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mardi 22 juin 2010

Un peu de lecture sur la santé du secteur des hydrocarbures iraniens

Voici un petit rapport de 4 pages émanant de la Chambre des Représentants des Etats-Unis et faisant le point sur la situation du secteur des hydrocarbures iraniens. Il est consultable via le lien ici présent.

Bonne lecture à tous !

mardi 15 juin 2010

Un peu de lecture : la sécurité dans le Golfe persique (Rand Co.)

Voici une monographie intéressante à lire pour ceux qui s'intéressent à la sécurité dans la région du Golfe. Rédigée par Robert E. Hunter de la Rand Corporation, cette analyse intitulée Building Security in the Persian Gulf aborde l'analyse sécuritaire régionale de façon multilatérale ; en passant par les menaces de conflits symétriques à asymétriques et en se penchant également sur les facteurs déstabilisants endogènes et exogènes. Bref, une analyse à lire même si, origine oblige, son angle d'approche se concentre sur l'intérêt national américain.

lundi 14 juin 2010

Société : Ahmadinejad cherche-t-il à apparaître plus modéré ?

M. Ahmadinejad cherche-t-il à apparaître plus modéré sur les questions de société alors que la protestation se poursuit plus d'un an après sa réélection contestée ?

C'est en tout cas la question qui se pose suite à la déclaration survenue hier du président au cours de laquelle il s'est prononcé "fermement opposé" aux contrôles et arrestations des femmes "mal voilées" ou des jeunes non mariés qui se sont multipliés à Téhéran ces dernières semaines. Dans un pays où plus de 50 % de la population a moins de 30 ans, apparaître conciliant par rapport aux attentes de la jeunesse apparaît en effet comme une nécessité de la survie politique.

Malgré le régime islamique, les grandes villes du pays sont ainsi le théâtre d'expression d'une jeunesse en proie à de plus grandes libertés individuelles à laquelle s'oppose la police des mœurs islamiques dont le zèle s'est considérablement accentué au cours de l'année écoulée. Pour rappel, depuis la victoire de la révolution islamique de 1979, le port du voile est obligatoire pour les femmes, qu'elles soient iraniennes ou étrangères et quelle que soit leur religion.

Or, dans le nord de Téhéran, où se situent les quartiers les plus favorisés, les femmes font preuve d'une très grande coquetterie, s'adonnant à des maquillages excessifs et arborant un voile laissant échapper de larges mèches de cheveux. Cette méthode d'expression à la limite de la légalité du pays constitue aujourd'hui un mode de protestation passive à l'encontre du régime et de ses codes imposés.

Il n'empêche que la déclaration du président iranien ne sera vraisemblablement pas suivie de mesures pour limiter la fréquence des contrôles et des arrestations. Si sous l'ère du président Khatami le pays avait vu ses mœurs sociales s'assouplir quelque peu, l'on ne peut aujourd'hui que constater le retour en arrière opéré depuis la prise de fonction d'Ahmadinejad.


Un peu de lecture : le "mouvement vert"


Alors que la protestation en Iran "célèbre" son premier anniversaire, je vous propose de vous plonger dans la lecture de ce paper intitulé "The Iranian Green Movement : One Year After", rédigé par Mehdi Mozaffari, chercheur au Centre for Studies in Islamism and Radicalisation (CIR) de l'Aarhus University, au Danemark.

Au passage, un grand merci à Thierry Kellner pour me l'avoir transmis.

Bonne lecture à tous !

samedi 12 juin 2010

Il y a un an : la réélection de M. Ahmadinejad

C'était il y a un an jour pour jour : M. Ahmadinejad remportait l'élection présidentielle avec 62 % des voix devant son grand rival, Mir Hossein Moussavi, crédité pour sa part de 33 % des intentions de vote.

Cette réélection allait plonger le pays dans une période de contestation sociale inédite depuis l'avènement de la révolution de 1979. Pendant 7 mois, les manifestations vont se succéder ; Mir Hossein Moussavi, Mehdi Karoubi et l'ancien président M. Khatami devenant de facto les leaders de cette dynamique populaire, ce "mouvement vert", qui finira par s'essouffler quelque peu suite à la répression violente des manifestations de l'Ashoura, le 27 décembre dernier.

