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vendredi 26 mars 2010

Les drones iraniens préoccupent les USA

Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, s'est déclaré préoccupé ce jeudi 25 mars par l'existence de drones iraniens, tout en minimisant les risques encourus par les forces armées américaines déployées en Irak et en Afghanistan.
"L'Iran a des drones. C'est inquiétant, car s'ils le voulaient, ils pourraient nous créer des difficultés en Irak ou en Afghanistan", a-t-il déclaré lors d'une audition parlementaire. "En même temps, les drones volent relativement lentement et nous avons une excellente armée de l'Air", a-t-il relativisé. "Je pense que nous sommes capables de protéger nos troupes, en particulier dans ces zones de combat". "Je crains surtout de voir de telles capacités tomber entre les mains d'acteurs non-étatiques qui les utiliseraient à des fins terroristes", a conclu Robert Gates.
Le ministre iranien de la Défense, le général Ahmad Vahidi, a inauguré en février deux lignes de production d'avions pilotés à distance par une entreprise aéronautique dépendant de son ministère ( Iran : l'armée iranienne va produire des drones ).
"Ces drones sont capables de mener des opérations de surveillance, de détection et même d'attaque avec une grande précision", avait-il affirmé.

jeudi 25 mars 2010

Iran : le point sur les capacités aériennes et anti-aériennes de la république des Mollahs

Le CSIS a publié l'été passé un rapport faisant le point sur la situation actuelle de la force aérienne et des défenses anti-aériennes de la république des Mollahs. Ce rapport, extrêmement bien structuré, se démarque par sa précision ainsi que par ses tableaux de synthèse et illustrations qui permettent de réaliser en un clin d'oeil une étude comparative des capacités régionales de l'Iran et de ses voisins arabes dans ce domaine. Une lecture indispensable à quiconque entend entreprendre une analyse stratégique sur les capacités militaires iraniennes.

Le rapport du CSIS, intitulé GCC - Iran: Operational Analysis of Air, SAM and TBM Forces, est disponible en ligne ici.

mercredi 24 mars 2010

La Chine serait finalement prête à discuter de sanctions contre l'Iran

Un diplomate occidental a confié à l'agence Reuters que la Chine est finalement prête à discuter de sanctions contre l'Iran, avec les autres grandes puissances. Une réunion sur le dossier devrait avoir lieu dans les prochains jours.
Jusqu'à maintenant, bien qu'elle se soit toujours positionné contre la prolifération nucléaire et se soit toujours prononcé contre l'acquisition par l'Iran de l'arme nucléaire, la Chine se montrait plutôt réfractaire à l'adoption de nouvelles sanctions contre la république des Mollahs avec laquelle elle entretient des rapports stratégiques relativement conséquents ( voir Chine-Iran : vers une maturité pragmatique ?). Mais bien que cette information laisse sous entendre que les négociations au sein du CSNU pour l'adoption de nouvelles sanctions soient sur la bonne voie, il reste fort probable que celles-ci n'affecteront pas le secteur des hydrocarbures où Pékin possède de nombreux intérêts et qui représente le poumon de l'économie iranienne. Ainsi, les nouvelles sanctions toucheront fort probablement les intérêts financiers des personnalités du régime et des gardiens de la révolution ; comme le soulignait il y a quelques jours le président Medvedev, "les nouvelles sanctions ne devront pas affecter la population iranienne".

Can Iran's Bomb Be Stopped? (The Washington Quarterly)


Aujourd'hui, je souhaiterais attirer votre attention sur le numéro de janvier du "The Washington Quarterly", lequel est disponible en ligne. Dans ce numéro, vous trouvez un dossier ( Can Iran's Bomb Be Stopped? ) contenant plusieurs articles très intéressants sur la question iranienne :






Bonne lecture :-)

mardi 23 mars 2010

L'Iran va accueillir une conférence sur le désarmement nucléaire en avril

Un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a annoncé mercredi que l'Iran accueillera une conférence sur le désarmement nucléaire en avril à Téhéran.
"Une conférence sur le désarmement nucléaire et les armes de destruction massive baptisée 'L'Energie nucléaire pour tous, les Armes nucléaires pour personne" devrait se tenir du 17 au 18 avril à Téhéran," a affirmé Ramin Mehman-Parast.
La conférence explorera les moyens pour atteindre l'objectif d'un monde sans armes nucléaires ainsi que les méthodes de supervision, a expliqué Mehman-Parast.
D'éminentes figures politiques et scientifiques issues de différents pays prendront part à la conférence, a-t-il ajouté.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a appelé en décembre dernier à un désarmement nucléaire des Etats-Unis et d'Israël, estimant que les Etats-Unis, qui comptent 8000 ogives nucléaires et Israël, qui dispose d' environ 400 ogives atomiques, devraient être désarmés, selon l'agence de presse sémi-officielle Fars.
L'Iran rejette les allégations des Etats-Unis et ses alliés occidentaux soutenant que Téhéran fabrique des bombes nucléaires.
Si les déclarations iraniennes appelant à un monde dénucléarisé tout comme les attaques contre les arsenaux américains et israéliens sont récurrentes, il s'agit cependant là de la première fois que le régime des Mollahs organise une conférence sur le désarmement nucléaire sur son territoire. Par ces manœuvres, Téhéran cherche à se poser en défenseur d'un nouvel ordre mondial opposé à "l'hégémon américain". Téhéran cherche également à jouer la carte de la victimisation afin de dénoncer le régime de "deux poids deux mesures" dont il prétend être victime en rapport à son programme nucléaire controversé.
Il est également probable que cette conférence ait vu le jour en réaction à l'exclusion de l'Iran de la conférence de Paris sur le nucléaire civil des 8 et 9 mars derniers.
Ce qui est en tout cas certains, c'est que dans l'hypothèse où le régime des Mollahs chercherait bien à se doter d'une capacité nucléaire militaire, il ne manquerait pas d'une certaine dose d'hypocrisie...

Petraeus : L'Iran incapable de créer une bombe atomique en 2010


L'Iran ne sera pas en mesure de créer dans l'immédiat une bombe atomique, a déclaré le chef du Commandement central américain (Centcom) David Petraeus lors d'une audition parlementaire la semaine dernière.
"Heureusement, les travaux ont ralenti. Je ne pense pas que cela puisse se produire cette année", a dit le général.
Il y a un peu plus d'un an, une déclaration similaire avait été faite par le chef du Pentagone Robert Gates, selon lequel l'Iran n'avait pas encore accumulé le potentiel nucléaire suffisant pour la création d'une bombe atomique.
"Ils (les Iraniens) ne possèdent pas encore une telle réserve, et à l'étape actuelle ils ne sont pas proches de la création d'une telle arme. Par conséquent, on a encore du temps", a alors déclaré le secrétaire américain à la Défense.
Début mars, Robert Gates avait également tenu des propos similaires à l'occasion d'une interview sur NBC. Cependant, toujours début mars, l'amiral Mullen (chef d'Etat-Major), interrogé sur CNN pour savoir si Téhéran détenait assez de matériaux nucléaires pour construire une bombe atomique, a répondu: "tout à fait franchement, nous pensons que oui".
"Et l'Iran doté d'une arme nucléaire, je le pense depuis longtemps, c'est une très mauvaise perspective pour la région et pour le monde", a-t-il également affirmé.
La Maison Blanche s'est quant à elle tenue pour l'instant de formuler un quelconque commentaire.

Le principal collaborateur du président iranien ne voit "aucun changement dans les politiques du président américain"

Le principal collaborateur du président Ahmadinejad, Modjtaba Samareh Hachemi, déplore de ne voir aucun changement dans les politiques actuelles du président américain, Barack Obama, à l'encontre de l'Iran.
Lors d'une intervention, dimanche soir, avec la chaîne de télévision Al-Alam, Modjtaba Samareh Hachemi a fait allusion au célèbre slogan sur le changement lancé de la bouche du Président des Etats-Unis.
Les actes d’agression des forces américaines en Irak et en Afghanistan et l’attitude hostile du gouvernement américain envers le peuple iranien ne montrent aucun changement concret dans les politiques actuelles, a-t-il affirmé.
Évoquant les déclarations des responsables américains selon lesquelles l’Iran s’isolerait sur la scène internationale, Modjtaba Samareh Hachemi a affirmé que c’est tout le contraire, ce sont les Etats-Unis qui vont aujourd’hui s'isoler, or le peuple iranien avance chaque jour un peu plus vers le développement et le progrès.
Dans une allusion aux récentes allégations de Barack Obama sur l’interaction entre l’Iran et les Etats-Unis, le premier conseiller de M. Ahmadinejad a affirmé qu’on ne pouvait pas s’attendre à ce que des interactions positives et constructives s’établissent entre les deux pays, « sauf si le respect mutuel et la vérité sont respectés dans le cadre de l'établissement de relations et que les droits du peuple iranien sont complètement reconnus », a-t-il précisé.
Pour rappel, il y a quelques mois, le président M. Ahmadinejad avait déjà comparé la politique de l'administration Obama de "similaire à celle de Bush, mais avec un joli sourire"...
Ces déclarations illustrent les progrès qu''il reste aujourd'hui à accomplir pour parvenir à surmonter la méfiance mutuelle qui régit les rapports entre américains et iraniens et ce, pour autant qu'une réelle volonté d'y parvenir existe.

