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mercredi 27 octobre 2010

Approche cognitive de la position américaine sur les aspects sécuritaires de la question nucléaire iranienne


Voici ma dernière publication dans le cadre des Notes d'analyse de la Chaire InBev Baillet-Latour :


Cette analyse met l'accent sur les aspects identitaires ainsi que sur l'importance des perceptions mutuelles et des mécanismes du système cognitif humain dans le cadre de la question nucléaire iranienne. L'objectif est de parvenir à une lecture plus claire des différences de perception à l'origine du déficit de confiance et du sentiment de menace entre les parties à la crise. 

Pour rappel, l'intégralité des Notes d'analyse de la Chaire InBev Baillet Latour est disponible sur le site de l'UCL à l'adresse suivante :   http://www.uclouvain.be/269395.html 

L'Iran prendra la présidence de l'OPEP en 2011



C'est désormais officiel, l'Iran a été élu pour la première fois en 36 ans à la présidence de l'OPEP. C'est donc Téhéran qui présidera les réunions de l'organisation pour l'année 2011. Cette information a été confirmée par le mninistre saoudien du pétrole, Ali al-Nuaimi. Cette présidence ne s'accompagne cependant pas de réels pouvoirs. Elle consiste plus en un rôle de gardien de l'agenda de l'organisation. Cependant, l'Iran ne manquera pas de profiter de la vitrine que lui offrira cette attribution pour faire passer ses messages à caractère politique dans le cadre du bras de fer diplomatique qui l'oppose à l'Occident. Le fait que Téhéran ait été élu à cette fonction ne manquera également pas d'alimenter les discours du régime selon lesquels l'isolement de la République islamique ne correspond qu'à une "chimère dans l'esprit dans l'esprit des occidentaux".

Pour rappel, les pays membres de l'OPEP, au nombre de 12, sont l'Algérie, l'Angola, l'Iran, l'Irak, le Koweït, la Libye, le Nigéria, le Qatar, les EAU, l'Arabie saoudite, l'Equateur et le Vénézuela.

mardi 26 octobre 2010

Les Emirats arabes unis inaugurent une base navale à l'Est du détroit d'Ormuz

Les Emirats arabes unis viennent d'inaugurer (le 20 octobre) une nouvelle base navale, située sur leur côte Est, face au Golfe d'Oman, afin de sécuriser leurs exportations pétrolières. Actuellement, pratiquement toutes les exportations pétrolières des quattre plus importants producteurs de l'OPEP traversent le détroit d'Ormuz.

Cette nouvelle base se situe à Fujairah et vise à sécuriser le futur terminal pétrolier qui devrait y voir le jour dans un futur proche. Deux pipelines - l'un pour le gaz, l'un pour le pétrole - devant relier Abu Dhabi à Fujairah sont également en projet.

L'objectif stratégique de ces projets énergétiques et de cette nouvelle base navale est de parvenir à maintenir les exportations des EAU en cas de conflit armé avec l'Iran. Téhéran n'a en effet pas caché son intention de bloquer le détroit d'Ormuz - par lequel transite chaque année plus de 50 % des exportations mondiales de pétrole - s'il devait être victime d'une attaque préventive de la part d'Israël ou des Etats-Unis. En effet, situé à l'Est du détroit d'Ormuz, le futur terminal de Fujairah devrait permettre aux EAU de sauvegarder leur économie dans un pareil scénario.



Outre cette mesure, il convient de ne pas oublier que les Occidentaux sont présents en nombre dans le Golfe, qu'il s'agisse des américains (présence de la 5ème flotte de l'U.S. Navy à Manama - Bahreïn) ou plus récemment de la France, avec la nouvelle base de Paris elle aussi située aux EAU, afin de veiller à la liberté de transit à travers le détroit d'Ormuz.


jeudi 7 octobre 2010

La géopolitique du plateau iranien - 3ème partie


Voici la 3ème - mais non la dernière - partie de l'analyse de la géopolitique du plateau iranien. Pour rappel, cette analyse se penche sur l'étude du territoire iranien au travers des 3 critères spatiaux que sont la dimension, la position et la configuration.

La première partie traite de la dimension et la deuxième de la position. Aujourd'hui nous allons donc aborder la configuration et nous terminerons notre analyse par une conclusion dans une quatrième partie.

La configuration du territoire iranien.

Tout d'abord, qu'elle signification sous-entendons-nous au travers du concept de "configuration" ? Dans le contexte qui nous préoccupe, la configuration d'un territoire représente l'ensemble de ses caractéristiques matérielles et physiques, sous l'angle de l'étude géographique. Tout comme la position, la configuration d'un territoire contribue à déterminer sa valeur, son importance. Les réserves en matières premières, le type de relief (montagneux, de plaine,...), le climat,... sont autant de facteurs qui interviennent dans l'analyse de la configuration spatiale.

Le plateau iranien a vu son importance géopolitique croître considérablement à partir de 1908, suite à la découverte sur son territoire de gisements pétroliers . La configuration de l’espace territoriale iranien s’est ainsi retrouvée considérablement bouleversée. Jusque là cantonné au statut de zone tampon entre les empires russe et britannique, les réserves en or noir de son sous-sol ont dès lors fait de ce pays l’objet de toutes les convoitises. Cette évolution démontre également qu’à l’instar du positionnement d’un territoire, l’importance de sa configuration est également susceptible de se modifier au cours du temps au gré des évolutions techniques et des outils de la puissance – ici le pétrole. Ainsi, si les plus anciens gisements du pays sont situés dans la province du Khuzestan, l’évolution des techniques d’extraction off-shore a encore considérablement accrue la richesse du pays en rendant accessible les importants gisements se trouvant au cœur même du Golfe, mais aussi ceux situés en mer Caspienne. De plus, l’importance croissante prise ces dernières années par le gaz naturel dans le secteur de l’énergie a encore renforcé le poids de la configuration spatiale du pays, lequel possède aujourd’hui les deuxièmes plus importantes réserves prouvées en pétrole et en gaz, estimées respectivement à 10,3 % et 15,8 % des réserves mondialement prouvées [1].

Outre son potentiel énergétique, l'Iran présente également d’importantes réserves en matières premières minérales à forte plus value économique. Il détient ainsi les deuxièmes plus importantes réserves en cuivre du continent asiatique [2]. Or ce minerai, très sollicité par les économies développées et émergentes, a vu sa demande quasi doubler entre 2000 et 2007, la Chine engendrant pratiquement à elle seule la totalité de cette augmentation [3].

[1] BP, « BP Statistical Review of World Energy June 2010 ».

[2] DJALILI M.-R., KELLNER T., « LIran, la Chine et la crise du nucléaire », in MERIA, volume 1, n°1, article 2, juillet 2006, p. 9.

[3] NOELS G., Econochoc. Comment six chocs économiques majeurs vont influencer votre vie, Louvain-la-Neuve, Petercam, 2009, p. 96.