mardi 18 juillet 2017

Iran : l'administration Trump ne rejette pas (encore) l'accord sur le nucléaire.

Il l'avait qualifié de pire accord jamais signé par les Etats-Unis, promettant même de le "déchirer" s'il accédait à la Maison Blanche. Or, 7 mois après son investiture, le Président Trump semble avoir mis de l'eau dans son vin puisque son administration a certifié hier que Téhéran respectait ses engagements pris dans le cadre de l'accord sur la question nucléaire iranienne signé le 14 juillet 2015.

En effet, tous les 90 jours, l'exécutif américain doit certifier devant le Congrès que l'Iran respecte bel et bien ses engagements. Ce fut donc chose faite hier, pour la deuxième fois depuis l'arrivée de Trump à la Maison Blanche (la première fois remonte à avril 2017), ce qui laisse à suggérer que Washington a probablement pris conscience qu'une remise en cause de l'accord ne serait pas chose aisée dans la mesure où il est ardemment soutenu par les pays européens mais également par la Chine et la Russie. 

A l'heure où les Etats-Unis souffrent d'une image plutôt négative sur la scène internationale en raison du style et de la politique de son nouveau président, la remise en cause de cet accord, considéré par beaucoup comme une avancée significative en vue de normaliser les relations entre l'Iran et le reste du monde et ainsi apaiser les tensions diplomatiques, aurait été perçu comme une manifestation de l'agressivité et de l'unilatéralisme d'une administration Trump qui peine à rassurer ses partenaires traditionnels. 

Si l'accord semble donc toujours tenir, la question de sa pérennité n'est cependant pas encore à écarter tout à fait. La lecture laborieuse de la politique étrangère du Président Trump qui découle de son imprévisibilité rend en effet l'avenir de l'accord toujours incertain, et ce en dépit des signaux positifs que laissent entrevoir la certification par l'exécutif américain des engagements pris par Téhéran. 

L'administration Trump laisse par ailleurs la porte ouverte à de potentielles nouvelles sanctions et ce, en raison de divers motifs pour lesquels elle ne manque pas de régulièrement pointer l'Iran du doigt : soutien au terrorisme, activités déstabilisatrices au Moyen-Orient, rôle au Liban, en Syrie, en Irak, au Yémen, programme balistique, ... 

Aussi, en dépit du fait que l'Iran a reçu les félicitations de l'AIEA en juin dernier pour le respect de ses engagements dans le cadre de l'accord sur son programme nucléaire, nous constatons que les griefs entre Téhéran et Washington ne sont pour leur part pas en pénurie... L'animosité entre les deux pays n'a pas besoin de la question nucléaire pour se maintenir et perdurer. La condamnation, annoncée dimanche dernier, d'un américain à 10 ans de prison pour espionnage, ne vient que rajouter une pierre à l'édifice de la défiance mutuelle. 


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