mardi 26 janvier 2010

Vous avez dit Golfe ?

La dénomination du Golfe a toujours été un sujet de discorde entre l'Iran et ses voisins arabes. Les vocables utilisés par chacun reflètent les rivalités géopolitiques pour le leadership régional, lequel est aujourd'hui disputé entre l'Arabie saoudite et la république islamique : Golfe Arabique pour les uns, Golfe Persique pour les autres, ou encore Golfe Arabo-persique pour l' observateur désireux de rester "neutre". Les communiqués officiels sur ce sujet fusent régulièrement à Ryad comme à Téhéran. On ne dénombre plus les interventions du ministère iranien des affaires étrangères qui rappelle que "Le Golfe est persique et restera toujours persique.". Faut-il encore préciser que le Golfe Arabo-persique débouche sur le Golfe d'Oman via le détroit d'Ormuz par lequel transite (chiffre de 2007) environ 47% du pétrole exporté dans le monde ? C'est dire si cette rivalité des dénominations marque en fait une lutte d'influence dans l'une des régions les plus stratégiques au monde. L'anecdote qui suit illustre parfaitement ce sujet qui fâche et démontre avec brio le débordement que peut avoir la politique sur le monde du sport.
La Fédération de la solidarité islamique (ISF), basée en Arabie saoudite, a en effet annulé ce dimanche 17 janvier les Jeux islamiques prévus en avril 2010 en Iran. A l'origine de cette annulation se trouve l'utilisation de l'expression "Golfe Persique" par Téhéran dans le cadre de cette compétition, notamment sur les médailles. Cette initiative unilatérale a considérablement crispé le président du comité olympique saoudien, le Prince Sultan ben Fahd. Suite à une réunion d'urgence de l'ISF, la décision a été prise d'annuler les Jeux islamiques, sous prétexte que l'Iran n'a pas respecté l'esprit de la solidarité islamique. Pas moins de 38 nations avaient fait part de leur intention de participer à la compétition, et une invitation avait été lancée au président du Comité international olympique (CIO), Jacques Rogge. Les premiers Jeux islamiques avaient eu lieu en 2005 à Jeddah (Arabie saoudite). L'édition iranienne, initialement prévue en octobre 2009, avait été reportée à avril en raison des craintes de propagation de la grippe A et du contentieux déjà existant sur le recours à l'expression "Golfe Persique".

lundi 25 janvier 2010

L'Iran et l'illusion du poids diplomatique

La république islamique est régulièrement assimilée à son isolement diplomatique au travers de la presse occidentale. Oui, il est vrai que l'Iran est isolé diplomatiquement, du moins vis-à-vis des puissances majeures de l'arène internationale. La Chine fait cependant figure d'exception. Sans parler d'alliance, terme qui serait de très loin exagéré, l'on peut sans aucune crainte affirmer qu'il existe aujourd'hui une convergence d'intérêts qui surpasse les idéologies antagonistes (régime communiste et théocratie) pour arriver à un partenariat privilégié et stratégique. La Russie, bien qu'elle entretienne certains rapports sectoriels étroits avec Téhéran (la construction de la centrale de Busher en constitue la preuve la plus évidente), se méfie du régime des Mollahs et semble aujourd'hui de plus en plus s'aligner sur les positions occidentales. Il apparaît d'ailleurs désormais que les Occidentaux sont aujourd'hui "bien heureux" de l'implication russe dans le programme nucléaire iranien, histoire d'avoir quand même quelqu'un dans la place. Mais soit... Téhéran est aujourd'hui (mis à part l'exception chinoise) diplomatiquement isolé des grands acteurs de ce monde, ce qui est paradoxal pour Etat revendiquant haut et fort son statut de puissance régionale. Et de fait, il est flagrant de constater à quel point les officiels iraniens tentent bon gré mal gré d'exister au travers de relations diplomatiques "secondaires". A cette fin, le continent africain représente une pièce de choix dans la stratégie iranienne et les visites d'officiels prennent toujours une place importante dans les annonces de la presse fidèle au régime. Il faut montrer au peuple que l'Iran est puissant et qu'il n'est pas isolé, tel est l'objectif. L'Iran se pose ici en frère compatissant, en Etat n'ayant jamais colonisé, et va même jusqu'à rappeler qu'à l'aube de sa déliquescence, l'empire Perse a suscité lui aussi l'appétit des puissances du 19ème et 20ème siècle. Bref, les officiels iraniens recherchent l'analogie historique afin de susciter la sympathie. L'effet psychologique est important et il est bilatéral. Il en va de même avec les Etats de l'Amérique du Sud. Dans les deux cas, la fréquence des visites diplomatiques parle d'elle même. Ainsi, en l'espace d'une semaine, le Guide suprême a rencontré le président Guyanais, Mahmoud Ahmadinejad s'est entretenu avec son homologue mauritanien et Ali Larijani, le président du Majlis (le parlement iranien), s'est entretenu avec son homologue sud-africain... Toutes ces rencontrent ont été bien évidemment allègrement relayées par les médias officiels iraniens comme des grandes réussites diplomatiques qui démontrent le leadership de la république islamique dans la lutte contre le néo-impérialisme occidental et l'échec des "puissances de l'arrogance" à isoler le régime des Mollahs. Mais en attendant, le peuple iranien ne tirerait-il pas plus grand bénéfice d'un rapprochement diplomatique et commercial avec Paris (comme sous la présidence de M. Khatami) plutôt qu'avec Khartoum ou La Paz ?