Un an après, que retenir de ces évènements ?

Tout d'abord, la mobilisation massive du peuple iranien démontre bien que sous l'hétérogénéité de la population (à peine plus de 50 % des iraniens étant ethniquement persan), se cache une réelle société civile qui aspire au respect de ses droits constitutionnels. La composition des foules protestataires a également démontré les frustrations d'une population extrêmement jeune, plus de 50 % des iraniens ayant moins de 30 ans, face à un pouvoir et plus particulièrement face à un régime politique loin de répondre à ses aspirations profondes. Avec une inflation galopante et une soif de libertés lourdement réprimée, les préoccupations des jeunes sont tournées vers l'économique et les libertés sociales et individuelles. La rhétorique anti-occidentale ne mobilise plus aussi efficacement qu'autrefois. Dans les quartiers aisés du nord de Téhéran, l'Occident attire de plus en plus de jeunes lassés de l'islame politique. Enfin, une étude plus dynamique du mouvement vert nous apprend qu'au fur et à mesure que la répression s'est radicalisée, le profil des manifestants s'est parallèlement élargi. Des électeurs ayant voté pour Ahmadinejad se ralliant à la cause protestataire par rejet de la violence du pouvoir en place.

Ces évènements ont aussi démontré le soutien idéologique dont joui l'actuel président iranien auprès des Gardiens de la révolution et des Bassidjis dont la côte de popularité n'a cessé de baisser en république islamique. Ainsi, les dernières évaluations démontrent aujourd'hui que les jeunes iraniens optent de plus en plus pour l'armée régulière (le service militaire étant obligatoire en Iran) en lieu et place de l'armée idéologique, auréolée autrefois d'une certaine notoriété élitiste. Autre évolution, la rupture entre une branche importante de la base populaire et les fondamentaux du régime. Pour la première fois en 30 ans, les rues ont raisonné de slogans hostiles au Guide suprême, symbole du régime islamique et garant du régime. Dans les faits, on a pu constater les peines du pouvoir pour mobiliser ses supporters dans les grands centres urbains du pays. Des centaines de cars ont ainsi été mobilisés à de maintes occasions, amenant les iraniens de la campagne, traditionnellement plus conservateurs, afin de remplir les gradins lors des discours du président iraniens. Dans certains cas, les interventions présidentielles ont même été ponctuées de quelques slogans - certes isolés dans la foule de supporters - hostiles envers le pouvoir en place. Notons également les dissensions au sein du clergé chiite où certaines voix se sont élevées, à l'instar de feu l'ayatollah Hossein Ali Montazeri, pour dénoncer le régime qualifié d'illégitime. Nous pouvons aussi retenir qu'au plus fort des manifestations, certains hauts chefs de l'armée régulière avaient fait part de leur intention de refuser tout ordre leur intimant de tirer sur la foule. Comment en aurait-il pu être autrement d'ailleurs, lorsque l'on se souvient que c'est la violence des militaires à l'encontre de la population iranienne qui fut le déclencheur des évènements qui allaient aboutir à la révolution islamique.

Si le calme est aujourd'hui revenu, il reste très relatif. Dans les faits, la situation s'est détériorée. Les journaux et les mouvements d'opposition ont connu une répression brutale et sont soumis à une censure sévère. Les leaders du mouvement vert sont harcelés et menacés, parfois de manière indirecte au travers de leurs proches et de leur famille. De manière générale, la liberté d'expression s'est sérieusement dégradée au cours de l'année écoulée. Des professeurs universitaires hostiles à la gestion de la crise ont été limogés et la composante conservatrice du régime a renforcé sa main mise sur tous les aspects du pouvoir.

