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mardi 11 mai 2010

L'Iran teste un torpille de fabrication nationale

La République islamique d’Iran a testé le 9 mai, pour la première fois, une torpille de fabrication iranienne, dans le cadre des manœuvres navales entamées dans la semaine dernière. «Cette torpille vise les sous-marins. Une fois tirée d’un navire de guerre, elle se met automatiquement en chasse du sous-marin et le détruit», a affirmé Arya Hassani, un officier des forces navales iraniennes.
La torpille a été tirée dimanche depuis le «Jamaran», navire de fabrication iranienne lui aussi qui a été mis à l’eau cette année au mois de février. Lundi, l'un des des trois sous-marins de la classe "Kilo" dont dispose la république islamique a également testé la nouvelle torpie iranienne ; toujours avec succès selon les officiels du régime. Ces manœuvres durent depuis mercredi passé et sont prévues sur huit jours dans le Golfe, la mer d’Oman et le nord de l’océan Indien.
Un des commandants de l'armée de l’Air iranienne, Navid Shayani, a également fait part de la participation, pour la première fois, d'un chasseur et d'un avion de reconnaissance aux manœuvres militaires "Velayat 89".
Navid Shayani, a déclaré dimanche devant les journalistes que cet avion de chasse, qui bénéficient des équipements les "plus modernes" (entendons-nous bien, il s'agit d'avions "made in Iran"...), a été utilisé pour des opérations logistiques.
"Un avion de reconnaissance "Sadaf" a été, aussi, testé, dimanche, lors des manœuvres.", toujours d'après Shayani.

Photo : Jamaran ; IRNA

A l'heure des sanctions, les importations de l'UE en provenance d'Iran augmentent

Situation paradoxale à l'heure où les puissances discutent d'une nouvelle résolution de sanctions au CSNU ? Quoiqu'il en soit, le volume des importations (hors pétrole) de l'Union Européenne en provenance de l'Iran a augmenté au cours de l'année iranienne écoulée (mars 2009-mars2010) ; passant de 1,84 milliards de dollars à 2,013 milliards de dollars.
Cette information découlant des statistiques de l'Organisation pour la promotion du commerce de la république islamique a été révélée par l'agence de presse iranienne FARS.
Toujours selon FARS, les importations iraniennes en provenance de l'UE auraient quant à elles dans le même temps diminué de 13%, atteignant 14 milliards de dollars cette année contre 16 précédemment.

samedi 8 mai 2010

Un peu de lecture : les forces navales iraniennes

A l'occasion des nouvelles manoeuvres maritimes entamées par l'Iran dans la région de la mer d'Oman et du Golfe Arabo-persique, je vous propose de vous plonger dans la lecture de ce rapport du Washington Institue for Near East Policy intitulé Iran’s Asymmetric Naval Warfare, une bonne manière de faire le point sur les capacités navales de la république islamique, sa stratégie et sa géopolitique maritime.
Bonne lecture à tous et bon week-end :-) !

L'Iran invite les membres du CSNU à ... Dîner


Alors que les négociations entre les membres du CSNU se poursuivent en marge de la conférence de suivi du TNP pour imposer à l'Iran de nouvelles sanctions, la république islamique a organisé jeudi à New York un dîner auquel étaient conviés les 15 membres du CSNU. L'hôte de ce dîner n'était ni plus mois que Manoucher Mottaki, le ministre iranien des affaires étrangères. Pour un Etat clamant à qui veut l'entendre qu'il ne craint pas les sanctions et que celles-ci seraient inefficaces, l'Iran n'hésite donc pas à se lancer dans une opération séduction qui ne cadre pas à son schéma diplomatique habituel, lequel rejette (officiellement...) tout contact direct entre responsables iraniens et américains. Que cherche donc la république islamique avec cette initiative ? Convaincre de ses bonnes intentions et retarder l'échéance de nouvelles sanctions ? Il en faudra certainement plus pour convaincre les pays occidentaux ; tellement plus que cela peut en paraître naïf. Il semble plutôt que l'Iran souhaite obtenir du temps pour discuter de la proposition de médiation brésilienne, alors que le président Lula est attendu à Téhéran les 16 et 17 mai. Si tel est bien le cas, l'Iran cherche semble-t-il une nouvelle fois à jouer la montre ; à moins qu'il ne finisse par céder en envoyant son uranium à l'étranger, ce qui décrisperait quelque peu la situation internationale mais aurait de lourdes conséquences sur les rapports de force de la scène politique intérieure iranienne. Mais quand bien même l'Iran enverrait son uranium à l'étranger, cela ne stopperait fort probablement en rien ses activités d'enrichissement comme l'a rappelé à Manoucher Mottaki à l'occasion du dîner de jeudi. C'est là la ligne rouge du régime des mollahs qui considèrent les activités liées à l'enrichissement comme un droit légitime.
Ce dîner a entre autre donné lieu à l'une de ces rencontres de haut niveau entre responsables iraniens et américains, si rares depuis la rupture des relations diplomatiques entre les deux Etats, suite à la crise des otages de l'ambassade américaine à Téhéran.
Les Etats-Unis ont dépêché sur place le numéro deux de leur mission auprès de l'ONU, Alejandro Wolff ; mais il semble que le bilan de cette rencontre ne soit pas des plus encourageants. Selon les diplomates présents au dîner, M. Mottaki s'est montré intransigeant sur le droit de l'Iran à enrichir son propre uranium, malgré les résolutions précédentes du CSNU qui lui imposent la cessation de ces activités.
Le porte-parole du département d'Etat américain, Philip Crowley, a déclaré quant à lui vendredi que les discussions avaient été "franches et professionnelles" mais n'avaient été marquées d'aucune avancée dans le différend sur le programme nucléaire iranien. "C'est encore une occasion manquée pour l'Iran de se conformer à ses obligations internationales", a-t-il ajouté, en précisant que les travaux se poursuivaient pour mettre au point une résolution de l'ONU prévoyant de nouvelles sanctions contre l'Iran.
"J'y vois un signe que l'Iran est assez inquiet", avait déclaré vendredi à propos de ce dîner Anne-Marie Slaughter, responsable de la stratégie politique du département d'Etat, et l'une des plus proches collaboratrices de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton.