jeudi 21 janvier 2010

Vincent Eiffling : Conférence à l'Institut Européen des Relations Internationales

Dans le cadre des conférences de l’Academia Diplomatica Europaea (ADE) organisées par l'Institut Européen des Relations Internationales (IERI), j'aurai l'honneur d'intervenir ce mardi 26 janvier sur le thème :

L'Iran et la légitimité du pouvoir. À la recherche de stabilité et d'un rôle régional.

Cette conférence se tiendra au Conseil Central de l'Economie, Avenue de la Joyeuse Entrée, 17- 21, 1040 Bruxelles.

Pour de plus amples informations :

http://www.ieri.be/fr/ade/program/ade7/module1/seance12

samedi 16 janvier 2010

Pétrole: l'Iran prêt à entrer à la bourse pétrolière de Saint-Pétersbourg (Rianovosti)

Le vice-ministre iranien du Pétrole Hossein Nogrekar-Shirazi a annoncé l'intention de son pays de prendre part aux opérations de la bourse pétrolière de Saint-Pétersbourg, a indiqué vendredi un communiqué du ministère russe de l'Energie."Nous sommes prêts à coopérer avec la bourse pétrolière de Saint-Pétersbourg. La Russie et l'Iran produisent conjointement 15 millions de barils de pétrole par jour. Avec les autres pays amis, ce volume pourrait atteindre 50 millions", a déclaré jeudi M.Nogrekar-Shirazi lors de la réunion de clôture du groupe de travail russo-iranien pour la coopération dans le pétrole, le gaz et la pétrochimie.D'après le communiqué, les réunions du groupe se sont déroulées à Moscou avec la participation du ministre russe de l'Energie Sergueï Chmatko et de représentants des plus grandes compagnies pétrolières russes et iraniennes. Les échanges de vues ont porté, entre autres, sur les technologies russes de raffinage de pétrole, de prospection maritime et d'inspection des puits.Les deux parties envisagent de concrétiser prochainement les projets à inclure dans la "feuille de route" de la coopération énergétique bilatérale.La bourse pétrolière de Saint-Pétersbourg a été fondée en juin 2008 par les principales sociétés d'hydrocarbures russes, dont Rosneft, Zarubezhneft, Transnefteprodukt et Gazpromneft, avec le concours des plus grandes banques russes: Sberbank, Gazprombank et VTB.

vendredi 15 janvier 2010

Iran : du nucléaire ? Mais pourquoi faire ?

Le débat sur la question nucléaire iranienne tourne aujourd'hui presque exclusivement autour des questions sécuritaires, la question juridique étant pour sa part rendue éminemment complexe suite à l'interprétation large que permet le droit international. Cependant, il n'est pas inutile de revenir aux bases de l'argumentaire iranien en faveur d'un programme nucléaire civil. Cet argumentaire ne manque en effet pas de rationalité et de bon sens, ce qui réduit bien évidemment la marge de manœuvre occidentale dans la mesure où les revendications iraniennes paraissent légitimes et logiques. Il ne s’agit pas ici de porter un quelconque jugement sur les aspects clandestins ou sur les aspects supposés militaires du programme iranien, mais bien d'en restituer la substance de base qui constitue le fondement du discours politique des Mollahs sur cette question des plus crisogènes. Pourquoi un Etat possédant les 4èmes réserves mondiales de pétrole et les deuxièmes réserves mondiales de gaz naturel aurait-il besoin d'un programme nucléaire civil ? Et bien il s'avère que le raisonnement iranien, basé sur la situation énergétique et économique actuelle du pays, tient en réalité fort bien la route...
Actuellement, pas moins de 40% de la production iranienne en hydrocarbure est destinée au marché intérieur et la production d’électricité en dépend à 93%. L’Iran est outre devenu importateur de pétrole raffiné suite à ses manquements infrastructurels. Le Financial Times a ainsi révélé, le 23 septembre, que l’Iran importait de Chine entre 30 000 et 40 000 barils de pétrole raffiné par jour ! Aujourd’hui, les exportations d’hydrocarbures représentent plus de 60% des recettes et environ 30% du budget de l’Etat alors que la demande intérieure en énergie à quant à elle augmenté de 8 à 10% par an au cours de la dernière décennie. Cette situation a d’ailleurs poussé l’Iran à devenir un pays importateur d’électricité comme en témoigne l’accord « gaz contre électricité » signé avec l’Arménie courant 2004. Ce dernier a abouti à la construction d’un gazoduc reliant les deux pays, les premières livraisons de gaz ayant commencé en mai 2009. Cet accord a notamment permis à l’Iran de s’immiscer dans le marché arménien qui était jusque là monopolisé parla Russie au travers de la société Arm Rosgazprom, filiale détenue à 80 % par le géant gazier russe Gazprom et à 20 % par le ministère arménien de l’Energie et des Ressources naturelles. La situation actuelles pourrait mener selon certains analystes à la fin des exportations iraniennes en pétrole aux alentours de 2014-2015 si aucun investissement significatif ne vient augmenter la capacité de production (voir à ce sujet : Stern R., "The Iranian petroleum crisis and United States national security", in PNAS, 2 janvier 2007, vol. 104, n°1, p. 377-382, http://www.pnas.org/cgi/doi/10.1073/pnas.0603903104).
A la vue des faits, il saute aux yeux que l'Iran a besoin de ménager ses réserves en hydrocarbures et que la diversification des sources d'approvisionnement domestique constitue une démarche rationnelle pour un Etat soucieux de garantir sa sécurité énergétique et sa survie économique. Pour Téhéran, la question nucléaire est donc - officiellement - strictement cantonnée à son aspect énergétique.
Les questions sécuritaires peuvent quant à elles susciter diverses interprétations dans la mesure où elles se doivent d'être considérées au travers des différents prismes cognitifs des acteurs impliqués. Mais ces développements là, ça sera pour une autre fois :-).

mardi 12 janvier 2010

Iran : attentat à Téhéran sur un universitaire attaché au programme nucléaire

N'ayant pas le temps pour le moment d'écrire un article sur ce sujet, ni d'en effectuer une analyse, je reprends telle quelle une dépêche de l'AFP concernant les faits. Dans les semaines à venir, j'écrirai une note sur les défections de plusieurs chercheurs iraniens attachés au programme nucléaire de Téhéran.
Selon AFP :
Un scientifique nucléaire iranien de renom a été tué mardi dans un attentat attribué par l'Iran à Israël et aux Etats-Unis, au moment où Téhéran est sous pression de la communauté internationale pour sa politique nucléaire.Massoud Ali Mohammadi, 50 ans, professeur de physique nucléaire à l'université de Téhéran, a été tué dans la matinée par l'explosion commandée à distance d'une moto piégée alors qu'il quittait son domicile à Téhéran."Les premiers éléments de l'enquête montrent des signes de l'action maléfique du triangle +Etats-Unis, régime sioniste et leurs mercenaires+", a accusé le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes, Ramin Mehmanparast."Ces actions terroristes et l'élimination de savants nucléaires du pays n'empêcheront certainement pas le programme nucléaire de l'Iran mais vont l'accélérer bien au contraire", a-t-il ajouté."Les accusations d'implication des Etats-Unis sont absurdes", a répondu Mark Toner, un porte-parole de la diplomatie américaine à Washington, repris ensuite mot pour mot par le porte-parole adjoint de la Maison Blanche.Selon le procureur de Téhéran, une enquête a été ouverte et "pour le moment aucun suspect n'a été arrêté".L'Iran est menacé de nouvelles sanctions internationales pour son programme nucléaire, dont les Occidentaux craignent qu'il ne vise à le doter de l'arme atomique en dépit des dénégations iraniennes répétées.A New York, un diplomate a annoncé la tenue samedi d'une réunion des directeurs politiques du groupe des six (Etats-Unis, Russie, Chine, Allemagne, Royaume-Uni, France) chargés du dossier du nucléaire iranien, à la mission de l'Union européenne à l'ONU pour évoquer d'éventuelles nouvelles sanctions.Téhéran a accusé en décembre les Etats-Unis et Israël d'avoir enlevé un autre physicien nucléaire, Shahram Amiri, disparu en mai 2009 en Arabie saoudite. Washington avait alors refusé de commenter cette accusation."D'un côté, le gouvernement américain enlève des Iraniens dans des pays tiers pour les transférer aux Etats-Unis et de l'autre leurs agents vendus en Iran assassinent un citoyen érudit", a indiqué le gouvernement iranien dans un communiqué cité par l'agence Fars."Les services de renseignements et de sécurité essaieront d'identifier et d'arrêter les responsables de ce crime et de montrer au grand jour leurs soutiens étrangers", a-t-il ajouté.M. Mohammadi était spécialiste en physique des particules, selon l'un de ses étudiants. Il avait travaillé avec le Corps de Gardiens de la Révolution (Pasdaran), fer de lance des forces armées iraniennes, lors de la guerre contre l'Irak (1980-88) et jusqu'en 2003.Il continuait à enseigner à l'université Imam Hossein des Pasdaran à Téhéran, a précisé un communiqué du Bassidj, la milice islamique qui relève des Pasdaran, le présentant comme "un professeur bassidji", ou membre de la milice.M. Mohammadi figurait à ce titre sur une "liste des personnes faisant l'objet de sanctions de la part des instances internationales" pour leur rôle dans la politique nucléaire, a dit l'association des étudiants du bassidj de l'université de Téhéran dans un communiqué.De son côté, la télévision officielle iranienne en arabe Al-Alam a avancé que l'attentat pourrait "avoir été commis par les +hypocrites+ (l'Organisation des Moudjahidine du peuple, ndlr)", éventuellement après avoir été "planifié par le régime sioniste". A Paris, ce groupe d'opposition a démenti.Néanmoins plusieurs sites d'opposition ont affirmé que le scientifique avait, lors de la présidentielle de juin, signé une pétition d'universitaires en faveur de Mir Hossein Moussavi, rival malheureux du président Mahmoud Ahmadinejad dont il est devenu le principal opposant.

Les clivages internes au clan conservateur illustrent la césure de la classe politique iranienne

Un proche d'Ahmadinejad, ex-procureur de Téhéran, est accusé dans un rapport de la mort de plusieurs manifestants arrêtés en juillet.
Ce rapport issu d'une enquête parlementaire est sans appel. Présenté dimanche 10 janvier aux députés iraniens, majoritairement conservateurs, il accuse, preuves à l'appui, Saïd Mortazavi, l'ancien procureur de Téhéran, un fondamentaliste proche du président Ahmadinejad, d'être responsable de la mort sous la torture de trois manifestants antigouvernementaux
dans la prison de Karhizak, à la périphérie de Téhéran. «Bien que Mortazavi ait maintenu qu'Amir Javadifar, Mohsen Ruholamini et Mohammad Kamrani soient morts d'une méningite, des examens postmortem prouvent qu'ils sont décédés à la suite de mauvais traitements», précise le document.
L'affaire est explosive à double titre. D'abord, elle confirme la violence
de la répression des manifestations postélectorales. Ensuite, elle illustre les dissensions croissantes au sein du clan conservateur iranien, notamment à propos des méthodes utilisées pour museler les opposants. Aujourd'hui, le véritable rapport de force se joue du côté des fondamentalistes, entre les partisans d'un système autoritaire et répressif et ceux qui dénoncent la violence.
Désemparés par la détermination des protestataires qui manifestent leur colère depuis plus de six mois, certains ultras du régime brandissent, plus que jamais, l'arme de la force. «Nous punirons les fauteurs de troubles comme ils le méritent», déclarait récemment Sadegh Larijani, le chef du pouvoir judiciaire, en référence aux rassemblements antigouvernementaux de l'Ashoura, le 27 décembre dernier. Quelques jours plus tard, le quotidien ultraconservateur Keyhan publiait en une la photo de partisans du régime appelant à «pendre les perturbateurs». Un appel relayé, lors de la grande prière du vendredi, par plusieurs ayatollahs ultraconservateurs.
Mais ces méthodes sont loin de faire l'unanimité. Pire : elles s'avèrent contre-productives. Loin de faire taire les opposants - tentés, eux aussi, par une radicalisation -, elles renforcent les fractures au sein de la mouvance fondamentaliste, certains se disant soucieux des «dérives» du régime.
«Les deux côtés sombrent dans l'extrémisme. Jusqu'à quand et jusqu'où cette situation peut perdurer ?», s'alarmait dernièrement le quotidien pro-gouvernemental Jomhouri Eslami, en appelant à une «réconciliation nationale». La troisième chaîne de la télévision d'État vient, pour sa part, d'initier une série de débats où d'importantes figures conservatrices critiquent ouvertement la répression. Ces prises de position font écho à celle de Mohsen Rezaï, ex-chef des gardiens de la révolution, qui, la semaine dernière, insistait sur la nécessité de trouver un compromis. À la tête de Motalefeh, un parti fondamentaliste influent chez les commerçants du bazar, Assadolah Askaroladi est également sorti de sa réserve en suggérant que le pays «se retrouve autour du guide suprême Ali Khamenei pour élaborer des solutions».
Le message a-t-il été entendu ? Lors d'un discours, samedi, Khamenei a appelé les autorités à faire «leur devoir contre les corrompus et les émeutiers», tout en mettant en garde ses partisans contre des dérapages. «Tout doit se dérouler dans le cadre de la loi», a-t-il prévenu. Les observateurs de l'Iran y voient un avertissement adressé directement aux bassijis, les miliciens islamistes, et leurs acolytes, les gardiens de la révolution, principaux maîtres d'œuvre de la répression, dont les responsabilités accrues défient aujourd'hui celles du guide suprême en personne.
La déclaration quasi concomitante ce week-end du chef de la milice, Mohammad Reza Naghi, donne le ton de cette bataille qui se joue au sommet du pouvoir. «Nos gens attendent des services de renseignement et des organes sécuritaires et judiciaire qu'ils agissent (contre les opposants). S'ils sentent que ces devoirs ne sont pas tenus, ils s'en chargeront eux-mêmes.»