Kouchner: "Pas d'autre choix" que de "nouvelles sanctions" contre Téhéran

AFP : Selon lui, l'Iran "développe des capacités nucléaires sensibles sans finalités civiles crédibles".
Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a affirmé mardi qu'il n'y avait "pas d'autre choix" que de "rechercher de nouvelles sanctions" contre Téhéran qui continue de développer un programme nucléaire "sans finalités civiles crédibles". "L'attitude de défi choisie aujourd'hui par le gouvernement iranien ne nous laisse aujourd'hui aucun autre choix: nous devons rechercher de nouvelles sanctions", a lancé le chef de la diplomatie française au Sénat.
"Nous continuerons à rechercher le dialogue mais quelles réponses ont suscité jusqu'alors toutes nos offres de dialogue? Rien de tangible", a-t-il fait valoir.
Selon lui, l'Iran "développe des capacités nucléaires sensibles sans finalités civiles crédibles". Ce pays, a-t-il souligné, "accroît la portée de ses missiles, l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) déplore à longueur de rapports que l'Iran ne coopère pas suffisamment avec elle et Téhéran a rejeté toutes nos offres de dialogue et de coopération".
"Il y a eu déjà trois résolutions des Nations unies (assorties de) sanctions", a rappelé M. Kouchner, relevant qu'elles étaient "destinées à convaincre ou à contraindre le gouvernement iranien à négocier".
M. Kouchner s'exprimait lors d'un débat sur "le désarmement, la non-prolifération nucléaire et la sécurité de la France" organisé à quelques semaines de la prochaine conférence quinquennale de suivi du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), prévue en mai 2010 au siège des Nations unies à New York.
L'Occident, Etats-Unis et France en tête, soupçonne l'Iran de vouloir se doter de l'arme atomique. L'Iran dément, affirmant que son programme nucléaire est destiné à un usage purement civil. Evoquant la deuxième "crise majeure" de la prolifération, le programme nucléaire nord-coréen, M. Kouchner a souligné qu'il "ne met pas seulement en cause la paix et la stabilité de la région" mais "exporte au loin (ses) ferments d'insécurité (...) en particulier au Proche et au Moyen-Orient".
"Il faut y faire barrage", a-t-il martelé. Pour le ministre des Affaires étrangères, "il n'y aura pas de désarmement si nous ne mettons pas un coup d'arrêt à la prolifération nucléaire et il n'y aura pas de développement du nucléaire civil si nous ne mettons pas un coup d'arrêt à la prolifération".
"Le président (américain Barack) Obama a dit rêver d'un monde où il n'y aurait plus d'armes nucléaires, la France répond par les faits et l'exemple", a-t-il poursuivi, rappelant que Paris avait ratifié le traité d'interdiction des essais, démantelé son site d'essais et cessé la production de plutonium ou d'uranium à usage militaire.

lundi 22 mars 2010

Traduction du discours prononcé par le Guide suprême à l'occasion du nouvel an iranien

L'ayatollah Ali Khamenei s'est adressé à la nation, dans un message télévisé à l'occasion de la Nouvelle Année et a choisi de baptiseré cette Nouvelle Année 1389, « année du double effort et du double travail ».
En voici la traduction, je vous laisse juger :


Je transmets tous mes vœux à l’occasion du Norouz et de la Nouvelle Année qui marque l'arrivée du printemps et le renouveau de la nature, à tous mes chers compatriotes à travers notre vaste et cher pays ainsi qu'à tous les Iraniens qui résident aux quatre coins du monde et qui ont placé leur espoir et leur attente dans leur chère Patrie, et surtout aux jeunes, aux femmes et aux hommes dévoués qui ont su faire preuve d’une grande abnégation pour transcender les objectifs de la Révolution et du pays mais aussi à ceux qui ont sacrifié leur vie et ont donné leurs jeunes pour la Révolution et pour la grandeur du pays ; aux chères familles des martyres, aux blessées de guerres et à leurs familles généreuses et à tous les dévoués et à tous ceux qui font des efforts et travaillent pour la grandeur du pays.
Je tiens également à saluer l'âme pure de notre magnanime imam Khomeiny qui a donné lieu à ce grand mouvement populaire, et qui était la source du progrès et de la transcendance du grand Iran islamique.
Le Norouz cristallise le commencement du renouveau. Tout comme ce renouveau est sensible dans la nature, il peut de même s'incarner dans nos cœurs, nos âmes et nos avancées.
Revisitons l'année 1388 qui vient de s’achever. Si l'on veut définir l'année 1388 en une seule phrase, à mon avis il s'agit de l'année de la nation iranienne, de la grandeur et du triomphe de cette noble nation, de la participation historique et influente de cette nation sur les scènes politiques desquelles dépendait le sort de notre grande Révolution et de notre pays.
Au début de l'année 1388, le peuple, de part sa participation sans précédente a permis d’organiser une élection qui n'a pas de pendant ni dans l'Histoire de notre Révolution ni dans la longue Histoire de notre pays, et qui sera désormais considérée comme un événement essentiel. Au cours des mois qui ont suivi cette élection, souffrant une grande épreuve et animé par un mouvement immense et déterminant, le peuple a manifesté sa présence, sa volonté, sa résistance, sa détermination nationale et sa perspicacité.
Le bref commentaire que l'on peut faire sur ces événements postélectoraux survenus durant quelques mois, c'est qu'après trente années, les ennemis du pays et de l'Ordre de la République islamique, ont concentré tous leurs efforts, leurs pouvoirs et leurs forces pour faire échouer cette Révolution de l'intérieur. Face à cet énorme complot et à ce mouvement hostile, notre nation a su, grâce à sa vigilance, sa perspicacité, sa détermination et sa résistance sans pareilles, faire échouer l'ennemi. L'expérience qu'a tirée notre nation et notre pays de ces huit mois qui ont suivi l'élection jusqu'au 22 Bahman (11 février), est une expérience pleine de leçons et d'exemples et se présente véritablement comme une source de grandeur pour la nation iranienne.
Durant l'année 1388, la nation s'est montrée brillante. Les responsables aussi, ont accompli de grands et valeureux efforts. Ces efforts étaient en soi, de précieux et méritent la gratitude. Il incombe à tous les observateurs équitables de se montrer reconnaissants face aux efforts et aux travaux mis en œuvre pour le développement, la construction et la prospérité du pays dans des domaines différents.
Dans le domaine scientifique, dans le domaine industriel, dans le champ des activités sociales, de la politique étrangère, dans des secteurs variés, les responsables du pays ont réalisé de grandes œuvres. Que Dieu les récompense pour ces faits et qu'Il leur accorde la faveur de progresser davantage.
L'observation de la situation actuelle du pays et des immenses capacités dont notre pays et notre grande nation disposent, permet d’aboutir à ce résultat et en comparaison avec l'immense capacité dont dispose ce pays pour faire des progrès et pour atteindre la justice, ce que nous avons réalisé, ce que nos responsables et notre peuple ont accompli, n'est pas une grande œuvre. Il faut que tout le monde fasse plus d'efforts par rapport au passé et que tout le monde se sente responsable.
Dans cette prière que nous récitons tous à l'annonce de la Nouvelle Année, la phrase qui dit : « change notre état en un état qui soit meilleur » est particulièrement intéressante. Il n'est pas demandé ici que nous parvenions à un bon jour, un bon état ; mais nous demandons à Dieu de nous faire parvenir à de meilleurs jours et de meilleures situations. La haute magnanimité d'un musulman réside en ce fait même qu'il atteigne le meilleur dans tous les domaines.
Cette année, afin de pouvoir mieux réaliser ce qui nous est enseigné dans cette prière sacrée et qui est d'ailleurs notre devoir, et pour que nous puissions avancer selon les nécessités et les capacités du pays, il nous faut multiplier nos efforts, intensifier nos travaux et notre sérieux.
Je baptise cette année, année du « double effort et double travail » en espérant que, par la grâce d'Allah, nos responsables, aux côtés de notre cher peuple, pourront, plus rapidement et avec plus d'effort et plus de travail parcourir le chemin qui reste à parcourir et s'approcher dès lors davantage de leurs grands objectifs dans les différentes secteurs qu’ils soient économique, culturel, politique, social. Nous avons besoin de ce double effort. Le pays a besoin de ce double travail.
Il nous faut nous en remettre à Dieu le très miséricordieux, invoquer Son assistance et savoir que le terrain du travail est vaste devant nous. Les ennemis sont hostiles à la science et à la foi de notre société. Il nous faut renforcer doublement la science et la foi au sein de notre société. Incha-Allah, les chemins deviendront faciles à parcourir et les obstacles s'amoindriront et l’aide divine accompagnera et guidera toujours notre nation, notre pays et nos responsables.

dimanche 21 mars 2010

Ali Khamenei : les ennemis de l'Iran ont cherché à provoquer une "guerre civile" et "complotent" contre la république islamique

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a déclaré aujourd'hui que les ennemis avaient cherché à provoquer une "guerre civile" en Iran après l'élection présidentielle controversée de juin.
"Les ennemis voulaient diviser la nation iranienne (...) et provoquer une guerre civile, mais le peuple iranien était vigilant", a déclaré le guide suprême, dans un discours à Machhad (nord-est) retransmis à la télévision.
"S'ils avaient réussi, les Etats-Unis et le régime sioniste auraient envoyé leurs forces dans les rues de Téhéran (soutenir les manifestants de l'opposition, ndlr), mais ils ont compris que cela leur porterait tort. Les dirigeants des pays oppresseurs (occidentaux) ont alors commencé à faire de la propagande pour soutenir les fauteurs de trouble", a-t-il dit.
Il faisait allusion aux manifestations parfois violentes qui ont suivi l'élection controversée du président Mahmoud Ahmadinejad. Ces violences ont fait des dizaines de morts alors que des milliers de personnes ont été arrêtées dans les mois qui ont suivi la présidentielle du 12 juin dernier.
Au cours de ce même discours, le guide suprême s'en est également pris au président américain, accusant ce dernier de "complot" contre la république islamique :
"Vous ne pouvez pas exprimer votre de désir de paix et d'amitié et dans le même temps comploter (contre la République islamique d'Iran, ndlr) et croire que vous pouvez porter atteinte à la nation iranienne", a déclaré le numéro iranien à l'adresse du président Obama.
Cette déclaration intervient deux jours seulement après les voeux adressés par Barack Obama à la nation iranienne à l'occasion de la fête du nouvel an iranien. Le président américain avait précisé à cette occasion que "la proposition de dialogue tient toujours" et il avait également dénoncé l'attitude du régime des Mollahs, arguant que "Au cours de l'année passée, c'est le gouvernement iranien qui a choisi de s'isoler lui-même, et fait le choix d'une focalisation auto-destructrice sur le passé plutôt qu'un engagement à bâtir un avenir meilleur".