jeudi 6 mai 2010

Selon Tsahal, l'Iran serait technologiquement capable de produire une bombe atomique... Vraiment ?

"Plus aucun obstacle technologique n'empêche l'Iran de créer une bombe atomique et son acquisition du statut de puissance nucléaire ne dépend désormais que d'une décision politique", a affirmé le général Yossi Baidatz, a rapporté mercredi le service de presse de l'Armée de défense d'Israël.
"Si auparavant l'entrée de l'Iran en possession de l'arme nucléaire se heurtait à des barrières technologiques, aujourd'hui la mise au point d'une bombe atomique par les Iraniens ne dépend que de leur propre décision", a déclaré le général de brigade, chef du Département de la recherche des Renseignements militaires, invité à prendre la parole devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset.
Par ailleurs, il a confirmé l'information des médias selon laquelle la Syrie avait récemment livré des missiles de longue portée au mouvement libanais Hezbollah, ce qui contredit les résolutions appropriées du Conseil de sécurité de l'Onu.
Selon le général, "ce transfert (de missiles) n'est que le sommet de l'iceberg".
Mais pour ce qui est du programme nucléaire iranien, bien que les doutes sur sa "nature pacifique" soient plus que permis, rien ne permet de dire que l'Iran dispose dès aujourd'hui de la capacité de produire rapidement une arme atomique :
L'Iran a certes prouvé depuis février dernier qu'il était capable d'enrichir de l'uranium à 20%, taux reconnu par l'AIEA comme la ligne rouge entre les activités civiles et les activités militaires. Mais cet enrichissement ne se fait qu'à une vitesse très faible puisque l'Iran n'a produit jusqu'ici qu'approximativement 5kg d'Ur à 20% selon l'AIEA ; alors qu'en comparaison, sa capacité de production d'Ur encrichi à 3,5% se situe à environ 80kg par mois. Or, la progression vers une capacité d'enrichissement à 90%, nécessaire pour la fabrication de la bombe, se voit confronter à des obstacles techniques dont la difficulté croît de manière exponentielle. Ainsi est-il plus difficile par exemple de passer d'un taux d'enrichissement de 20 à 30% que d'un taux d'enrichissement de 10 à 20%. On imagine dès lors les progrès scientifiques que la république islamique a encore à réaliser avant d'être capable de produire un uranium hautement enrichit à 90% et ce, à un rythme industriel. Oui la république islamique progresse dans le domaine de l'enrichissement, oui sa technologie s'améliore d'année en année, mais elle ne progresse pas si vite qu'elle le prétend comme l'a récemment signalé Robert Gates.
En ce qui concerne les aspects techniques du programme nucléaire iranien, je conseille aux lecteurs de se plonger dans les nombreux rapports rédigés par l'Institute For Science and International Security (ISIS), dont les écrits font référence en la matière. Ainsi y apprend-on que si l'Iran désire réellement la bombe, l'Iran finira vraisemblablement par l'avoir car le know-how acquis par ses scientifiques semble désormais suffisant que pour les conduire vers la réalisation effective d'une arme nucléaire. Cependant, l'ISIS précise que le chemin à parcourir est encore long et qu'outre la technologie de l'enrichissement, l'Iran devrait également maîtriser tout le procédé de mise à feu ainsi que la technologie de la miniaturisation nécessaire au couplage de l'arme nucléaire avec la technologie balistique. Or, cette technologie est décrite comme tout aussi complexe que la mise au point de la bombe elle-même... Il semble donc encore rester du temps avant de voir l'Iran parvenir à la réalisation d'une bombe fonctionnelle et plus encore, d'un missile balistique à tête nucléaire.
Mais de combien de temps s'agit-il ? C'est là que les déclarations israéliennes et autres sont intéressantes. En 2002, on parlait de 2005. En 2005, on évoquait 2008, année durant laquelle on annonçait la bombe des mollahs pour 2011. Or aujourd'hui, les estimations varient selon les services de renseignements mais se comprennent dans une fourchette allant de 2013 à 2018...
Les déclarations annonçant l'avènement prochain de la bombe iranienne ne sont donc pas nouvelles et bien que les "erreurs de pronostics" se soient accumulées jusqu'ici, il ne faut pas oublier que le régime des mollahs a été soumis à une pression sans cesse croissante de la part des puissances occidentales et de la communauté internationale dans son ensemble ; se retrouvant ainsi au premier plan dans la ligne de mire de l'AIEA. Il est n'est pas à exclure que cette mise forcée sous les projecteurs ait contraint l'Iran à la prudence, le forçant à ralentir son programme nucléaire militaire pour autant que son programme comporte un tel volet.
Quoiqu'il en soit, il convient donc d'accueillir avec prudence les affirmations d'Israël pour qui la perception de la question nucléaire iranienne passe par la mise en danger de sa propre survie ; la menace imminente d'un Iran nucléaire pouvant justifier aux yeux des faucons la mise sur pied d'une frappe préventive... Dans le même temps, il convient de se montrer tout aussi prudent vis-à-vis des déclarations iraniennes proclamant la bonne foi de Téhéran, tant les éléments douteux à charge de la république islamique abondent dans ce dossier. On dit qu'entre deux extrêmes, la vérité se trouve bien souvent au milieu... Qui sait ?
Il ressort en tout cas que l'Iran ne dispose pas aujourd'hui de la maitrise technologique suffisante pour produire une arme atomique. Mais à la question "Peut-il l'acquérir dans un avenir relativement proche ?" la réponse semble clairement "oui" ; reste à définir ce que représente un "avenir relativement proche"...