L'avenir ne s'annonce pas plus glorieux. Victimes d'une véritable chasse aux sorcières à l'intérieur de l'appareil d'Etat, les leaders de l'opposition sont accusés de trahison et de complaisance avec les ennemis de l'islam et du pays : les occidentaux. Ces accusations sont essentiellement de l'ordre de la propagande, Moussavi, Karoubi et Khatami étant eux-mêmes des "enfants" de la révolution. Ils font partie du système mais souhaitent le réformer. Ayant senti le déphasage entre le régime actuel et les aspirations populaires, ils ont cerné le besoin d'adaptions que nécessite la pérennité de la république islamique. En refusant de faire preuve de lucidité, les conservateurs au pouvoir ne semblent pas réaliser qu'ils s'exposent à terme à une véritable implosion populaire.

Il reste que les prochaines élections ne s'annoncent pas favorables à une quelconque évolution. Décrédibilisée au sein de l'Etat, l'opposition réformiste, déjà hétéroclite à sa base, se verra vraisemblablement refuser toute candidature sérieuse par le Conseil des gardiens. Cet organe du pouvoir, en charge d'avaliser les candidatures, veillera scrupuleusement à ce qu'aucune ombre ne vienne ternir le "succès" des conservateurs. Le souvenir des manifestations post-électorales du 12 juin restera longtemps dans les mémoires du pouvoir qui ne sera pas prêt à s'exposer de si tôt à pareille aventure. Sans candidat sérieux et face à la censure du régime, l'opposition ne parviendra sans doute pas à mobiliser massivement les iraniens dans les urnes, laissant le champ libre aux radicaux.

Mais les iraniens sont un peuple fier et courageux comme ils ont su le démontrer au cours de leurs protestations. Si ces dernières ont connu une baisse en intensité au cours de ces derniers mois, il n'en est rien pour le sentiment de mécontentement. Moins visibles dans nos journeaux télévisés, la protestation n'en est pas moins toujours présente en Iran. Aussi, il semble bien difficile d'affirmer avec certitude quel avenir ce peuple réserve à terme au régime des Mollahs.

vendredi 11 juin 2010

Analyse : Interview de M. Ahmadinejad sur TF1

Ce lundi, M. Ahmadinejad a donné une interview de 30 minutes à la chaîne de télévision française TF1.
Au cours de cette interview (consultable ici), le discours du président iranien a tranché de manière frappante avec celui adopté lors son interview accordée à France 2 en septembre dernier (consultable ici), à la veille de la 64ème Assemblée générale des Nations-Unies.

Lors de son intervention sur France 2, le président iranien avait adopté un ton très dur vis-à-vis de la France, laquelle s'était montrée particulièrement critique envers la répression des manifestations ayant suivies la réélection contestée d'Ahmadinejad.

Pour rappel, le président Sarkozy avait déclaré, lors d'une conférence de presse fin août avec la chancelière allemande Angela Merkel, que les iraniens méritaient de meilleurs dirigeants. A cette époque, Bernard Kouchner n'avait pas non plus mâché ses propos sur le régime des Mollahs quant à leur attitude envers les manifestants.

Le président iranien avait alors répliqué que les français également, méritaient de meilleurs dirigeants. Accusant les puissances occidentales de soutenir les mouvements de protestation (c'est d'ailleurs en partie ce qui était reproché à Clotilde Reiss), M. Ahmadinejad avait même été jusqu'à accuser B. Kouchner de la mort de la jeune Neda, arguant que sans le soutien des puissances étrangères, les manifestations se seraient essoufflées et les accidents évités. De façon plus générale, le président iranien avait également déclaré qu'il souhaitait avoir de bonnes relations avec la France mais que si cela n'était pas possible, alors tant pis. "L'Iran n'a pas besoin de la France" avait-il dit ; ses propos laissant sous-entendre que Sarkozy faisait preuve d'arrogance (ce que l'on reproche généralement en Iran aux leaders occidentaux dès que ceux-ci se montrent quelque peu critique... ). Sur Clotilde Reiss, le président iranien avait laissé sous-entendre son désir d'échange, justifiant qu'il y avait aussi des iraniens retenus en France mais qu'il n'avait observé aucun signe de bonne volonté de Paris sur ces dossiers.

