mais instaure de nouvelles sanctions sans lien avec les activités nucléaires de Téhéran. 

Octobre 2017 : le président Trump ne certifie pas le JCPOA, laissant la possibilité au Congrès de réinstaurer les sanctions sur le nucléaire iranien endéans les 60 jours. Il dénonce les lacunes du JCPOA et appelle les partenaires de Washington à « réparer  l’accord ». 

Novembre 2017 : l’AIE confirme le respect par l’Iran du JCPOA. 

Janvier 2018 : le président Trump confirme la levée des sanctions relatives au programme nucléaire iranien mais menace de retirer les États-Unis de l’accord si le JCPOA n’est pas renforcé. Dans le même temps, Washington annonce de nouvelles sanctions relatives aux violations des droits de l’homme commises par certains responsables iraniens. 

Avril 2018 : Benjamin Netanyahou exhibe la saisie par Israël de plus de 100 000 documents relatifs aux activités nucléaires de l’Iran. Selon le 1er ministre israélien, ces documents démontrent la volonté de l’Iran de renforcer son programme nucléaire – notamment à des fins militaires – et ce y compris après le conclusion du JCPOA. 

Mai 2018 : le président Trump initie la politique dite de « pression maximale » en annonçant la sortie des États-Unis du JCPOA et la réimposition des sanctions américaines en lien avec les activités nucléaires iraniennes. Mike Pompéo énonce 12 exigences auxquelles l’Iran doit se soumettre avant d’envisager un nouvel accord avec Washington. Il est notamment demandé à Téhéran de renoncer aux activités d’enrichissement et à son programme balistique, de cesser son soutien à différentes milices à travers le Moyen-Orient (Hezbollah, Hamas, Houthis, etc.), et de retirer ses troupes de Syrie. En réaction, Ali Khamenei pose six conditions aux Européens pour que l’Iran demeure au sein de l’accord. L’UE doit notamment s’opposer aux sanctions américaines et garantir les exportations de pétrole et gaz en provenance de l’Iran. 

Août 2018 : Washington instaure de nouvelles sanctions interdisant les transactions en dollars US avec l’Iran. Dans le même temps, l’AIEA confirme que l’Iran respecte toujours ses engagements du JCPOA. 

Janvier 2019 : Dan Coats, le directeur du Renseignement national déclare devant la commission du renseignement du Sénat que les services du renseignement américain ne pensent pas que l’Iran soit occupé à poursuivre les activités nécessaires à la construction d’une arme nucléaire. Donald Trump dénonce ses propos sur Twitter et moque la naïveté des services de renseignement. De leur côté, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni mette en place le mécanisme Instex (Instrument in Support of Trade Exchanges) devant favoriser les transactions commerciales entre les entreprises européennes et iraniennes sans avoir recours au dollars. 

Février 2019 : les inspecteurs de l’AIEA découvre des traces d’uranium faiblement enrichi sur le site de Turqazabad, à Téhéran, qu’Israël désigne depuis septembre 2018 comme un site nucléaire non-déclaré.

Mai 2019 : le président Rouhani annonce que l’Iran compte cesser de respecter progressivement certains de ces engagements pris dans le cadre du JCPOA si les autres États parties au traité ne prennent pas les mesures nécessaires pour protéger le secteur bancaire et énergétique iranien des sanctions américaines endéans les 60 jours. 

Juin 2019 : les États-Unis accusent l’Iran d’avoir enfreint le JCPOA en ayant testé 33 centrifugeuses avancées de type IR-6 alors que le JCPOA autorise Téhéran à tester seulement 30 centrifugeuses d’un modèle plus avancé que l’IR-1.

Juillet 2019 : l’Iran dépasse pour la première fois la limite de stockage de 202 kg d’uranium faiblement enrichi imposée par le JCPOA et commence à enrichir de l’uranium à un taux de 4,5% au lieu des 3,67% prévus par le JCPOA. Le président Rouhani déclare que l’Iran est disposé à revenir au respect de ses engagements si les États-Unis lèvent leurs sanctions et réintègrent le JCPOA. 

Août 2019 : l’AIEA annonce que l’Iran a dans ses stocks 241,6 kg d’uranium faiblement enrichi. 

Septembre 2019 : l’Iran accorde deux mois supplémentaires aux Européens afin que ceux-ci proposent des solutions pour préserver la République islamique des sanctions américaines, faute de quoi Téhéran prendra de nouvelles mesures afin de réduire ses engagements au regard du JCPOA. Dans le même temps, l’Iran annonce la mise en fonction de 20 centrifugeuses IR-6 et 20 centrifugeuses IR-4, respectivement 10 et 5 fois plus rapide que les centrifugeuses IR-1 autorisées par le JCPOA. 