Iran : manoeuvres militaires dans la Golfe ainsi qu'en mer d'Oman

L'Iran, coutumier des manœuvres militaires, a annoncé par l'intermédiaire du commandant de la marine iranienne, l'Amiral Habibollah Sayari, l'organisation de manœuvres militaires dans les eaux du golfe Persique et de la mer d'Oman.
Ces manœuvres baptisées "Velayat 89" se veulent comme "une démonstration de la puissance défensive et dissuasive du pays, face aux menaces proférées par les puissances de l'Arrogance", a précisé le commandant de la marine iranienne.
La première phase de ces manœuvres a commencé il y a déjà quelque jours dans le Golfe avant de se poursuivre dans les eaux libres de la mer d'Oman.
Selon l'Amiral Sayari, les phases 2 et 3 de ces exercices militaires sont tactiques, tandis que la phase quatre sera balistique, et que la phase six sera consacrée aux opérations offensives.
La marine iranienne, bien que vétuste sur la plan qualitatif, dispose cependant d'un arsenal capable de nuire si besoin est à la libre circulation dans le détroit d'Ormuz par lequel transite chaque année approximativement 40% du pétrole mondial. La capacité iranienne de bloquer le détroit est régulièrement mise en avant par Téhéran puisque qu'environ 25% des importations américaines en hydrocarbures transitent chaque année par le détroit. L'Iran a en outre disposé plusieurs missiles anti-navires sur différentes îles se situant dans l'axe du Golfe Arabo-persique.
Cette stratégie couplée aux capacités balistiques iraniennes se veut dissuasive contre toute attaque américaine à l'encontre du régime des Mollahs qui espère pouvoir "étouffer" énergétiquement l'Oncle Sam en cas d'attaque. Il reste que les Etats-Unis disposent de réserves stratégiques importantes et que même si la marine iranienne s'est quelque peu renforcée depuis, il faut garder à l'esprit qu'elle a été sérieusement humiliée par l'US Navy à la fin conflit Iran-Irak, lorsque Washington a alors décidé de faire escorter par ses forces navales les tankers transitant par le Golfe et le détroit d'Ormuz.

mercredi 5 mai 2010

Iran nucléaire : le Brésil croit toujours dans la diplomatie pour le plus grand bonheur de Téhéran