Lundi dernier, le ton était tout autre... entre les "J'adresse mes salutations au grand peuple de France" et "Nous nous félicitons de l'attitude de la France" dans l'affaire de la flottille de Gaza en passant par "La France est une grande nation avec une culture très ancienne et très riche", le président iranien s'est livré à une véritable opération séduction, à la veille de l'anniversaire de sa réélection contestée (le 12 juin) et alors que l'adoption de nouvelles sanctions par le CSNU apparaissait comme imminente. Pourquoi ? Quelle était la cible ? Même vis-à-vis du président français, Ahmadinejad s'est montré sous un jour nouveau, estimant que "Monsieur Sarkozy est quelqu'un de raisonnable sachant très bien que la politique des sanctions n'est pas appropriée"... Or qui est le partisan des sanctions les plus sévères ? La France : no comment.

Il serait naïf de dire que ce discours visait les décideurs français : comme si quelques minutes d'une propagande bien huilée et connue allaient changer quelque chose à leur schéma cognitif et remettre en cause l'adoption de nouvelles sanctions.

Non. La cible était bien le peuple français dans sa totalité et plus particulièrement les musulmans de France. Avec un discours modéré et faisant preuve de tact et de mesure dans ses propos ("Nous ne cherchons pas une solution par la force" en parlant d'Israël), le président iranien cherchait avant tout à améliorer son image en Occident. D'où ses évocations permanentes à la "justice" et au "droit". Comme d'habitude, il s'est également posé en défenseur du peuple palestinien (sur ce sujet, la rivalité avec la Turquie commence à ce faire sentir pour le "leadership" de "la cause" dans le monde musulman). Le but de la manoeuvre ? Décrédibiliser la ligne dure adoptée par Paris depuis l'élection de Sarkozy. Bref, mettre son grain de sable là où ça pourrait être utile. Là où le président iranien s'est montré particulièrement subtil, c'est en refusant de critiquer la politique française, la France étant "un Etat souverain", il a estimé ne pas avoir à juger de ses choix. Très malin lorsque l'on sait que c'est précisément l'ingérence dans les affaires internes que la république islamique dénonce plus que fréquemment chez les Etats occidentaux. En gros "On respecte votre souveraineté ... NOUS".

Sur la libération de Clotilde Reiss, Ahmadinejad a nié tout échange mais a évoqué un "geste humanitaire" suggéré par le président Lula. Là-dessus, il est revenu de facto sur ses anciennes déclarations lors desquelles il avait évoqué la neutralité et la séparation totale du pouvoir judiciaire iranien vis-à-vis de l'exécutif. Argument selon lequel il ne pouvait rien faire pour la jeune chercheuse française.

Quant à la "polémique" sur le voile de Laurence Ferrari, je rappellerai juste qu'en Iran, le port du voile est obligatoire pour toute femme ne désirant pas séjourner quelque temps à la prison d'Evin. Ce débat n'a donc selon moi aucune raison d'être.

Sur l'impact que cette interview aura auprès de l'opinion française, j'espère que celui-ci sera limité et que le "grand peuple de France" ne se montrera pas crédule même si ce genre de propagande rencontre généralement un bon écho dans les milieux d'extrême gauche qui sont, fort heureusement, très minoritaires. Dommage que l'on ne saura vraisemblablement jamais juger de l'impact réel de cette opération de communication qui est survenue, il faut bien l'admettre, avec un timing parfait pour le président iranien.

mercredi 9 juin 2010

C'est reparti....

Chers lecteurs, comme vous avez pu le constater, le blog n'a plus été alimenté pendant presque un mois entier. Je m'en excuse platement mais une charge de travail considérable a retenu mon attention pendant les dernières semaines, m'empêchant de publier un quelconque article.

La situation se calmant petit à petit (ouf :-) ), je vais enfin pouvoir recommencer à alimenter le blog de façon plus régulière.

Cordialement,

Vincent