Le clan Ben Laden "bien traîté" en Iran

Un des fils d'Oussama Ben Laden a rejeté aujourd'hui les accusations de la branche d'Al-Qaïda au Maghreb selon lesquelles l'Iran retenait des membres de sa famille à Téhéran, l'appelant à se garder d'intervenir dans ses affaires. Omar, quatrième fils du chef d'Al-Qaïda, a également confirmé que sa soeur Imane ainsi que leur mère, Najwa al-Ghanem, avaient été autorisées à quitter l'Iran et se trouvaient à Damas.
"Nous confirmons qu'Imane a quitté l'Iran avec sa mère il y a trois jours", a dit Omar à l'AFP au téléphone depuis la Grande-Bretagne. Vendredi, le quotidien panarabe Asharq al-Awsat avait affirmé qu'Imane (17 ans) était arrivée jeudi à Damas accompagnée de sa mère, la première épouse d'Oussama ben Laden. Imane a pu quitter le territoire iranien grâce à l'intervention des services diplomatiques saoudiens. En janvier, elle s'était réfugiée à l'ambassade saoudienne à Téhéran après avoir échappé à la vigilance de ses gardes iraniens, selon le journal.
Fin décembre, Asharq Al-Awsat avait indiqué que 18 membres de la famille ben Laden, dont la trace avait été perdue depuis les attaques du 11-Septembre, vivaient en résidence surveillée en Iran. Selon Omar ben Laden, si 16 membres de sa famille se trouvent toujours en Iran, c'est parce qu'aucun autre pays n'est prêt à les accepter.
Il a en outre rejeté les accusations contre l'Iran de son demi-frère Khaled et d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui avait appelé jeudi Téhéran à libérer ses proches. A la mi-mars, Khaled ben Laden avait demandé au guide suprême iranien d'intervenir pour libérer les membres de sa famille, selon lui en résidence surveillée à Téhéran. Omar a affirmé à l'adresse de l'Aqmi: "En tant que fils de votre leader, je vous dis que cette affaire est mienne. (...) J'ai la totale responsabilité de mes frères et soeurs, où qu'ils soient". "Mes frères et soeurs ont été bien traités. Ils me l'ont dit eux-mêmes", a-t-il assuré, soulignant que Téhéran avait "tenu sa promesse" d'autoriser sa plus jeune soeur à partir.

Des talibans entraînés par Téhéran ?

Des talibans reçoivent un entraînement armé en Iran dispensé par des membres des services de sécurité iraniens, affirme le Sunday Times, s'appuyant sur le témoignage de deux chefs rebelles anonymes qui disent en avoir bénéficié. Des émissaires talibans sont venus en Iran au début 2009 pour discuter avec des officiels iraniens de la mise en place d'un programme d'entraînement, écrit l'hebdomadaire dominical britannique, de source talibane.
Ce programme a débuté cet hiver, dans des camps situés à la frontière entre l'Afghanistan et l'Iran, où des instructeurs iraniens apprennent les talibans à mener des embuscades ou des attaques contre des positions ennemies, ou à placer des engins explosifs artisanaux, explique le Sunday Times.
Le journal cite deux chefs talibans qui, sous le couvert de l'anonymat, assurent avoir suivi ce programme d'entraînement dans les environs de la ville de Zahedan, dans le sud-est iranien, où convergent les frontières de l'Iran, l'Afghanistan et du Pakistan. "L'Iran a payé pour l'ensemble du voyage", a déclaré l'un des commandants talibans, originaire de la province de Ghazni, au sud-ouest de Kaboul. "Nous avons d'abord payé les frais du voyage et une fois que nous sommes arrivés en Iran, ils nous ont remboursés. Ils ont payé pour notre nourriture, notre carte de téléphone portable, toutes les dépenses."
Le programme d'entraînement dure trois mois, selon l'hebdomadaire: le premier mois est consacré à l'apprentissage des techniques d'embuscades contre un convoi, le second à l'instruction concernant les bombes artisanales, le troisième à l'attaque de positions ennemies.
Le secrétaire d'Etat américain à la défense, Robert Gates, a récemment admis que le soutien iranien à la cause talibanes était une réalité tout en minimisant l'impact de ce dernier (voir : Le soutien iranien aux talibans afghans est "assez limité" selon Robert Gates). Bien qu'il soit tout à fait crédible que les iraniens cherchent à perturber les opérations américaines en Afghanistan pour des raisons géopolitiques évidentes, il ne faut pas oublier que les talibans et le régime des Mollahs sont idéologiquement opposés sur les questions religieuses. Loin de soutenir un retour au pouvoir des talibans à Kaboul, Téhéran cherche avant tout le départ des américains et l'affaiblissement de leur position régionale. Une fois la présence américaine terminée en Afghanistan, Téhéran tentera de peser de tout son poids auprès des autorités de Kaboul car après tout, la géopolitique a horreur du vide...

Nucléaire iranien : les positions russes et américaines ne sont pas incompatibles

Je souhaiterais aujourd'hui réagir suite à un article paru cette semaine dans Le Figaro et intitulé Coup de froid diplomatique entre Moscou et Washington. L'auteur y rapporte l'évolution des rapports russo-américains en parallèle à la question iranienne. Pour ce dernier, la volonté russe de maintenir la mise en fonction de la centrale de Busher dès cet été constitue un camouflet pour l'administration Obama.
A mon sens, l'analyse proposée est erronée : le titre est trop extrême et le contenu en lui même simplifie la réalité. D'une certaine manière, les Occidentaux sont aujourd'hui "bien heureux" de la présence russe en Iran (bien que cela n'ait pas toujours été le cas) car cela leur permet d'avoir "un oeil dans la place". De plus, Bushehr est une centrale inoffensive : son combustible ne peut être fabriqué que par les russes et il est impossible aux iraniens de le détourner à des fins militaires. Au cours de ces trois dernier mois, les responsables russes ont à plusieurs reprises répété qu'ils tiendraient leurs engagements v-à-v de l'Iran sans susciter une quelconque réaction des Occidentaux. Cela n'a pas non plus empêché les russes de dénoncer l'attitude du régime des Mollahs et de se déclarer prêt à de nouvelles sanctions. Dans le même temps, Moscou et Washington continuent à avancer vers un nouveau traité START.
La réalité est que les russes ne peuvent pas revenir sur leurs engagements : les USA ont besoin de la confiance iranienne en la Russie pour un éventuel échange de combustible avec cette dernière sur la question du RRT (Réacteur de recherche de Téhéran). Bien que ce scénario, initié en octobre dernier, semble aujourd'hui en mauvaise voie, l'administration Obama a cependant rappelé (à l'occasion des voeux du président américain pour le nouvel an iranien) qu'elle restait sur la table et, la semaine dernière, Téhéran s'est déclaré ouvert pour la première fois à la possibilité d'un échange combustible/uranium en une seule étape comme le réclament les Occidentaux depuis la reprise des discussions à 7 (voir : Nucléaire iranien : vers une ouverture de Téhéran ? ). La confiance entre Téhéran est Moscou est donc primordiale et celle-ci a déjà été écornée par le retard pris dans la livraison par Moscou du fameux système de défense de missiles sol-air S-300. De plus un nouveau "retard pour raisons techniques" de la mise ne oeuvre de la centrale n'est pas encore exclu : celle-ci devait déjà être mise en service l'année dernière et, en décembre 2009, on évoquait le mois de mars ou d'avril 2010. Sanctionner l'Iran au travers de la centrale de Busherh serait peut-être bien un moyen de pressions efficace dans la mesure où le pays serait fortement touché (le gouvernement iranien attend avec impatience sa mise en fonction tant la situation énergétique iranienne laisse à desirer) mais cela ne ferait qu'alimenter la réthorique du régime selon laquelle l'Iran est victime d'un injustice au regard de son droit "inaliénable" au nucléaire civil (Cfr. TNP). La Russie risquerait quant à elle d'apparaitre comme une caisse de résonnance des intérêts américains, ce que Moscou ne peut bien sur pas tolérer. Et c'est justement là toute la subtilité du jeu diplomatique : s'accorder à la position américaine pour de nouvelles sanctions tout en apparaissant indépendant et en mettant en paralèlle ce dossier avec d'autres (START ?). 
La relation russo-américaine ne se réduit pas à la question iranienne, bien que celle-ci en fassent bien sur partie dans la mesure ou l'opposition/coordination des deux administrations sur le dossier peut à l'occasion servir de baromètre. Cela est particulièrement vrai lorsqu'il s'agit de porter la question devant le CSNU, la difficulté de la démarche et les tractations nécessaires mettant plus en avant la réalité des différentes positions sur le sujet.
Pour ce qui est de la réaction d'Hillary Clinton, le poids des mots à toute son importance, spécialement en langage diplomatique. "Nous jugeons prématuré, pour l'instant, la poursuite de tout projet (nucléaire civil en Iran), car nous voulons envoyer un message sans équivoque aux Iraniens". Juger prématuré ne signifie pas "dénoncer", "regretter" et encore moins "condamner". Cette déclaration devait être faite mais elle n'a pas de poids réel et ne révèle pas non un réel antagonisme quant aux positions russes et américaines sur la question nucléaire iranienne. Il est vrai que la déclaration de monsieur Poutine survient alors qu' Hillary Clinton effectue une visite à Moscou mais selon moi, elle doit être mise en parallèle avec les déclarations du président Obama et des responsables iraniens. Il importe en effet de tenir compte de l'ensemble des informations interférant dans ce dossier et de ne pas se cantonner à un seul aspect au risque de se retrouver prisonnier d'un raisonnement réducteur. Sans pour autant être totalement sur la même longueur d'onde, les stratégies de Moscou et Washington restent compatibles et les iraniens sont aujourd'hui bien conscients que la Chine reste désormais le principal contrepoids au clan des sanctions au CSNU.

mercredi 17 mars 2010

L'Iran continue sa course vers l'espace

L'Iran construit une nouvelle rampe de lancement de fusées, probablement en collaboration avec la Corée du Nord, selon la revue spécialisée Jane's, s'appuyant sur des images satellite.
La rampe est en construction sur le centre spatial de Senman, à l'est de Téhéran, et pourrait à terme servir au lancement de la nouvelle fusée spatiale en cours d'assemblage, baptisée Simorgh (Phoenix), ajoute la revue londonienne dans un communiqué.
Cette fusée, longue de 27 m pour un diamètre de 2,5 m, pèse 85 tonnes et possède quatre moteurs. Elle est destinée à mettre d'ici deux ans un satellite de 100 kilos sur une orbite de 500 km.
Le chantier en cours, ainsi que la mise au point de la fusée Simorgh, démontrent tous les deux la probabilité d'une collaboration avec la Corée du Nord dans le programme missilier.
La revue souligne que "les plateformes aperçues (sur les photos satellites) installées sur la tour de lancement ressemblent à celles de la nouvelle rampe de lancement de la Corée du Nord à Tongchang". Une fosse creusée face à la rampe "correspond également au nouveau site de lancement de Pyongyang sur la côte occidentale", ajoute Jane's. "De même, la première phase de la fusée Simorgh ressemble fortement à l'Unha-2 de la Corée du Nord".
La nouvelle rampe, située à quatre km au nord-est du centre spatial de Semnan, est à moitié achevée. Un autre chantier, qui en est lui à ses débuts, est également en cours à 2,5 km au sud-ouest.
L'ensemble de ces activités montrent que "Téhéran semble déterminé à poursuivre le développement de ses missiles et de ses fusées ... malgré les tentatives des Etats-Unis de réunir le soutien nécessaire en vue de sanctions supplémentaires", en conclut Jane's.
Les révélations de Jane's interviennent peu après que les Occidentaux aient appelé à de nouvelles sanctions de l'ONU contre l'Iran.

Nucléaire iranien : vers une ouverture de Téhéran ?


L'Iran est prêt à échanger en une seule fois et sur son territoire 1.200 kg d'uranium enrichi à 3,5% pour recevoir 120 kg de combustible à 20%, a déclaré Ali Akbar Salehi, chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, cité aujourd'hui par le quotidien Javan.
"Nous sommes prêts à livrer la totalité de l'uranium mais à condition que que l'échange ait lieu en Iran et de manière simultanée", a déclaré M. Salehi. "Nous sommes prêts à donner 1.200 kilos (d'uranium enrichi à 3,5%) pour recevoir simultanément 120 kilos de combustible enrichi à 20%" pour le réacteur de recherche de Téhéran, a-t-il ajouté.
Il s'agit de la première fois que l'Iran se dit prêt à échanger la totalité de son uranium en une seule fois comme le réclament les Etats occidentaux. Jusqu'à aujourd'hui, la république islamique a toujours revendiqué un échange en différentes étapes, arguant qu'elle n'a aucune confiance envers les pays occidentaux. L'échange en une étape est considéré comme une condition nécessaire à la conclusion d'un accord avec le régime des Mollahs, car il permettrait de ralentir considérablement le supposé volet militaire du programme nucléaire iranien dans la mesure où il priverait l'Iran de son stock d'uranium pour une durée de 1 an et demi à 2 ans (selon les experts, l'Iran serait capable de produire environ 80 kg d'uranium enrichi à 3,5% par mois).
Il reste aujourd'hui à voir si cette déclaration sera relayée par le président M. Ahmadinejad ou par le ministre iranien des affaires étrangères, Manouchehr Mottaki. Dans ce cas, il s'agirait véritablement d'une avancé significative de la part des autorités iraniennes. Mais il faut également tenir compte des probables résistances internes à ce projet. Beaucoup risquent en effet de dénoncer ici une soumission aux revendications occidentales. Une autre possibilité reste que l'Iran ne cherche à jouer la montre, en annonçant une ouverture afin de relancer les négociations tout en cherchant à gagner du temps sur les modalités d'un accord et ce, afin de retarder l'adoption de nouvelles sanctions par le CSNU.

mardi 16 mars 2010

La Chine, premier partenaire économique de l’Iran

Alors que l'année iranienne se termine, l'heure est au bilan économique et cette année encore, il apparaît que la croissance des échanges commerciaux entre la république islamique et la Chine connait une croissance exponentielle comme le confirme la première place de la république populaire au sein des partenaires économiques de l'Iran.
La Chine est devenue en 2009 le premier partenaire commercial de l'Iran avec 21,2 milliards de dollars d'échanges contre 14,4 seulement trois ans plus tôt, confirmant la croissance exponentielle de relations quasiment inexistantes il y a quinze ans (400 millions USD en 1994).
Les sociétés chinoises ont fourni l'an dernier 13% des importations directes de l'Iran (près de 8 Mds USD) et probablement autant en importations indirectes via les Emirats arabes unis.
Les entreprises chinoises ont aussi signé quelques contrats importants selon l’AFP, comme la construction d'une autoroute reliant Téhéran à la Caspienne et pour la modernisation des moyens de production et de raffinage.
Avec quelque 15 à 20 milliards de dollars de contrats signés et autant en négociation, selon les estimations d'experts pétroliers à Téhéran, la Chine est désormais le premier investisseur étranger en Iran.
CNPC/Petrochina, la principale compagnie pétrolière chinoise, s'est ainsi engagée en 2009 pour un total de 8 à 9 Mds USD dans deux projets pétroliers au Khouzistan (sud-ouest de l'Iran) ainsi que dans un projet gazier sur le gisement de South Pars, dans le Golfe, où elle remplacera Total.
Sinopec, première compagnie chinoise de raffinage, est engagée depuis 2007 dans un projet de près de 3 Mds USD pour l'exploitation du champ pétrolier de Yadavaran au Khouzistan.

lundi 15 mars 2010

La lutte pour le cyber-espace continue en Iran

La magie d'internet étant arrivée jusqu'à mon hotel, je peux donc continuer à alimenter le blog, quoique de façon peut-être plus sporadique :-).
Voici donc une news qui a déjà été postée par différents sites et blog mais que je me devais tout de même de mentionner :-).

Les autorités iraniennes ont arrêté, samedi 13 mars, trente membres d'un groupe qui serait lié au mouvement d'opposition en exil. Pour Téhéran, ceux-ci auraient tenté de "lancer une guerre psychologique" contre l'Iran sur Internet.
Le groupe est accusé d'avoir permis "aux Iraniens d'accéder à l'Internet en court-circuitant les systèmes de filtres officiels". Selon les autorités, ce groupe aurait ainsi "lancé une guerre psychologique contre la République islamique, organisé et encouragé le peuple à participer à des rassemblements illégaux, rassemblé des informations sur des scientifiques nucléaires qu'ils ont transmis à des agences d'espionnage américaines".
"Ce réseau qui communiquait sur l'Internet comprenait des membres de l'organisation des Moudjahidines du peuple (OMPI) et des monarchistes", ont aussi indiqué les services du procureur général dans un communiqué cité par l'agence de presse FARS.
L'OMPI, principal mouvement d'opposition armée iranienne en exil et classé dans la liste américaine des organisations terroristes, aurait déjà transmis à Washington des informations sur le programme nucléaire iranien, soupçonné de cacher un volet militaire. L'Iran dément régulièrement vouloir se doter de l'arme atomique.