La position brésilienne n'est pas nouvelle : après avoir accueilli M. Ahmadinejad au Brésil au mois de novembre 2009, le président Lula est pour sa part attendu les 16 et 17 mai à Téhéran, visite préparée par la venue fin avril du ministre brésilien des affaires étrangères, Celso Luiz Nunes Amorim.
Le Brésil dit considérer l'Iran comme un acteur rationnel, à l'inverse des Etats-Unis, et déclare comprendre l'attitude de méfiance de Téhéran vis-à-vis des occidentaux au regard de l'histoire récente, passablement conflictuelle, entre l'Iran et l'Occident.
Aussi le Brésil, membre non-permanent du CSNU et pays des "BRIC" (Brésil, Russie, Inde, Chine), les nouvelles puissances émergentes, privilégie-t-il la négociation dans la question nucléaire iranienne.
Au travers de cette diplomatie, le Brésil qui est aussi candidat à un siège de membre permanent au CSNU cherche à apparaître auprès de la communauté internationale comme une puissance indépendante ne se rangeant pas de manière systématique derrière les positions américaines. L'analyse de la diplomatie brésilienne dans son ensemble révèle que Brasilia cherche à s'imposer comme un pôle de puissance alternatif à l'Occident, en mettant en avant son respect des principes de la charte onusienne au premier plan desquels se retrouve le principe de la souveraineté des Etats. De cette manière, le Brésil cherche à séduire avant tout les pays du Sud en appelant régulièrement à une plus grande solidarité des Etats du "sud" face aux puissances du "nord" symbolisées par les Etats-Unis. A l'instar de la Chine, le Brésil aime à souligner dans le cadre de cette stratégie son absence de passé colonial. De cette manière, Brasilia espère le jour venu obtenir le soutien de ces Etats ainsi que celui de la Chine et de la Russie, tous deux membres permanents, afin d'obtenir à son tour ce précieux statut.
Mais le Brésil de Lula n'est pas pour autant opposé aux Etats-Unis comme c'est le cas du président vénézuélien Hugo Chavez. Le Brésil est en réalité un acteur pragmatique et réaliste qui cherche à maximaliser ses facteurs de puissance en tentant d'augmenter son influence diplomatique dans des régions où l'Occident n'a pas (plus) la meilleure réputation qui soit. Ainsi Brasilia entretient-elle dans le même temps des rapports étroits avec certains Etats occidentaux comme par exemple les Etats-Unis ou encore la France avec qui elle négocie actuellement plusieurs contrats d'armement (e.a. portant sur l'achat de Rafales). Le Brésil se veut donc bien un "pôle alternatif" et non pas un "pôle d'opposition".
Le Brésil joue en fin de compte les équilibristes pour apparaitre "neutre", "indépendant" et "responsable" devant l'ensemble des Etats membres des Nations-Unies, ce qui n'est pas toujours du goût de Washington qui souhaiterait convaincre Lula de soutenir de nouvelles sanctions contre l'Iran, afin d'envoyer à la république islamique un message fort du soutien de l'ensembles des "grands" de la communauté internationale.
Pour l'heure, le soutien du Brésil à de nouvelles sanctions ne semble pas à l'ordre du jour ; ainsi Lula s'est-il entretenu récemment avec son homologue turc, dont la position est similaire à la sienne sur la question iranienne, afin de tenter une ultime négociation avec le régime iranien sur l'échange de son uranium contre du combustible pour le réacteur de recherche de Téhéran. Soucieux d'apparaître respectueux des principes juridiques internationaux, le Brésil aime rappeler le droit "légitime" de l'Iran à la technologie nucléaire civile, désirant apparaître ainsi comme respectueux des droits des Etats dans leur ensemble.
Il faut aussi signaler que la diplomatie brésilienne manque peut-être d'expérience sur les grands dossiers, le Brésil étant une puissance émergente. Cela ne signifie pas pour autant que la diplomatie brésilienne est incompétente :  longtemps restée dans l'ombre, elle effectue aujourd'hui sa percée dans les grands dossiers internationaux. Aussi, si manque d'expérience il y a, ce dernier est sans doute plus relatif à la pratique qu'à la compréhension des questions internationales. Un succès de Lula sur la question nucléaire iranienne, laquelle fait régulièrement la une de l'actualité depuis 2002 et plus encore depuis l'échec du nouveau cycle de négociations en octobre dernier, donnerait à la diplomatie brésilienne ses lettres de noblesse, faisant apparaître Brasilia comme un démineur possible des situations critiques, là où les passions et animosités historiques bloquent ou affaiblissent les discussions avec les puissances occidentales. Ainsi le Brésil tente-il également de s'imposer comme un intermédiaire alternatif au Proche-Orient dans le conflit palestinien.

Il reste que pour l'heure, cette stratégie fait les choux gras de Téhéran, permettant au régime des Mollahs de gagner du temps et de reculer l'adoption de nouvelles sanctions. Vue de Washington, la diplomatie brésilienne ne semble pas avoir compris la stratégie iranienne qui consiste à jouer la montre autant que cela lui est possible ; à moins qu'elle ne soit aveuglée par sa recherche du succès diplomatique... En réalité, sa vision de l'Iran passe plus simplement au travers d'un autre prisme que celui des occidentaux ; les antécédents relationnels étant différents.
Les responsables iraniens, M. Ahmadinejad et M. Mottaki en tête, se déclarent toujours prêt à négocier et à échanger leur uranium contre du combustible tout en annonçant dans le même temps la construction de 10 nouveaux sites d'enrichissement et en révélant l'installation prochaine sur le site de Natanz de nouvelles centrifugeuses de 3ème génération, 6 fois plus performantes que celles en place actuellement.
Cette double attitude fait dire aux occidentaux que l'Iran n'est pas sincère quand il parle de négocier et qu'il recherche avant tout à faire diversion afin de gagner du temps.
Mais le Brésil veut toujours croire à la négociation et à un échange de combustible sur le territoire d'un Etat neutre. Fin avril, le chef de la diplomatie brésilienne Celso Amorim avait même été jusqu'à annoncer lors de sa visite à Téhéran que son pays était prêt à examiner une éventuelle proposition pour un échange de combustible sur son sol, tout en précisant qu'une telle idée n'avait pas encore été soumise à son gouvernement. Le président Lula avait toutefois rapidement écarté cette idée, expliquant qu'il existait "des endroits plus proches de l'Iran" pour cet échange.
Dans ce cas de figure, Brasilia devrait proposer d'effectuer l'échange en Turquie, initiative que le gouvernement d'Ankara avait déjà proposé il y a plusieurs mois, essuyant alors un refus à la fois des américains et des iraniens. Désormais, la pression s'accentuant sur le régime de Téhéran, ce dernier devrait probablement annoncer un "accord de principe", espérant une fois encore gagner du temps pour repousser les nouvelles sanctions le temps de négocier les modalités d'application avant de finalement les rejeter fort probablement comme cela a toujours été le cas jusqu'à présent et ainsi prouver une fois de plus que l'Iran ne manque jamais une occasion de rater une occasion.
A cela s'ajoute le fait que l'analyse de la position iranienne révèle que même si échange il devait y avoir, cela ne règlerait pas le problème. Certes l'Iran serait amputé d'une part conséquente de ses réserves d'uranium faiblement enrichi (on parle de 70%), mais cela ne stopperait en rien ses activités d'enrichissement qui lui permettraient de retrouver son stock d'ici 1 à 2 ans. De fait, l'initiative brésilienne semble condamnée à l'avance tant il apparaît qu'elle ne rencontrera pas les attendes des Etats-Unis pour qui la cessation des activités d'enrichissement iraniennes constitue la priorité en matière de sécurité.
Mais en cas d'échec de l'initiative brésilienne, quelle sera l'attitude du président Lula ? Se bornera-t-il à privilégier la négociation malgré les échecs accumulés danc cette voie depuis plusieurs années ou bien soutiendra-t-il le vote de la nouvelle résolution ? Il lui reste cependant une troisième alternative : s'abstenir lors du vote au CSNU, solution qui lui permettrait de ne pas se discréditer vis-à-vis de sa rhétorique diplomatique et qui, bien qu'elle ne réjouirait pas les Etats-Unis, lui permettrait également de ne pas les offenser tout en conservant sa crédibilité aux yeux de Téhéran. Pour l'heure, les rapports qu'entretient l'Iran avec des Etats comme le Brésil et la Chine, lesquels sont ponctués de visites diplomatiques de hauts responsables, servent la propagande du régime visant à démontrer auprès de sa population que l'isolement de la république islamique, si souvent mis au premier plan par les occidentaux, n'est qu'une "affabulation mensongère".
Pour rappel, l'Iran a commencé à produire lui-même fin février de l'uranium enrichi à 20%, destiné à son réacteur de recherche, lequel doit produire des isotopes médicaux.

L'Iran restera membre du TNP et de l'AIEA

L'Iran restera membre de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et ne se retirera pas du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, a déclaré ce mardi Mahmoud Ahmadinejad à l'issue de la conférence de suivi du TNP à l'ONU.
"Ma présence ici (à New York) témoigne bien sûr de notre volonté de revoir le Traité de non prolifération des armes nucléaires mais aussi de rester membre actif du TNP et de l'AIEA", a expliqué le présient iranien lors d'une conférence de presse à New York.
Le président iranien a déjà prononcé des déclarations similaires par le passé, cherchant ainsi à convaincre, sans succès, les puissances occidentales de la volonté iranienne de n'utiliser la technologie nucléaire qu'à des "fins pacifiques".
Il reste que depuis le départ de Mohamed El Baradei de la tête de l'AIEA et son remplacement par Yukiya Amano, l'agence a adopté un ton plus dur à l'égard de la république islamique, évoquant pour la première fois dans son rapport du 18 février dernier les dimensions militaires possibles du programme nucléaire iranien.
Depuis, les rapports entre l'Iran et l'AIEA se sont tendus, la république islamique dénonçant une perte d'impartialité et de crédibilité de l'agence qui tendrait selon elle a devenir une caisse de résonnance pour les intérêts américains, ce que ces derniers réfutent.

Face à de nouvelles sanctions, Ahmadinejad met en guarde les Etats-Unis

L'adoption de nouvelles sanctions à l'ONU contre l'Iran anéantirait toute chance d'une amélioration des relations de Téhéran avec les Etats-Unis, a averti mardi Mahmoud Ahmadinejad. Le président iranien a déclaré, lors d'une conférence de presse en marge de la conférence de suivi du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) à New York, que si le Conseil de sécurité de l'ONU adoptait une 4e résolution de sanctions contre l'Iran, les relations de son pays avec les Etats-Unis "ne s'amélioreraient plus jamais".
"Le chemin vers ce but (l'amélioration des relations) serait fermé", a-t-il dit.
M. Ahmadinejad a également estimé que dans une telle éventualité, l'occasion présentée par l'accession du président Barack Obama à la Maison Blanche avec l'objectif d'améliorer l'image des Etats-Unis à l'étranger, "serait perdue".
"Ce serait un retour à l'ère Bush", a-t-il dit, dans une allusion à George W. Bush, le prédécesseur de M. Obama.
Pour rappel, le Conseil de sécurité a déjà adopté trois résolutions de sanctions contre l'Iran (1737, 1747, 1803) pour le contraindre à suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium ; résolutions que Téhéran a toutes ignorées. Les négociations sur une proposition d'échange de combustible nucléaire présentée à Téhéran par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) étant dans l'impasse, les Etats-Unis et leurs alliés poussent à l'adoption d'une 4e résolution de ce type.

L'Iran rejette les accusations d'espionnage au Koweït

L'Iran a formellement rejeté les allégations divulguées il y a quelques jours par le journal koweitien "Al Qabas" selon lesquelles les services de sécurité koweitien auraient démantelé une cellule d'espionnage rattachée au corps des gardiens de la révolution (Pasdaran) chargée de récolter des informations sur d'éventuelles cibles koweitiennes et américaines.
"Since the beginning of the current (Iranian) year the Zionist media and their proxies in the region have embarked on finding unreal soujets to overshadow the interests of the neighboring countries in the Islamic Revolution" a déclaré le responsable des relations publiques du corps des gardiens de la révolution, le général Ramezan Sharif.
"The claim about identification and discovery of a spy web in Kuwait is in line with the (enemy) project to spread IRGC-phobia in the region" a-t-il rajouté.
Le général, se référant aux précédentes déclarations étrangères contre le corps des gardiens de la révolution, a déclaré que "la force et le pouvoir croissant des Pasdarans", gardiens de la révolution islamique et de l'intérêt national iranien, avaient poussé les ennemis de la république islamique à chercher un moyen de nuire à la bonne image des gardiens de la révolution ; et ce au moyen de déclarations mensongères.
Ce simple démenti ne convaincra naturellement pas les officiels américains tant il est reconnu que les activités des services de renseignement iraniens connaissent un regain d'intensité depuis la réélection contestée l'année dernière de M. Ahmadinejad et l'échec du nouveau cycle de négociations initié en octobre dernier sur la question nucléaire. Ainsi l'Iran est-il parvenu à réussir deux coups d'éclat cette année, le premier en détournant un avion à bord duquel se trouvait d'Abdolmalek Rigi, leader du groupuscule Jundallah responsable de plusieurs attentats au Sistan-Baloutchistan, et le second en délivrant un diplomate iranien capturé au Pakistan par des insurgés. Les services de renseignement iraniens sont également fort actifs en Irak et en Afghanistan.
En réalité, les Etats-Unis, Israël et la république islamique se livrent véritablement une guerre de l'ombre grâce à leurs différents services de renseignement et de sécurité respectifs. Ainsi, les Etats-Unis ont par exemple réussi à provoquer ces dernières années la défection de plusieurs scientifiques iraniens rattachés au programme nucléaire de Téhéran. L'Iran accuse également Washington de soutenir les mouvements d'opposition au régime (parmi lesquels le Jundallah) et d'encourager les protestataires du mouvement vert apparu suite à l'élection présidentielle contestée du 12 juin dernier.

mardi 4 mai 2010

Conférence sur l'examen du TNP : le discours "diplomatique" de M. Ahmadinejad

La conférence sur l'examen du traité de non-prolifération nucléaire s'est ouverte hier à New-York, au siège des Nations-Unies et doit durer jusqu'au 28 mai. L'objectif de cette conférence est de faire le point sur le régime de non-prolifération, de tenter de dégager de nouvelles mesures visant à le rendre plus efficace, de rallier de nouveaux membres au traité et enfin, de discuter des défis en matière de prolifération auxquels la communauté internationale est aujourd'hui confrontée.
Dans ce dernier domaine, outre la Corée du Nord, l'Iran occupe la première place sur l'agenda de l'administration Obama. La question nucléaire iranienne, qualifiée par les Etats-Unis de plus grave menace actuelle pour la communauté internationale et comparée par Hillary Clinton à la crise des missiles cubains se trouve actuellement dans une nouvelle phase avec les négociations entourant la recherche d'un compromis sur l'élaboration d'une nouvelle résolution du CSNU visant à imposer à la république islamique une nouvelle série de sanctions.
Hier, à l'ouverture de la conférence, M. Ahmadinejad a été le seul chef d'Etat à intervenir à la tribune onusienne, les autres pays étant représentés par leur ministre des affaires étrangères ou par des hauts diplomates. L'Iran voulait ainsi "marquer le coup" en attaquant ouvertement, à la plus grande tribune que puisse offrir un sommet international, l'attitude des puissances occidentales, laquelle est jugée "impérialiste" par Téhéran.
Dénonçant l'utilisation d'armes atomiques par les Etats-Unis contre le Japon en 1945 et invitant les grandes puissances à s'engager sérieusement sur le chemin d'un désarmement nucléaire global comme les y invite le TNP, M. Ahmadinejad a rappelé le droit de son pays à l'énergie atomique, arguant que l'Iran ne recherchait la maîtrise de l'atome qu'à des fins pacifiques. Le président iranien n'a pas mâcher ses mots à l'encontre de Washington, accusant l'administration Obama de "menacer le monde" avec ses armes nucléaires, faisant ainsi référence à la nouvelle doctrine nucléaire américaine qui stipule la possibilité de recourir à l'arsenal atomique contre des pays ne tenant pas leurs engagements internationaux en matière de non-prolifération, ce dont l'Iran est accusé par les puissances occidentales. Selon M. Ahmadinejad, il serait aussi "naïf et irrationnel de croire à une initiative volontaire efficace de désarmement" des puissances nucléaires, faisant ainsi allusion au nouveau traité Start signé entre les Etats-Unis et la Russie. "Un couteau ne tranche jamais son propre manche", a-t-il affirmé, citant un proverbe iranien. Le président iranien s'en est ensuite pris virulemment à Israël, dénonçant le régime de "deux poids, deux mesures" dont jouit selon lui l'Etat hébreu.
Le discours du président iranien à également été marqué par le boycott de plusieurs délégations parmi lesquelles se trouvent les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne et le Maroc.
Les Etats-Unis ont réagit à se discours, Hillary Clinton dénonçant les diatribes du président iranien comme des accusations "éculées, fausses et délirantes". Les Etats-Unis ont également jugés que ce comportement était "prévisible" et destiné à faire "diversion" alors que l'Iran estime aujourd'hui ne pas avoir à gagner la confiance des grandes puissances pour exploiter son droit à l'énergie nucléaire.
Cette passe d'armes donne le ton de l'attitude diplomatique iranienne au cours de cette conférence qui ne se cantonne pas à la question iranienne. Le régime de non-prolifération avait échoué à se renouveler lors de la conférence de révision de 2005 mais l'arrivée au pouvoir d'une nouvelle administration américaine, le discours de Prague du président Obama et la signature du traité Start 3 entre Washington et Moscou ont éveillé un nouvel espoir chez les partisans du désarmement.
Il reste que pour beaucoup d'observateurs, le scénario d'un Iran nucléaire mettrait à mal le régime de non-prolifération et illustrerait plus encore que le cas nord-coréen l'échec du TNP. Beaucoup estiment en effet que pareil cas de figure entraînerait une course aux armements dans la région du Moyen-Orient.
Malgré les déclarations de la république islamique appelant à un Moyen-Orient exempt d'armes nucléaires, hypothèse irréaliste pour Israël qui trouve ici le soutien de Washington, Téhéran ne convainc pas la communauté internationale de ses intentions pacifiques. Il faut dire que les éléments à charge ne manquent pas ; ainsi peut-on s'interroger par exemple sur les besoins de l'Iran de développer un programme d'enrichissement endogène si conséquent alors que le pays ne dispose pour le moment d'aucune centrale en activité et que la seule en chantier (Busher), censée rentrer en service cet été, est construite par la Russie qui devra également s'y occuper de tout le cycle du combustible depuis sa fabrication jusqu'à son recyclage...

Les investissements étrangers en Iran : le rapport du Congrès

Pour rappel, au mois de mars, l'International Herald Tribune annonçait que le gouvernement américain avait alloué plus de 107 milliards de dollars sur une période de 9 ans à des multinationales ayant des activités économiques en Iran. Sur ces 107 milliards, 15 milliards avaient été payés à des entreprises ayant enfreint les sanctions économiques visant le régime de Téhéran (dont la Loi d'Amato).
Je tiens donc à signaler que le rapport rédigé par le Congrès sur ce sujet est désormais disponible en ligne.