lundi 11 janvier 2010

Vive réaction iranienne après l'interview sur CNN du général Petraeus

Le porte parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ramin Mehman-Parast, a dénoncé les déclarations "irréfléchies et irresponsables" du commandant des forces américaines en Irak et en Afghanistan, David Petraeus, qui a évoqué la possibilité de bombardement des installations nucléaires iraniennes.
"Ces propos sont irréfléchis et irresponsables il vaudrait mieux que toute déclaration à ce sujet s'inscrive dans un cadre constructif", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.
"Il serait complètement irresponsable que le commandement de l'armée américaine en charge de la région n'ait pas conçu des plans pour répondre à une grande variété de situations", a déclaré le général Petraeus lors d'une interview dimanche sur la chaîne CNN.
Par ailleurs, Ramin Mehman-Parast a répété que l'Iran était toujours prêt "à un échange par étapes" de son uranium faiblement enrichi contre du combustible pour son réacteur de Téhéran.

dimanche 10 janvier 2010

Un raid sur l'Iran "déstabiliserait" la région selon l'Amiral Mike Mullen

L'amiral Mike Mullen, l'actuel chef d'état-major de l'armée américaine a estimé qu'une attaque contre l'Iran aurait une issue "déstabilisante".
Cité par Radio Chine Internationale, l’amiral Mike Mullen a affirmé que toute intervention militaire contre l'Iran risquait de déstabiliser toute la région.
Dans son bilan annuel des priorités militaires du pays, l'amiral avait déjà fait savoir que l'usage de la force contre l'Iran aurait à son avis un effet limité.
"Je reste convaincu que les moyens politiques sont les plus sûrs pour obtenir la sécurité régionale et que la force militaire aurait des résultats limités", écrit Mike Mullen.
Ces déclarations rejoignent les propos tenus par R. Gates il y a quelques semaines sur ABC où le secrétaire d'Etat à la défense avait fait savoir que des frappes militaires contre l'Iran n'auraient que des effets limités, retardant le programme nucléaire iranien que de un à trois ans.
Cependant, les Etats-Unis ont mis au point des plans militaires concernant les installations nucléaires iraniennes, dont des "bombardements", a indiqué le commandant des forces américaines en Irak et en Afghanistan, David Petraeus. "Il serait complètement irresponsable que le Centcom (le commandement de l'armée américaine en charge de la région) n'ait pas envisagé plusieurs scénarii et conçu des plans pour répondre à une grande variété de situations", a déclaré le général Petraeus, selon des extraits d'une interview diffusée ce dimanche 10 janvier sur CNN. Interrogé sur les installations nucléaires iraniennes et la possibilité qu'elles soient fortifiées pour les protéger d'une attaque, le général a remarqué qu'"elles peuvent tout à fait être bombardées". M. Petraeus n'a fourni aucune autre précision sur la nature des plans américains. Le général a ajouté qu'il estimait que la crise nucléaire iranienne pouvait toujours être résolue par la voie diplomatique.

