mardi 15 mars 2011

L'Iran, le nucléaire et le Japon ...

S'il y a bien un argument à charge des Iraniens que le récent séisme qui a frappé le Japon et endommagé le site nucléaire de Fukushima va venir remettre sur la table, c'est bien l'exposition récurrente du territoire iranien aux phénomènes sismiques. Faut-il le rappeler, l'Iran est régulièrement le théâtre de tremblements de terre qui, s'ils ne sont pas tous d'une intensité aussi forte que ce que connut la ville de Bam en 2003, n'en demeurent pas moins considérablement meurtriers. 
Aussi, un argument de leurs détracteurs que les Mollahs ont jusqu'ici systématiquement mis à la trappe (et cela continuera selon toute vraisemblance...), le qualifiant de peu crédible, vient soudainement de rejoindre la réalité au travers de l'exemple japonais. Autrement dit, le scénario catastrophe d'un tremblement de terre affectant la sécurité du site nucléaire de Bushehr apparaît aujourd'hui comme une éventualité plus crédible aux répercutions potentiellement dramatiques pour un pays qui ne dispose ni du savoir faire nippon dans le domaine du nucléaire, ni de moyens comparables à ceux dont dispose une puissance du gabarit de Tokyo pour faire face à une pareille catastrophe. 

Si les Occidentaux remettent cet argument sur la table pour discréditer le programme nucléaire iranien, citant dans la foulée l'exemple japonais, il sera plus difficile pour Téhéran de minimiser le risque encouru par ses installations nucléaires. La réponse sera fort probablement une formule échappatoire selon laquelle les installations iraniennes répondent bien à toutes les normes anti-sismiques de sécurité... Du blabla en gros. 

Par ailleurs, si l'incident de Fukushima relance actuellement le débat sur l'énergie nucléaire en Europe et ailleurs dans le monde, cela ne semble pas être le cas en Iran où le président Ahmadinejad a déclaré ce lundi qu'il était grand temps pour la centrale de Bushehr (la première du pays) de rentrer effectivement en fonction. Le chargement des barres de combustible a commencé l'été passé mais différents retards, officiellement dus à des "vérifications" techniques (n'ayant donc officiellement rien à voir avec Stuxnet...), sont venus retarder le raccord de la centrale au réseau électrique iranien (raccord qui était initialement prévu pour décembre 2010). Il est également surprenant de remarquer à quel point la presse iranienne fait totalement l'impasse sur ce qui se passe en ce moment sur le site de Fukushima, à croire que cela risquerait de porter préjudice à l'image du secteur nucléaire iranien, lequel est devenu pour le régime un symbole de résistance nationale face au "néo-imperialisme des puissances de l'arrogance"... 

2 commentaires:

  1. Des iraniens avaient indiqué qu'un gros séisme touchant Téhéran serait un immense désastre vu les matériaux utilisé pour l'accroissement rapide de la ville. Un tremblement de terre touchant Bushehr démolirait également les installations pétro chimique du golfe persique beaucoup plus fragiles qu'une centrale en béton et causerait une catastrophe écologique de grande ampleur.

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  2. C'est exact : les dirigeants iraniens avaient estimé l'an passé qu'un tremblement de terre relativement important pourrait être fatal à un quart de la population de Téhéran ... ville qui compte plus de 8 millions d'habitant.

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