Rechercher sur Chroniques Persanes

mardi 21 mai 2013

Officiel : Rasfanjani et Mashaei disqualifiés de la course à la présidence

C'est désormais officiel, comme annoncé dans le post précédent, Rasfanjani et Mashaei n'ont pas été retenus par le Conseil des Gardiens, l'organe en charge de valider les candidatures aux élections présidentielles et législatives au sein du système politique iranien.




C'est un coup dur pour H. Rasfanjani, l'une des figures les plus emblématiques de la République islamique. Président du Majles (le parlement iranien) de 1980 à 1989, nommé à la tête des forces armées par R. Khomeini à la fin du conflit contre l'Irak, président de la République islamique de 1989 à 1997 et enfin président de l'Assemblée des experts de 2007 à 2011, cet ancien homme fort du régime se retrouve ici écarté de la course à la présidence. Un coup dur pour les réformateurs, ostensiblement écartés de la vie politique iranienne depuis les évènements de 2009 et auxquels Rasfanjani avait alors apporté son soutien. Cette mise à l'écart hypothèque en tout cas fortement les chances de voir le paysage politique iranien revenir vers un équilibre entre réformateurs et conservateurs comme c'était le cas avant 2009.

Cette mise à l'écart pourrait éventuellement entraîner des troubles dans certaines grandes villes du pays, une part importante de la jeunesse (tranche majoritaire de la population iranienne) ayant manifesté son soutien à l'ancien président. Selon plusieurs sources présentes en Iran, le régime aurait d'ailleurs déployé des forces de l'ordre aux abords de différents bâtiments officiels dont le ministère de l'intérieur où la liste des candidats a été dévoilée. 

Il faut toutefois souligner que toutes les options ne sont pas épuisés pour H. Rasfanjani. Le Guide suprême, A. Khamenei, pourrait en effet émettre un décret courtcircuitant la décision du Conseil des Gardiens et ainsi autoriser la candidature de l'ancien président. Le Guide devrait d'ailleurs rapidement s'exprimer sur la liste des candidats dévoilée par le ministère de l'intérieur. En cas de silence prolongé, toutes les spéculations seront permises sur une éventuelle intervention de sa part... 

Par ailleurs, si le Guide devait finalement autoriser H. Rasfanjani à se lancer dans la course, cela pourrait être perçu comme un adoubement et ainsi donner un sérieux coup de pouce à sa candidature. 

Enfin, signalons qu'une non candidature de H. Rasfanjani sonnerait le glas des espoirs d'un rapprochement entre l'Iran et l'Occident sur la question nucléaire avec comme corollaire des répercutions sur la sécurité d'Israël. 

A suivre donc ...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire