mardi 23 octobre 2018

L'affaire Khashoggi peut-elle provoquer une crise pétrolière?

Retrouvez ma dernière interview pour le compte du quotidien belge La Libre Belgique sur les répercussions de l'affaire Khashoggi : 
Face aux menaces de boycott inhérentes à la crise provoquée par la mort de Jamal Khashoggi, l'Arabie saoudite peut-elle user de l'arme pétrolière pour se défendre?
L'Arabie saoudite est sous le feu des critiques depuis l'annonce de la mort du journaliste saoudien Jamal Khashoggi à Istanbul le 2 octobre dernier. Ce virulent critique du pouvoir serait mort étranglé lors d'une rixe, à l'intérieur du consulat saoudien. Vertement critiquée, Ryad a fini par reconnaître qu'une "erreur monumentale a été faite, aggravée par la tentative de la cacher", dimanche soir. 
Si Donald Trump a durci le ton ce dimanche, en évoquant des "mensonges et des tromperies" dans le chef de la capitale saoudienne, un risque de sanctions contre l’Arabie saoudite pourrait-il entraîner une crise pétrolière majeure ? L'État saoudien est en effet l'une des trois plus grandes réserves pétrolières au monde, avec le Venezuela et le Canada.
"Sur la question du potentiel de l'Arabie saoudite de provoquer une crise pétrolière, la réponse est affirmative. Par contre, personne n'a intérêt à ce qu'une telle crise se produise. Ni les Etats-Unis, ni même l'Arabie saoudite elle-même. Les Saoudiens sont déjà au coeur de tellement de polémiques - notamment la guerre au Yémen - que ce n'est pas l'Affaire Khashoggi qui risque de bouleverser le cours des choses. Par contre, il est clair que l'affaire suscite une émotion particulière, du fait qu'il s'agissait d'un journaliste exilé aux États-Unis. Certains États pourraient prendre des mesures diplomatiques et "geler" les importations et exportations pour calmer l'opinion publique. Mais attention, l'emploi du mot "geler" est voulu, et sous-entend qu'il y aura dégel", analyse Vincent Eiffling, chercheur associé en relations internationales au CECRI, Centre d'étude des crises et des conflits internationaux de l'UCLouvain.
Les Etats-Unis, alliés historique
Le ministre saoudien de l'Énergie a d'ailleurs déclaré à l'agence russe Tass qu'il n'avait "aucune intention d'imposer à ses clients occidentaux un embargo sur le pétrole (...) et continuera à dissocier le pétrole de la politique." L'Arabie saoudite aurait compris la leçon de l'embargo sur le pétrole de 1973. Le pays avait réduit sa production de pétrole de 5% par mois, afin d'obliger l'armée israélienne de se retirer des territoires arabes occupés, Mais si le résultat à court terme avait été bénéfique pour l'économie de Ryad, à long terme, les pays occidentaux étaient parvenus à réduire leur dépendance au pétrole en favorisant d'autres sources d'énergie comme le charbon, le gaz et le nucléaire.
"Mais toute l'affaire Khashoggi pourrait être instrumentalisée par les Européens afin de faire pression dans le cadre de la question nucléaire iranienne et ainsi mettre l'Arabie saoudite face à ses propres démons. Il faudra de toute façon trouver un bouc-émissaire et tant pour Washington que Ryad, il faudra que cela soit quelqu'un d'autre que le prince héritier Mohammed ben Salmane. Toute la diplomatie américaine est construite autour de cette position d'allié historique de l'Arabie saoudite", poursuit Vincent Eiffling.
Quant au positionnement de la Turquie, qui a déclaré que "toute la vérité" serait faite sur la mort mystérieuse du journaliste Khashoggi, il faut comprendre une grande rivalité entre les deux États. "Ce sont deux grands pays d'influence, avec deux grandes idéologies religieuses, qui s'affrontent. Le wahhabisme pour Ryad et le sunnisme hanafite en Turquie, qui sont deux outils pour propager une image positive de leur État", conclut le chercheur.

jeudi 18 octobre 2018

Disparition du journaliste Khashoggi: quelles conséquences diplomatiques pour l'Arabie saoudite?

Retrouvez le résumé de mon intervention de ce jeudi 18 octobre sur les ondes de La Première (RTBF - Belgique) au sujet de l'Arabie saoudite, de MBS, et bien évidemment du sujet chaud du moment, la disparition (ou plutôt l'élimination) du journaliste saoudien Jamal Khashoggi. 

https://www.rtbf.be/info/monde/detail_disparition-du-journaliste-khashoggi-quelles-consequences-diplomatiques-pour-l-arabie-saoudite?id=10049830

mardi 9 octobre 2018

L'Iran face à l'Amérique de Donald Trump. Après la 73ème AGNU, quelles perspectives pour le JCPOA ?

La 73ème AGNU a été le théâtre d'une passe d'armes prévisible entre Donald Trump et Hassan Rouhani. Alors que la survie du JCPOA s'avère incertaine, que l'Union européenne tente tant bien que mal de fournir des garanties suffisantes à l'Iran et que la République islamique connaît une crise économique et commerciale majeure, comment expliquer la situation actuelle et quelles peuvent être ses possibles évolutions ? C'est à ces questions que je tente d'apporter des réponses ou du moins des pistes de réflexion dans ma dernière publication pour le compte du Centre d'Etude des Crises et des Conflits Internationaux (CECRI)  que vous pouvez consulter via le lien suivant : 


Bonne lecture !