Iran - ONU : Téhéran échoue au conseil des droits de l'homme mais s'impose à la commission des droits de la femme

L'Iran, tancé par les Occidentaux pour son bilan en matière de respect des droits de l'homme, a retiré sa candidature à un siège au Conseil des droits de l'homme, un organe des Nations unies basé à Genève, a annoncé un diplomate fin avril.
Bandula Jayasekara, l'ambassadeur adjoint du Sri Lanka aux Nations unies, a expliqué que l'Iran avait informé le groupe des pays asiatiques à l'ONU qu'il ne participerait pas au scrutin à bulletin secret destiné à désigner les nouveaux membres du Conseil ; le vote devant avoir lieu le mois prochain. Le Conseil compte 47 Etats membres, ils sont élus par l'Assemblée générale à la majorité absolue pour une période de trois ans ; il est renouvelable par tiers tous les ans.
Premier échec en 2006
La mission iranienne à l'ONU ne s'est pas exprimée sur le sujet. Dans l'immédiat, il était impossible de connaître les raisons de ce désistement. Mais selon Peggy Hicks de l'ONG Human Rights Watch, Téhéran a plié "face à l'opposition mondiale grandissante qu'alimente son effroyable bilan en matière de droits de l'homme". "Et cela montre aussi que la pression internationale peut aider à faire entrer au Conseil (des droits de l'homme) des pays avec de meilleurs bilans", en la matière, a-t-elle ajouté.
Les sièges sont attribués par zones. Dans le groupe asiatique, auquel appartient l'Iran, quatre sièges sont en jeu. Avec le retrait de Téhéran, il ne reste plus que quatre candidats: la Malaisie, les Maldives, le Qatar et la Thaïlande. En 2006, la République islamique avait déjà tenté d'intégrer le Conseil, mais sa candidature avait échoué du fait de la pression américaine.
Dans une lettre ouverte adressée à certains des 192 pays membres de l'Assemblée générale de l'ONU, la prix Nobel de la paix Shirin Ebadi avait appelé à rejeter la candidature de son pays. "Nous espérons qu'en rejetant la candidature de l'Iran au Conseil des droits de l'homme, vous pousserez les autorités iraniennes à réfléchir à leurs propres méfaits", avait-elle écrit.

La république des Mollahs et les droits des femmes.

Moins d'une semaine plus tard, le 29 avril, l'Iran obtenait un siège pour une durée de 4 ans à la commission des droits de la femme de l'ONU. Cette élection, paradoxale s'il en est puisque puisqu'en Iran la parole d'une femme compte pour la moitié de celle d'un homme devant la justice, constitue bien une déception pour les ONG et une victoire pour la république islamique qui y voit un moyen pour gagner en reconnaissance internationale malgré le fait que cette nomination apparaît totalement non-crédible auprès des puissances occidentales. Cependant, ces dernières ne se sont pas opposées à la nomination de l'Iran alors que les tensions sur le dossier du nucléaire connaissent ces derniers mois un regain d'intensité.

lundi 3 mai 2010

Paradoxe : l'Iran propose son aide aux Etats-Unis pour lutter contre la marée noire du Golfe du Mexique

L'Iran est prêt à apporter son aide aux Etats-Unis pour colmater la fuite de pétrole provoquée par le naufrage d'une plate-forme dans le Golfe du Mexique et qui a commencé à souiller la Louisiane, a déclaré aujourd'hui un responsable pétrolier, cité par l'agence spécialisée Shana.
"Nos spécialistes de l'industrie du pétrole experts dans le domaine du forage peuvent aider à juguler (la fuite provoquée par le naufrage de) la plate-forme du Golfe de Mexique et éviter une catastrophe écologique", a déclaré Heydar Bahmani, chef de la compagnie nationale du forage.
Il a ajouté que l'Iran avait une longue et solide "expérience" dans ce domaine.
Le puits foré sous la plate-forme lâche chaque jour quelque 800.000 litres de pétrole en mer, entraînant une marée noire qui a commencé à toucher la Louisiane.

samedi 1 mai 2010

Des espions iraniens arrêtés au Koweït

(AFP) Les services de sécurité du Koweït ont démantelé une "cellule d'espionnage" qui recueillait des informations sur des cibles koweïtiennes et américaines pour le compte des Gardiens de la révolution, l'armée idéologique du régime iranien, a affirmé samedi le quotidien Al-Qabas.
Le journal, citant un haut responsable des services de sécurité, a indiqué qu'au moins sept personnes, dont certaines travaillant pour les ministères de la Défense et de l'Intérieur, avaient été arrêtées alors que six ou sept autres étaient activement recherchées.
Ces personnes comptent parmi elles des apatrides appelés "Bidoun" au Koweït, et des porteurs de différentes nationalités arabes.L'opération, montée par les services de renseignement généraux et ceux de l'armée, a consisté à investir, il y a deux jours, le domicile de l'un des chefs de la cellule à Soulaibiya, à 25 km à l'ouest de la capitale.
Elle a permis de saisir des documents, un système de communication sophistiqué et plus de 250.000 dollars en liquide, toujours selon Al-Qabas.
Dans leurs aveux, les suspects ont indiqué avoir été également chargés de recruter de nouveaux membres pour la cellule présumée.