mercredi 7 juillet 2010

Nucléaire : L'Iran se dit prêt à abandonner l'enrichissement à 20 % en cas d'échange. Encore une manoeuvre dilatoire ?


L'Iran pourrait arrêter l'enrichissement d'uranium à 20% s'il reçoit du combustible pour son réacteur de recherche de Téhéran. C'est du moins ce qu'a déclaré Allaeddine Boroujerdi, le président de la Commission des Affaires étrangères du Parlement. Pour rappel, l'Iran a commencé en février dernier la production d'uranium enrichi à 20 % pour les besoins du réacteur de recherche de Téhéran (RRT). Actuellement, la république islamique aurait produit environ 17 kg d'Ur à 20 %, alors que le fonctionnement du RRT en nécessite 120 kg.

C'est la première fois qu'un responsable iranien évoque l'arrêt des activités d'enrichissement à 20%. Au lendemain de l'accord de Téhéran (17 mai dernier) entre l'Iran, la Turquie et le Brésil, le président Ahmadinejad avait déclaré que son pays continuerait ses activités d'enrichissement à 20 %, arguant comme à son habitude qu'il s'agit là d'un droit "inaliénable" de la république islamique. Ces propos avaient été dénoncés par les pays occidentaux qui y voyaient la preuve que l'accord de Téhéran n'était qu'une manœuvre dilatoire de plus visant à les décrédibiliser à la veille de l'adoption par le CSNU de nouvelles sanctions contre Téhéran.

Alors que penser de la déclaration d'Allaeddine Boroujerdi ? Premièrement, elle émane d'un personnage "secondaire" dans le système politique de la république islamique. Or, il serait difficile d'y voir une réelle volonté du régime des Mollahs tant que le président Ahmadinejad n'en aurait pas fait l'écho. Deuxièmement, l'Iran est coutumier des déclarations contradictoires. Normalement, les négociations sur le nucléaire devraient probablement reprendre à la fin de l'été. Alors que la république islamique s'est vue sanctionnée par de nouvelles mesures coercitives onusiennes et américaines, et alors que l'UE s'apprête à emboîter le pas de Washington, l'Iran aura fort à cœur de poursuivre sa stratégie de "victimisation" auprès des Etats non alignés ou émergents, afin de décrédibiliser les actions occidentales. Dans cette voie, il a déjà réussi à emmener dans son giron le Brésil et la Turquie...

De plus, si échange il devait y avoir, il paraît fort probable que ce dernier devrait se faire aux conditions de l'Iran, ou du moins dans un cadre qui lui est politiquement favorable, comme c'est le cas avec l'accord de Téhéran ; point que les puissances occidentales ne sont pas prêtes d'accepter. L'épilogue de la question nucléaire iranienne apparaît donc comme à son habitude encore bien lointain.

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