LES ÉTATS-UNIS MIS EN CAUSE

Les fonds dont bénéficiait ce réseau "ont été alloués par l'administration de George W. Bush pour lancer une cyber-guerre contre l'Iran", assure le communiqué. Selon la chaîne officielle de télévision en anglais Press-TV, 50 millions de dollars (36,5 millions d'euros) auraient été alloués par la CIA et le département de la défense américain pour diverses opérations de ce type.
La majorité des membres de ce groupe ont été arrêtés en Iran, mais "Interpol a été informé afin d'agir contre ceux vivant aux Etats-Unis", a aussi précisé le parquet. D'après Press-TV, l'un des deux responsables de ce groupe est Ahmad Batebi, un militant étudiant qui a fui la République islamique en 2007, après avoir purgé une peine de neuf ans de prison après les émeutes étudiantes de juillet 1999.
Il n'est pas inutile de rappeler qu'il y a quelques mois, le Guide suprême a ordonné la constitution d'une unité d'élite chargée de réprimer la cyber-contestation, en réaction à l'utilisation sans cesse grandissante d'internet et des réseaux de socialisation au sein du mouvement de contestation "vert" apparu à la suite de l'élection controversée du 12 juin dernier.
Depuis lors, chaque journée symbolique est le théâtre d'une lutte indirecte entre les pro-Moussavi et les pro-Ahmadinejad pour l'appropriation symbolique de la journée au nom de son mouvement. Dans ce cadre, des perturbations sur le réseau internet sont venues perturber les communications au sein des mouvements de contestation, ce qui a passablement compliqué leurs efforts logistiques et leur coordination.

samedi 13 mars 2010

Blog au ralenti pour les deux prochaines semaines

Etant donné que je dois me rendre à l'Université de Galatasaray pour les 15 prochains jours dans le cadre d'un séminaire, je ne suis pas certain de pouvoir assurer un suivi de l'actualité iranienne au même rythme que d'habitude. Tout dépendra de mes modalités d'accès à internet et du temps libre dont je disposerai une fois sur place. Quoi qu'il en soit, je compte bien profiter de ce séjour pour m'entretenir avec nos amis turcs sur la question nucléaire iranienne :-). Je vous dis donc à dans 15 jours (au plus tard ;-) ).

Kouchner reçoit Shirin Ebadi

Bernard Kouchner a reçu hier le Prix Nobel de la Paix, l'Iranienne Shirin Ebadi, exprimant sa préoccupation sur les limitations imposées à la diffusion des médias internationaux et à l'accès à internet en Iran.
Le ministre des Affaires étrangères "a fait part à Mme Ebadi de sa préoccupation pour la situation des droits de l'Homme en Iran, et, notamment, sur la situation de la liberté d'expression", a déclaré le porte-parole du Quai d'Orsay Bernard Valero lors d'un point de presse.
"Il a réaffirmé notre engagement constant en faveur de l'accès à l'information, et notamment de la diffusion des médias internationaux en Iran et du libre accès à Internet", a ajouté le porte-parole, rappelant que "le combat courageux" de Mme Ebadi "en faveur de la société civile iranienne" est "soutenu par la France".
La "troisième Journée mondiale contre la cyber-censure" a été célébrée aujourd'hui dans le monde. A cette occasion, la France s'est félicitée que le premier prix du "net-citoyen" ait été décerné hier aux cyberféministes iraniennes du site www.we-change.org (changement pour l'égalité) par Reporters sans Frontières (RSF) en partenariat avec Google.

Le soutien iranien aux talibans afghans est "assez limité", selon Robert Gates

Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates a minimisé jeudi 11 mars l'influence de l'Iran en Afghanistan, mais la guerre des mots a encore connu l'escalade, le président iranien promettant aux Américains que les peuples de la région leur "couperaient les mains hors du pétrole du Golfe persique".
En visite sur une base militaire des Emirats arabes unis où les avions opérant en Afghanistan peuvent se ravitailler, Robert Gates a estimé que le soutien iranien aux talibans en Afghanistan était "assez limité" pour le moment.
"A ce stade, le niveau de leur effort n'est pas un problème majeur pour nous", a-t-il ajouté, disant: "j'essayais juste de tenter d'exprimer l'espoir que ça ne devienne pas pire".
Mercredi en Arabie Saoudite, Gates avait demandé aux dirigeants de Riyad de les aider à récolter le soutien le plus ample possible pour des mesures de rétorsion économiques contre Téhéran.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a répondu jeudi, en déclarant: "la nation iranienne ne permettra pas à la puissance mondiale de corrompre et de créer le chaos dans le Golfe persique".
"Vous avez tort si vous pensez que vous serez en mesure de dominer le pétrole d'Irak et du Golfe persique via un déploiement de forces militaires", a-t-il ajouté. "Les jeunes de la région vous couperons les mains hors du pétrole du Golfe persique".
"Les Pakistanais, les Afghans, les Etats du Golfe persique devraient être vigilants", a-t-il mis en garde, lors d'un discours dans le port de Bandar Abbas.

La Turquie réitère son soutien politique à l'Iran

Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, soutenant l'idée que le Moyen-Orient devrait devenir une région à l’abri de toute arme de destruction massive, a souligné que devait être reconnu le droit de l’Iran d'accéder à l'énergie nucléaire à des fins pacifiques.
Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a estimé mardi dernier que de nouvelles sanctions contre l'Iran seraient infructueuses.
"Les premiers trains de sanctions n'ont produit aucun résultat et d'autres sanctions ne produiront aucun résultat", a dit à Ryad Recep Tayyip Erdogan, dont le pays, membre de l'Otan et voisin de l'Iran, entretient de bonnes relations avec Téhéran.
"Ceux qui veulent empêcher l'Iran d'acquérir l'arme atomique devraient s'assurer qu'aucun (autre) pays de la région ne dispose d'armes nucléaires", a rappelé le premier ministre turc, dans une allusion à Israël qui, selon des experts occidentaux, détient quelque 200 ogives nucléaires.
Joe Biden qui était cette semaine en Israël, a discuté avec les principaux dirigeants israéliens a rappelé le soutien "absolu et total" de Washington à son principal allié du Proche-Orient.
Pour sa part, le ministre iranien de l'Intérieur, Mostafa Mohammad Najjar, a averti depuis Doha que son pays disposait "d'importants moyens de dissuasion" face aux menaces d'une attaque.
Le premier ministre turc a plaidé pour un règlement du dossier nucléaire iranien par le dialogue, estimant que des sanctions économiques ou une action militaire auraient des conséquences lourdes pour toute la région.
Recep Tayyip Erdogan est arrivé à Riyad, capitale de l'Arabie Saoudite, ce mardi 9 mars pour recevoir une récompense prestigieuse remise par le Roi d'Arabie Saoudite et rencontrer de hauts responsables saoudiens.

jeudi 11 mars 2010

R. Gates sollicite l'aide des pays arabes pour convaincre Pékin de soutenir de nouvelles sanctions contre l'Iran au CSNU

L'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis semblent enclins à oeuvrer auprès de Pékin pour qu'elle soutienne de nouvelles sanctions contre Téhéran au CSNU dans le cadre de son programme nucléaire controversé, a déclaré aujourd'hui à Abou Dhabi le secrétaire américain à la Défense Robert Gates.
"J'ai le sentiment qu'il existe une volonté chez les dirigeants saoudiens et émiratis d'utiliser leur poids en tant que pays (producteurs) de pétrole pour convaincre la Chine d'approuver de nouvelles sanctions contre Téhéran sur son programme nucléaire", a déclaré M. Gates.
Ryad et Abou Dhabi sont également disposés à effectuer la même démarche auprès de la Russie "même si cela est moins nécessaire", Moscou étant plus favorable à des sanctions contre la République islamique.
Robert Gates se trouvait aujourd'hui à Abou Dhabi, capitale des Emirats, après une première étape en Arabie saoudite. Hier, il avait plaidé auprès des dirigeants saoudiens la nécessité de soutenir les efforts de son pays pour des sanctions contre l'Iran. Les Etats-Unis souhaitent notamment de Ryad et d'Abou Dhabi qu'ils rassurent la Chine sur leur capacité à compenser les livraisons de brut iraniens et, selon le Washington Post, le chef de la diplomatie saoudienne, le prince Saoud al-Fayçal s'est déjà rendu début mars à Pékin pour en discuter La campagne diplomatique américaine a suscité la colère du président iranien Mahmoud Ahmadinejad qui a affirmé que son pays ne permettrait pas aux Occidentaux de semer le désordre dans le Golfe.
Pour rappel, l'Iran est le troisième fournisseur de pétrole de la Chine, après l'Arabie saoudite et l'Angola. Les compagnies pétrolières chinoises auraient investi 120 milliards de dollars en Iran depuis cinq ans (chiffre difficilement vérifiable avec exactitude car il faut bien faire la distinction entre les contrats effectifs, les promesses de contrats et les accords préliminaires). En 2009, les deux pays ont signé deux importants contrats pour développer deux champs pétrolifères en Iran, l'un à Pars, l'autre à Azadegan. Et parce que l'Iran ne possède pas de capacités suffisantes de raffinage, les Chinois lui fourniraient, selon le Financial Times, entre 30 000 et 40 000 barils de pétrole raffiné par jour. La Chine a profité ces dernières années de l'effacement de compagnies occidentales empêchées de traiter avec l'Iran du fait des sanctions et des pressions américaines.
La proximité géographique et culturelle de l'Iran avec la province chinoise du Xinjiang, région tiraillée par les velléités "séparatistes" de sa population musulmane ouïgoure, pousse en outre Pékin à s'assurer des bonnes grâces de Téhéran.

Sur les relations sino-iraniennes, voir : Chine-Iran : vers une maturité pragmatique ?

M. Ahmadinejad emboîte le pas à R. Gates en Afghanistan et dénonce la présence américaine

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad est arrivé ce mercredi matin à Kaboul pour rencontrer son homologue afghan Hamid Karzaï alors que le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates se trouve dans la capitale afghane.
Durant sa visite à Kaboul, ce mercredi 10 mars, M. Ahmadinejad s'en est pris aux forces de l'OTAN et critique, sans jamais les nommer, les Etats-Unis. "Nous ne voyons pas la présence des forces militaires étrangères comme une solution pour apporter la paix en Afghanistan", a déclaré le président iranien lors d'une conférence de presse commune à l'issue d'une rencontre avec son homologue afghan. "La solution passe par le contrôle de la situation par le gouvernement légal d'Afghanistan." "L'Iran ne joue pas de rôle dans l'insécurité en Afghanistan, nous avons toujours été du côté du gouvernement et du peuple afghans pour la sécurité en Afghanistan", a aussi assuré le président iranien.
Répondant à une question d'un journaliste lui demandant de commenter les déclarations de M. Gates, selon lesquelles l'Iran joue un double jeu en Afghanistan, le leader iranien a souri et dit : "La question est plutôt : que faites vous [M. Gates] dans cette région ?" "Vous êtes à 12 000 km de l'autre côté de la planète. […] Que faites-vous ici ? C'est une question sérieuse", a ajouté M. Ahmadinejad. "Vous êtes là pour arrêter les terroristes ? Si vous êtes là pour une autre raison, vous devez avoir le courage de le reconnaître."
L'Iran a réclamé à plusieurs reprises le retrait des forces américaines et étrangères d'Afghanistan, dont la présence selon lui entretient la résistance des talibans.
"Ils (les Iraniens) veulent que le gouvernement afghan soit amical à leur égard mais ils ne veulent pas que nous réussissions", avait estimé pour sa part M. Gates à son arrivée à Kaboul
D'autre part, en juin 2009, M. Gates avait accusé l'Iran de jouer un double jeu en se disant l'ami du gouvernement afghan tout en envoyant des armes aux insurgés qui attaquent les soldats de l'OTAN. Le président iranien accuse les Etats-Unis d'utiliser le terrorisme (et les attentats du 11 septembre) comme "excuse" pour justifier la présence des 121 000 soldats étrangers. "Ils l'ont planifié, leur ont donné de l'argent, leur ont fourni un soutien en renseignements", a déclaré le leader iranien en référence aux talibans et à Al-Qaida (pour rappel, M. Ahmadinejad a mis en doute samedi dernier la véracité des attentats du 11 septembre, arguant que les membres du réseau Al Qaïda étaient bien incapables de mettre sur pied une telle opération et qu'il s'agissait selon lui d'une opération menée par les services de renseignement américain... Théorie du complot quand tu nous tiens...). Dans la matinée, Robert Gates a indiqué que les Etats-Unis souhaitaient que l'Afghanistan ait "de bonnes relations" avec tous ses voisins.
Téhéran et Washington, malgré leur antagonisme, ont le même intérêt à empêcher le retour au pouvoir des talibans, mouvement sunnite hostile aux Occidentaux mais aussi aux chiites iraniens qui a gouverné l'Afghanistan de 1996 à 2001 avant d'être chassé du pouvoir par la coalition militaire internationale créée après les attentats du 11-Septembre.
L'Iran a des relations étroites avec l'Afghanistan, pays voisin. Il accueille notamment plusieurs millions de réfugiés afghans chassés par les conflits incessants qui ont ravagé leur pays depuis 30 ans.

Le ministre iranien de l'intérieur au Qatar : l'Iran a des "moyens de dissuasion"

Le ministre iranien de l'Intérieur, Mostafa Mohammad Najjar (ancien officier supérieur des Pasdarans et ancien ministre de la défense), en visite au Qatar, a affirmé que son pays disposait "d'importants moyens de dissuasion" face aux menaces d'une attaque. "Nous sommes hautement confiants en nos capacités et nos importants moyens de dissuasion", a déclaré le ministre iranien à Doha, où il a signé un accord de sécurité entre l'Iran et le Qatar, l'un des principaux alliés régionaux des Etats-Unis.
"Il n'y a pas de danger qui nous guette. Mais si quelqu'un tente de porter atteinte à notre sécurité nationale, nous riposterons et nous lui ferons regretter son acte", a ajouté ce responsable, dont le pays est engagé dans un bras de fer avec l'Occident pour son programme nucléaire controversé. Israël, qui soupçonne Téhéran de chercher à se doter de l'arme atomique sous couvert de programme civil, ce que la République islamique dément, n'a pas exclu la possibilité de frappes contre les sites iraniens.
L'Iran cherche à renforcer ses relations avec ses voisins arabes du Golfe pour "assurer la sécurité et la stabilité dans la région", a affirmé M. Najjar, indiquant que l'accord de sécurité avec le Qatar s'inscrivait dans cet esprit. L'accord, qu'il a cosigné avec le ministre d'Etat qatari de l'Intérieur, cheikh Abdallah Ben Nasser Al-Thani, prévoit une coopération en matière de sécurité, notamment pour la lutte contre le crime, le trafic de drogue, le blanchiment d'argent et le trafic d'êtres humains ainsi que la protection des frontières

La 53e session de la Commission des stupéfiants de l'ONU présidée par l'Iran

La 53ème session annuelle de la Commission des stupéfiants de l'ONU a commencé ses travaux, lundi, à Vienne, sous la présidence du représentant permanent de la République Islamique d’Iran, Ali Ashgar Soltanieh.

"La drogue est une sorte d'arme de destruction massive, menaçant les fondements de la famille", a insisté l'ambassadeur iranien, qui préside la 53e session de la Commission des stupéfiants, réunie cette semaine à Vienne.
Pour lutter contre le trafic de drogue en Afghanistan, premier producteur d'opium au monde, le diplomate iranien a souligné que "tous les pays impliqués dans la région, directement ou indirectement, doivent travailler ensemble".
Il a aussi annoncé de nouvelles "manœuvres communes" avec le Pakistan et l'Afghanistan pour lutter contre les trafiquants.
Cette conférence examinera jusqu’à vendredi les problèmes liés à la drogue, et en particulier la prolifération de la culture du pavot, la production et le trafic de drogue.
La République Islamique d’Iran a proposé l’avant-texte d'une résolution portant sur le développement des coopérations régionales et d’assistance technique, pour lutter plus efficacement contre le trafic de drogue.
Les ministres et les hauts représentants de plus de 150 pays participent à cette réunion annuelle.
La drogue pourrait générer un "désastre sanitaire" dans les pays du Sud, a averti l'ONU lundi.
"Le Tiers-Monde manque de centres de traitement de la dépendance et les lois antidrogue ne sont pas suffisamment appliquées".
"Ceci semble avoir été oublié par ceux qui appellent dans les pays riches à assouplir le contrôle sur les drogues", a expliqué Antonio Maria Costa, le patron de l'Agence des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC).
Il a souligné que le combat contre les ravages des stupéfiants était "une responsabilité partagée" entre tous les Etats.
"Pourquoi condamnons-nous le Tiers-Monde, déjà ravagé par de si nombreuses tragédies, au néo-colonialisme de la dépendance aux drogues?", a-t-il ajouté.
Si les taux d'addiction restent encore faibles en comparaison avec les chiffres des pays occidentaux, les consommations d'héroïne en Afrique de l'Est, de cocaïne en Afrique de l'Ouest et de drogues synthétiques au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est ont augmenté de manière significative, s'alarme l'agence onusienne.
Le rapport de l'UNODOC, Afghanistan Opium Survey 2009, est consultable sur le site de l'UNODOC.

Echange d'invectives entre l'Iran et les Etats-Unis

Le général Petraeus, chef des forces américaines au Moyen-Orient et en Asie centrale, avait estimé ce dimanche 7 mars que l'Iran était en train de se transformer en "voyoucratie", en voulant réprimer la colère populaire concernant la présidentielle contestée de 2009.
S'élevant contre les allégations offensantes du général Petraeus, chef des forces américaines au Moyen-Orient et en Asie centrale, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, a souligné que "de telles paroles de la part des autorités américaines traduisent leur vif ressentiment et ne revêtent aucune valeur sur le plan diplomatique.".
"Leur colère relève de la marche du 11 février et du soutien du peuple à l'Ordre de la République Islamique d’Iran ou bien à leur échec dans la guerre soft qui nous oppose", a précisé Ramin Mehmanparast.
Ce dernier a encore estimé qu'"un tel langage s’apparentait à un langage de voyou (...) qui traduit une attitude de voyou".
«Les Américains sont furieux des révélations sur le soutien de leurs services secrets aux groupuscules terroristes et à Abdel Malek Rigi » a conclu Ramin Mehmanparast. (Les Gardiens de la révolution sont parvenus à arrêter mardi 23 février Abdel Malek Rigi, chef du mouvement rebelle sunnite Joundallah, accusé par Téhéran d'avoir organisé de nombreux attentats meurtriers dans le pays avec le soutien du Pakistan et des Etats-Unis).
Le président du parlement iranien, Ali Larijani, a répliqué lui aussi au commentaire du général Petraeus estimant que seuls des "voyous" pouvaient utiliser ce genre d'"insulte".
"Le gouvernement meurtrier des Etats-Unis est un gouvernement de voyous qui n’hésitent pas à tuer des milliers de civils irakiens, afghans et palestiniens", a répondu Ali Larijani, lors d'une intervention devant les députés.
"Ce général en bout de course a insulté le gouvernement iranien en le qualifiant de voyoucratie. On peut comprendre pourquoi il a fait ce genre de commentaire en se rappelant que les peuples de la région le haïssent", a-t-il ajouté.

Photo : Le général Petraeus et Ali Larijani.

Manouchehr Mottaki a accusé les Etats-Unis et la Grande-Bretagne d'encourager le terrorisme dans la région

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, a accusé lundi les Etats-Unis et la Grande-Bretagne d'encourager le terrorisme dans la région.
"J'accuse les Etats-Unis et la Grande-Bretagne et leurs forces d’occupation en Afghanistan et au Pakistan d'encourager le terrorisme dans la région", a déclaré le chef de la diplomatie iranienne lors d'une conférence sur la coopération régionale en Asie centrale.
"Les bases étrangères dans la région ne visent pas à instaurer la stabilité et la sécurité mais sont établies au contraire avec un objectif expansionniste et interventionniste", a ajouté Manouchehr Mottaki dans une allusion claire à la présence de troupes d’occupation occidentales, en particulier américaines, en Afghanistan, au Pakistan, en Irak ou dans les monarchies arabes du Golfe persique.
Cette déclaration est à mettre en parallèle avec la visite que le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a entamé lundi en Afghanistan.
L'Iran demande régulièrement le départ des forces occidentales de la région.

Chassé-croisé irano-américain à Kaboul (Marie-France Calle - Le Figaro)

Le secrétaire d'État américain à la Défense rencontrait ce lundi Hamid Karzaï. Le président iranien pourrait lui succéder demain.

En arrivant ce lundi à Kaboul à la première heure, Robert Gates, le secrétaire américain à la Défense, était porteur de trois messages. L'un à l'adresse des troupes de la coalition et afghanes ; le deuxième à l'intention du président afghan, Hamid Karzaï ; le troisième, enfin, s'adressait à Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien. Les deux hommes auraient pu se croiser à Kaboul. Cela n'aurait pas manqué de sel, mais aurait probablement fort embarrassé Hamid Karzaï.
Dimanche, l'agence de presse semi-officielle Mehr, avait annoncé que le président iranien se rendrait en Afghanistan «lundi pour une visite d'une journée à l'invitation de son homologue afghan». Ahmadinejad devait s'entretenir en tête-à-tête avec Karzaï. Et, croyait savoir - ou voulait faire croire - Mehr, cette première rencontre entre les deux présidents depuis leur réélection l'an dernier, avait pour but de développer les relations bilatérales entre les deux pays. Surtout, les deux chefs d'État devaient discuter «des solutions visant à régler le problème afghan». L'Iran et l'Afghanistan ont une longue frontière commune. Et bien des affinités, culturelles et historiques.
Mais ce lundi, point d'Ahmadinejad à Kaboul. Dans la soirée, alors que tout le monde attendait des précisions sur le déroulement du voyage, un porte-parole de la présidence à Téhéran démentait qu'une visite ait été programmée. De fait, elle pourrait avoir lieu demain. Mais cette fois, aucune information n'a filtré, ni à Kaboul ni à Téhéran. Robert Gates et Mahmoud Ahmadinejad n'ont pas eu besoin de se croiser pour faire la preuve de la détérioration grandissante des relations entre Téhéran et Washington. L'Afghanistan est une pomme de discorde supplémentaire. Et pas des moindres.

«Double jeu»

Ce lundi , Robert Gates a accusé l'Iran de se livrer à un «double jeu» en Afghanistan. Courtisant, d'un côté, le gouvernement de Kaboul, tout en sapant les efforts des États-Unis et de l'Otan en prêtant main-forte aux talibans, a-t-il dit. «Bien qu'ils (les Iraniens) fournissent des moyens financiers ou un soutien, même de faible intensité (aux insurgés), ils savent que s'ils deviennent plus agressifs, notre réaction sera au-delà de ce qu'ils peuvent imaginer», a déclaré Gates. Jamais menace n'avait été aussi précise. À Washington, le Pentagone s'est empressé d'étouffer l'incendie en déclarant que ces propos ne visaient que d'éventuelles réactions américaines aux agissements iraniens en Afghanistan. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, n'a pas été en reste. «J'accuse les États-Unis et la Grande-Bretagne et leurs forces en Afghanistan et au Pakistan d'encourager le terrorisme dans la région», a-t-il lancé de Téhéran.
En fait, l'Iran a toujours été hostile aux talibans. Bien avant le 11 septembre 2001. Téhéran n'a jamais oublié qu'en août 1998, dix diplomates en poste au consulat iranien à Mazar-e-Charif (nord de l'Afghanistan) et un journaliste iranien ont été sauvagement tués par les talibans qui venaient de s'emparer de la ville. Sunnites, les talibans faisaient alors la chasse à la minorité chiite hazara en Afghanistan, et des milliers d'Hazaras ont été massacrés ce jour-là dans la région de Mazar-e-Charif. Mais l'Iran demande aussi avec insistance le retrait des troupes de l'Otan d'Afghanistan. Et Washington est persuadé que, depuis plusieurs années, l'Iran arme et entraîne des insurgés. Enfin, comme le souligne Paul Rogers, professeur en sciences politiques à l'université de Bradford en Grande-Bretagne, «beaucoup de réfugiés afghans, qui ont passé plusieurs années en Iran, ont conservé des liens étroits avec les talibans. Une fois rentrés en Afghanistan, un grand nombre d'entre eux ont choisi ou se sont laissé convaincre de rejoindre les rangs des insurgés».

«Nous avons des temps difficiles devant nous»

Le message de Robert Gates à ses troupes était clair, lui aussi : le plus dur est à venir. «Sans aucun doute, il y a une évolution positive, mais je dirais qu'il est encore trop tôt pour se prononcer», a mis en garde le chef du Pentagone. Ajoutant : «Je crains que les gens ne deviennent trop impatients et croient que la situation est meilleure qu'elle ne l'est. Nous avons des temps difficiles devant nous.» Les troupes de la coalition et les forces afghanes devraient lancer cet été une offensive à Kandahar, le bastion traditionnel des talibans. Ce sera l'heure de vérité, jugent les analystes.
Enfin, Gates devait faire avec Karzaï le point sur le processus de réconciliation avec les talibans. Le président afghan a prévu une grande réunion au printemps à cet effet. Mais avec quels talibans ? Il ne l'a pas encore spécifié.

mercredi 10 mars 2010

La doctrine défensive iranienne ou quand le développement balistique s'inscrit dans la logique de conflits asymétriques

L'Iran a lancé ce dimanche 7 mars la production d'un nouveau missile antinavires à courte portée, baptisé Nasr-1 (victoire) capable de "détruire des cibles de 3 000 tonnes", a indiqué le ministre de la défense iranien Ahmad Vahidi. Téhéran, menacé de nouvelles sanctions internationales mais également de frappes militaires israéliennes contre son programme nucléaire, a multiplié ces dernières semaines les annonces sur la mise au point et la fabrication de nouveaux missiles.
M. Vahidi a inauguré début février, à l'occasion du 31e anniversaire de la Révolution, les sites de productions d'un missile sol-air anti-hélicoptères baptisé Qaem et d'un missile antichar à "double tête" baptisé Toufan. Téhéran a également affirmé avoir mis au point un missile sol-air capable de détruire les hélicoptères d'attaque américains Apache, ainsi qu'un système anti-missile présenté comme offrant les mêmes performances que le système russe S-300, acheté par Téhéran mais dont Moscou retarde la livraison depuis plusieurs mois.
Ces annonces interviennent alors que les Etats-Unis ont renforcé ces dernières semaines leur arsenal antimissiles dans le Golfe afin de parer à une éventuelle attaque iranienne, suscitant de vives critiques à Téhéran. L'Iran a également confirmé ses capacités balistiques, qui inquiètent elles aussi la communauté internationale, en lançant début février une fusée Kavoshgar-3 qui a largué une capsule "expérimentale" transportant des animaux vivants. En décembre, Téhéran avait procédé à un tir d'une "version améliorée" de son missile à moyenne portée Sejil-2, capable selon les dirigeants iraniens d'atteindre Israël mais également les principaux voisins de l'Iran.
Les Etats-Unis et surtout Israël, menacé régulièrement de destruction par Téhéran, n'ont jamais exclu des frappes contre l'Iran pour mettre un frein aux programmes nucléaires et balistiques iraniens.
L'hypothèse d'une action militaire contre les sites nucléaires iraniens a été à nouveau évoquée début février par le ministre israélien des Affaires stratégiques Moshé Yaalon.
La défense iranienne souffrant d'un retard qualitatif conséquent par rapport aux autres puissances du Golfe et à l'armée des Etats-Unis, le développement de capacités balistiques endogènes répond à un besoin dissuasif dans une logique du faible au fort dans le cadre de conflits asymétriques. L'avantage de l'ingénierie balistique réside dans le fait que les missiles, qu'ils soient sol-sol, sol-mer ou sol-air comme c'est essentiellement le cas en Iran, présentent de faibles coûts de production et permettent donc de palier à moindre frais aux manquements de la force aérienne iranienne. Les missiles ne nécessitent pas d'entretien, pas de pièces de rechange et ils sont facilement et rapidement productibles une fois la technologie adéquate maîtrisée. L'effet psychologie de la maîtrise balistique est également important et induit une image de puissance auprès des Etats tiers. De plus, les missiles balistiques sol-sol de moyenne et longue portée permettent à l'Iran de combler le retard qualitatif de son appareil de défense dans la mesure où ils peuvent potentiellement être équipés de charges chimiques, biologiques et le cas échéant, nuclaire.
A titre d'exemple, rappelons que la dissuasion iranienne passe inévitablement par le détroit d'Ormuz : la république islamique a ainsi cherché depuis des années (depuis la fin de la guerre avec l'Irak) à consolider sa capacité de nuisance sur le transit maritime régional dont la fluidité répond aux intérêts stratégiques de Washington... La maîtrise des îles de la petite Tomb, de la Grande Tomb, de Qeshm et d'Abbou Moussa fournit à l'Iran un point d'ancrage important dans sa volonté de développer une capacité de nuisance potentielle sur le transit pétrolier dans le Golfe. Dans un monde industrialisé où croissance économique va encore principalement de pair avec consommation énergétique, le pétrole apparaît désormais comme la richesse du monde. Et comme le remarquait déjà W. Raleigh à la fin du 16ème siècle : "Qui tient la mer, tient le commerce du monde, tient la richesse du monde : qui tient la richesse du monde tient le monde lui-même". Or aujourd'hui, bien que l'Iran ne tienne bien sur pas la mer du monde, il possède néanmoins la capacité d'en contrôler (il faut bien réaliser que même un contrôle limité dans le temps et partiel aurait des répercussions lourdes sur l'approvisionnement pétrolier mondial) l'un des principaux Choke Point.