Novembre 2019 : l’Iran met en fonction 30 nouvelles centrifugeuses de type IR-6, portant le nombre total de ces dernières à 60 en activité. Le directeur de l’ l'Organisation de l'énergie atomique d'Iran, Ali Akbar Salehi, annonce que le pays est désormais capable de produire 5 kg d’uranium faiblement enrichi par jour contre 450 gr auparavant. Par ailleurs, Téhéran déclare reprendre ses activités d’enrichissement jusqu’à 5% sur le site de Fordow (normalement uniquement dédié à la recherche selon le JCPOA) avec 1 044 centrifugeuses de type IR-1. L’AIEA annonce que Téhéran stocke 372,3 kg d’uranium faiblement enrichi et constate également que le stock d’eau lourde de l’Iran est de 131,5 mètres cubes alors que le JCPOA plafonne normalement ce stock à 130 mètres cubes.

2020s

Janvier 2020 : Washington élime le général Qassem Soleimani, commandant de la force al-Qods, alors que celui-ci était en visite à Bagdad. Téhéran annonce ne plus être lié par les contraintes prévues dans le JCPOA concernant ses activités d’enrichissement. L’Allemagne, la France et le Royaume-Uni actionne le mécanisme d’arbitrage prévu par le JCPOA : au terme de ce mécanisme, le dossier pourrait être envoyé devant le CSNU pour que celui-ci statue sur la réimposition des sanctions internationales contre le programme nucléaire iranien. A la fin du mois, l’Iran annonce avoir en stock 1200 kg d’uranium faiblement enrichi. 

Février 2020 : l’UE renonce à porter la question nucléaire iranienne devant le CSNU.

Mars 2020 : l’AIEA dénonce les manquements de l’Iran au regard des engagements prévus par le JCPOA et critique le refus de Téhéran d’accorder l’accès à certains sites sensibles aux inspecteurs de l’agence. 

Juin 2020 : pour la première fois depuis huit ans, le Conseil des gouverneurs de l’AIEA adopte une résolution sommant l’Iran de coopérer pleinement avec l’AIEA sur les investigations en lien avec ses activités nucléaires. 

Juillet 2020 : une explosion sur le site de Natanz endommage une usine de production de centrifugeuses IR-4 et IR-6. Israël est soupçonné d’être derrière cette explosion. 

Novembre 2020 : l’AIEA annonce que l’Iran possède un stock de 2443 kg d’uranium enrichi à 4,5%, soit plus de 12 fois la limite imposée par le JCPOA. Pareille quantité devrait théoriquement permettre à l’Iran de produire suffisamment d’uranium enrichi à 90% pour fabriquer deux armes nucléaires. L’Institute for Science and International Security estime que Téhéran pourrait produire suffisamment d’uranium de qualité militaire nécessaire à la fabrication d’une arme nucléaire endéans les trois mois. Fin du mois, Mohsen Fakhrizadeh, l’une des figures centrales du programme nucléaire iranien, est assassiné lors d’une attaque contre son convoi à quelques kilomètre de Téhéran. L’Iran accuse Israël d’être derrière cette attaque, Ali Khamenei écarte de nouvelles discussions avec les États-Unis.

Décembre 2020 : en rétorsion à l’élimination de Mohsen Fakhrizadeh, le parlement iranien adopte une loi obligeant le gouvernement à reprendre l’enrichissement à 20% et à stocker annuellement 120 kg d’uranium à 20%. Le parlement demande également au président Rouhani de restreindre l’accès aux inspecteurs de l’AIEA si les sanctions contre les secteurs bancaire et énergétique iranien ne sont pas levées. 

Janvier 2021 : l’Iran reprend la production d’uranium enrichi à 20% sur le site de Fordow. 

Février 2021 : l’Iran a produit 3,6 gr de métal d’uranium. Au moins 500 gr serait nécessaire à la conception du cœur d’une arme nucléaire. Mahmoud Alavi, le ministre iranien du renseignement, déclare que l’Iran pourrait chercher à se doter de l’arme nucléaire si les puissances occidentales ne lui donnent pas d’autres choix. Fin du mois, Téhéran annonce suspendre son application du protocole additionnel du TNP, affaiblissant ainsi le régime de surveillance du programme nucléaire iranien. L’Ayatollah Khamenei prévient que l’Iran pourrait commencer à enrichir de l’uranium à 60%. Selon l’AIEA, Téhéran a produit 17,6 kg d’uranium enrichi à 20%. 

Avril 2021 : l’Iran commence les tests de la centrifugeuse IR-9 sur le site de Natanz. Ce nouveau modèle devrait être 50 fois plus performant que la centrifugeuse IR-1 autorisée par le JCPOA. Le site de Natanz est frappé par une explosion qui détruit son générateur ; Téhéran accuse Israël d’être à l’origine du sabotage. L’Iran annonce le démarrage de la production d’uranium enrichi à 60%. Téhéran et le P5+1 entament de nouveaux pourparlers sur l’avenir du JCPOA.

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