jeudi 7 octobre 2010

La géopolitique du plateau iranien - 3ème partie


Voici la 3ème - mais non la dernière - partie de l'analyse de la géopolitique du plateau iranien. Pour rappel, cette analyse se penche sur l'étude du territoire iranien au travers des 3 critères spatiaux que sont la dimension, la position et la configuration.

La première partie traite de la dimension et la deuxième de la position. Aujourd'hui nous allons donc aborder la configuration et nous terminerons notre analyse par une conclusion dans une quatrième partie.

La configuration du territoire iranien.

Tout d'abord, qu'elle signification sous-entendons-nous au travers du concept de "configuration" ? Dans le contexte qui nous préoccupe, la configuration d'un territoire représente l'ensemble de ses caractéristiques matérielles et physiques, sous l'angle de l'étude géographique. Tout comme la position, la configuration d'un territoire contribue à déterminer sa valeur, son importance. Les réserves en matières premières, le type de relief (montagneux, de plaine,...), le climat,... sont autant de facteurs qui interviennent dans l'analyse de la configuration spatiale.

Le plateau iranien a vu son importance géopolitique croître considérablement à partir de 1908, suite à la découverte sur son territoire de gisements pétroliers . La configuration de l’espace territoriale iranien s’est ainsi retrouvée considérablement bouleversée. Jusque là cantonné au statut de zone tampon entre les empires russe et britannique, les réserves en or noir de son sous-sol ont dès lors fait de ce pays l’objet de toutes les convoitises. Cette évolution démontre également qu’à l’instar du positionnement d’un territoire, l’importance de sa configuration est également susceptible de se modifier au cours du temps au gré des évolutions techniques et des outils de la puissance – ici le pétrole. Ainsi, si les plus anciens gisements du pays sont situés dans la province du Khuzestan, l’évolution des techniques d’extraction off-shore a encore considérablement accrue la richesse du pays en rendant accessible les importants gisements se trouvant au cœur même du Golfe, mais aussi ceux situés en mer Caspienne. De plus, l’importance croissante prise ces dernières années par le gaz naturel dans le secteur de l’énergie a encore renforcé le poids de la configuration spatiale du pays, lequel possède aujourd’hui les deuxièmes plus importantes réserves prouvées en pétrole et en gaz, estimées respectivement à 10,3 % et 15,8 % des réserves mondialement prouvées [1].

Outre son potentiel énergétique, l'Iran présente également d’importantes réserves en matières premières minérales à forte plus value économique. Il détient ainsi les deuxièmes plus importantes réserves en cuivre du continent asiatique [2]. Or ce minerai, très sollicité par les économies développées et émergentes, a vu sa demande quasi doubler entre 2000 et 2007, la Chine engendrant pratiquement à elle seule la totalité de cette augmentation [3].

[1] BP, « BP Statistical Review of World Energy June 2010 ».

[2] DJALILI M.-R., KELLNER T., « LIran, la Chine et la crise du nucléaire », in MERIA, volume 1, n°1, article 2, juillet 2006, p. 9.

[3] NOELS G., Econochoc. Comment six chocs économiques majeurs vont influencer votre vie, Louvain-la-Neuve, Petercam, 2009, p. 96.

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