Le gouvernement américain aurait investi plus de 107 milliards de dollars dans des entreprises ayant des intérêts en Iran

Selon un article paru dans The International Herald Tribune, le gouvernement américain aurait alloué sur une période de 9 ans plus de 107 milliards de dollars à des multinationales ayant des activités économiques en Iran.
Sur ces 107 milliards, 15 milliards auraient été payés à des entreprises ayant enfreint les sanctions économiques visant le régime de Téhéran (dont la Loi d'Amato).
Sur les 74 entreprises que le journal a identifiées comme faisant à la fois des affaires avec Washington et Téhéran, 49 continuent de travailler en Iran et n'ont pas manifesté leur intention d'interrompre leurs activités.
Parmi les entreprises cités, 12 sont américaines, dont les deux premières bénéficiaires sont Halliburton, où l'ancien vice-président Dick Cheney a occupé d'importantes fonctions, et Honeywell. "Plus des deux tiers de l'argent public (américain) sont allés à des sociétés actives dans le secteur de l'énergie", écrit le quotidien. Alcatel-Lucent, Alstom, Arcelor-Mittal, BNP Paribas, Nissan, Schlumberger, Schneider Electric, Société générale et Total sont également citées. Cette dernière est jugée faire partie des 15 sociétés soupçonnées d'agir "potentiellement en violation de la loi sur les sanctions contre l'Iran" (Iran Sanctions Act, votée en 1996, visant les investissements dans le secteur pétrolier). Total a bénéficié sur la période étudiée de 1,1 milliard de contrats publics américains.
La liste des entreprises incriminées et des montant qui leur auraient été alloués est consultable ici.

11 septembre : un gros mensonge selon Ahmadinejad

 "Le 11 septembre a été un gros mensonge qui a ouvert la voie à l'invasion de l'Afghanistan, sous le prétexte du combat contre le terrorisme", a déclaré le président iranien.
Mahmoud Ahmadinejad a qualifié samedi 6 mars les attentats du 11 septembre 2001 de "gros mensonge" ayant servi de prétexte à l'invasion de l'Afghanistan, selon les médias d'Etat iraniens. "Le 11 septembre a été un gros mensonge qui a ouvert la voie à l'invasion de l'Afghanistan, sous le prétexte du combat contre le terrorisme".
M. Ahmadinejad a souvent remis en cause le fait que des membres d'Al-Qaïda aient perpétré les attaques du 11 septembre 2001, qui avaient fait près de 3.000 morts.
Le président de la République islamique a également affirmé que les attaques aériennes contre les tours jumelles du World Trade Center étaient un "scénario et une action complexe des renseignements".
Ces propos interviennent alors que les Etats-Unis font pression sur leurs partenaires au Conseil de sécurité de l'ONU pour que celui-ci adopte de nouvelles sanctions contre le programme nucléaire iranien.
Washington accuse Téhéran de chercher à acquérir l'arme atomique sous couvert d'activités nucléaires civiles, ce que l'Iran a toujours démenti.

Le retour de l'Irak va modifier le jeu pétrolier (Jean-Michel Bezat)

Voici un article intéressant, d'actualité étant donné le contexte des élections législatives irakiennes, rédigé par Jean-Michel Bezat du journal Le Monde :

Les vieux Irakiens se souviennent encore avec émotion et nostalgie du glorieux passé de leur pays, quand l'Irak était une puissance pétrolière. Ils se rappellent notamment que c'est à Bagdad que fut créée, en 1960, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Depuis, l'invasion de l'Iran en 1980, puis celle du Koweït, en août 1990, ont entraîné un effondrement de la production d'hydrocarbures et le déclin de l'influence politique du pays.
Les dirigeants de la coalition au pouvoir - le premier ministre Nouri Al-Maliki en tête - veulent être reconduits à l'issue des élections législatives du 7 mars. Ils ont réveillé ce rêve d'or noir en faisant miroiter écoles, hôpitaux, électricité, eau potable et routes à un peuple qui a toujours été privé de la rente pétrolière. Cela implique une forte relance de la production, tombée de 3,5 millions de barils par jour à la veille de la guerre Iran-Irak à 2,4 millions aujourd'hui.
Bagdad vient d'obtenir un résultat aussi symbolique qu'encourageant. Les exportations quotidiennes de brut ont atteint 2,069 millions de barils en février. "C'est leur plus haut niveau depuis 1990", a souligné Assem Jihad, le porte-parole du ministère du pétrole. Mais c'est encore bien modeste pour un pays qui détient les troisièmes réserves de la planète (au moins 115 milliards de barils).
En 2009, l'Irak a annoncé une relance de la production. Impossible sans l'aide technologique et financière de compagnies occidentales, russes et asiatiques interdites de territoire depuis trente ans. Le gouvernement leur a entrouvert la porte pour accélérer l'extraction du brut de dix champs pétrolifères parmi les plus importants. Onze autres seront ultérieurement mis aux enchères.

"Nationalisme pétrolier"

Mais les autorités ne pouvaient donner le sentiment à la population, animée d'un fort "nationalisme pétrolier", d'aliéner des ressources assurant 85 % des recettes de l'Etat. L'ouverture du marché s'est donc faite à des conditions peu favorables aux étrangers. BP, Shell, Lukoil, Petronas ou CNPC ont pris des engagements exorbitants pour accroître la production dans des délais très courts. Ils toucheront moins de 2 dollars par baril, alors que son prix oscille autour de 80 dollars.
M. Al-Maliki a fait un autre geste en direction de l'opinion et des majors : il a annoncé l'adhésion de l'Irak à l'Initiative de transparence des industries extractives, qui imposera à Bagdad de publier les revenus des hydrocarbures et aux sociétés pétrolières de préciser ce qu'elles ont versé à l'Etat (taxes...). L'Irak, gangrené par la corruption, a deux ans pour faire ses preuves.
L'objectif fixé par le ministre du pétrole, Hussein Al-Chahristani, est ambitieux : 10 voire 12 millions de barils par jour d'ici à 2020, ce qui hisserait l'Irak au niveau de l'Arabie saoudite. Le patron du groupe britannique BP l'a jugé réalisable. Après avoir gagné en juin 2009 les enchères pour l'exploitation du champ géant de Roumaïla et ses 12 milliards de barils, Tony Hayward pouvait-il contrarier les folles espérances irakiennes ?

Menaces externes

Christophe de Margerie, directeur général de Total, est plus circonspect. Et pour Khaled Al-Falih, le PDG de Saudi Aramco, 4 à 5 millions de barils par jour en 2015 seraient déjà un excellent résultat. Car l'Irak devra surmonter de sérieux obstacles : vétusté des infrastructures, faible capacité des oléoducs d'exportation, manque de main-d'oeuvre qualifiée, absence de loi pétrolière, insécurité.
Ces difficultés internes se doublent de menaces externes. L'Arabie saoudite et l'Iran, ses deux voisins, scrutent avec inquiétude la montée en puissance du seul membre de l'OPEP non soumis à un quota de production. Bagdad ne veut pas ouvrir de négociations avec le cartel avant 2011, mais M. Al-Chahristani a revendiqué un quota équivalent à celui des Saoudiens au motif que son pays a sous-produit durant trois décennies. Jusqu'en 1991, son quota était de 3 millions. Or, ni Riyad, ni Téhéran n'accepteront que l'Irak produisent 10 millions de barils par jour, ce qui entraînerait une baisse des prix.
A la fin de la guerre Iran-Irak, un accord non écrit prévoyait une parité de production entre les deux pays, qui ont sensiblement les mêmes réserves. "L'Iran s'opposera bec et ongles à ce que son voisin ait un quota supérieur au sien", note Olivier Appert, président de l'Institut français du pétrole.
La République islamique est handicapée par les sanctions des Nations unies liées à son programme nucléaire. Le manque d'investissement fait stagner sa production. Et elle voit se profiler avec l'Irak ce qui s'est produit avec le Qatar, devenu le premier exportateur de gaz naturel liquéfié alors qu'elle ne peut valoriser ses énormes réserves gazières. La Chine - très présente lors des enchères en Irak - pourrait aussi se détourner de l'Iran, où le brut est plus coûteux à extraire. Dans ce contexte, ce n'est peut-être pas un hasard si, en décembre-janvier, des soldats iraniens ont occupé Fakka, un gisement frontalier que Téhéran dispute à Bagdad.