L'Iran récompensé en France par le Ficep : une illustration du softpower iranien

L'attaché culturel de la République Islamique d’Iran à Paris, a été désigné comme l’attaché culturel le plus actif, dans une note du Forum des Instituts culturels étrangers ( FICEP) à Paris.
Le directeur de l'Association des instituts étrangers, à Paris, a salué la compétence de l'attaché culturel de la République Islamique d’Iran, son dynamisme et sa créativité exceptionnelle, avant de souhaiter que ce titre honorifique témoigne de la dynamique de la Maison de l'Iran à Paris.
Il a, ensuite, rappelé la richesse culturelle de l'Iran islamique, avant d'ajouter que le bilan brillant de l'attaché culturel de la République islamique d’Iran en France, pourrait servir de modèle aux centres culturels d'autres nations à Paris.
Le FICEP, Forum des Instituts culturels étrangers à Paris, a été créé en 2002, au-delà des accords diplomatiques, avec l'objectif de mettre en valeur le rôle clef que les instituts et les centres culturels étrangers de Paris jouent dans la promotion de la diversité culturelle.
Cette récompense illustre les efforts déployés par la république islamique au travers de son auto-promotion culturelle comme instrument de softpower. A l'heure où la perception de la république islamique est de plus en plus ternie sur la scène internationale, l'Iran tente depuis plusieurs années déjà de jouer la carte culturelle afin d'améliorer son image auprès des populations étrangères. Se posant en héritier de l'empire Perse, les discours politiques de la république islamique n'en sont pas moins chargés d'influences nationalistes, lesquelles rappellent la volonté de Téhéran de retrouver une place de choix sur la scène internationale au travers de l'ancrage de son statut de puissance régionale.

samedi 9 janvier 2010

Un nouveau gazoduc reliant l'Iran au Tukménistan

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a inauguré ce mercredi 6 janvier un nouveau gazoduc reliant le Turkménistan à l'Iran dans le cadre d’une tournée en Asie centrale.
"Le gazoduc que nous inaugurons aujourd'hui portera nos relations à un autre niveau aussi bien à l'échelle régionale qu'au niveau international ", a déclaré le président iranien lors d'une cérémonie en présence du président turkmène Gourbangouly Berdymoukhamedov.
Le gazoduc relie sur 30,5 kilomètres le gisement de Dovletabat dans le sud-est du Turkménistan à la raffinerie de Khangiran dans le nord-est de l'Iran.
Ce gazoduc aura une capacité annuelle de six milliards de m3 par an, qui pourra être étendue à terme à 12 milliards de m3, selon le ministère de l'Energie turkmène.
Ce gazoduc sera rattaché, dans une première phase, au réseau gazier de la province du Khorasan, dans le nord-est de l'Iran, avant de venir s'ajouter, prochainement, au réseau général du gaz du pays.
Ce gazoduc vient s'ajouter à un premier gazoduc turkméno-iranien de 140 km inauguré en 1997 dans le sud-ouest du Turkménistan, d'une capacité de 8 milliards de m3 par an permettant à terme au Turkménistan de fournir 20 milliards de mètres cubes de gaz par an à l'Iran.
Le Turkménistan, riche en gaz (1,9% des réserves mondiales), cherche à réduire sa dépendance envers les réseaux d'exportation russes, hérités de l'époque soviétique, en diversifiant ses routes gazières vers de nouveaux clients.
L'Iran pour sa part détient les deuxièmes réserves mondiales de gaz estimées à 28.000 milliards de m3 (~14% des réserves mondiale).
Cette inauguration renforce la place de l'Iran sur les routes énergétiques reliant l'Asie Centrale à l'Europe et à la région du Golfe. Ce renforcement s'inscrit dans la volonté iranienne de devenir un acteur de plus en plus important pour les pays d'Asie du Sud dans la mesure ou la république islamique prévoit à terme de constituer une flotte de méthaniers susceptibles d'approvisionner les dits Etats ainsi que la Chine et l'Asie du Sud-Est.
Par ailleurs, le renforcement du réseau reliant l'Iran à l'Asie Centrale constitue un atout pour Téhéran dans une éventuelle participation au projet Nabucco.