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mercredi 7 juillet 2010

actualité iranienne : rétrospective du mois de juin - 1ère partie


1er juin : Le Guide suprême de la révolution, Ayatollah Ali Khamenei, gracie 80 prisonniers emprisonnés pour leur participation aux manifestations postélectorales de l'été 2009. Ces libérations sont interprétées comme un signe d'apaisement à la veille de l'anniversaire de la réélection contestée de M. Ahmadinejad.

2 juin : Un responsable iranien affirme que l'AIEA contrôle l'ensemble des activités d'enrichissement iraniennes. Encore une fois, l'Iran joue ici sur les mots et se permet une interprétation large du dernier rapport de l'AIEA sur son programme nucléaire.

L’adjoint au Conseil suprême de sécurité nationale, , citant le nouveau rapport du directeur général de l'AIEA, estime en effet que celui-ci souligne que l'agence onusienne contrôle le cycle complet d'enrichissement d'uranium en Iran. Abulfazl Zohrevand précise en outre que l’agence onusienne n’est confrontée selon lui à aucun problème dans le cadre de ses missions d’inspection ou d'installation de caméras en Iran.

Évoquant l'inspection surprise du site d'enrichissement de Natanz, Abulfazl Zohrevand, se référant toujours au rapport de l’AIEA, indique que les inspecteurs de l'AIEA ont effectué 38 inspections surprise des installations nucléaires iraniennes depuis 2007 ; deux d’entre elles concernant le processus d'enrichissement. Selon l'Iran, l'Agence rejette toute dérive du nucléaire iranien et son directeur, Yukio Amano, confirme la véracité des rapports précédents, qui établissent le caractère civil des activités nucléaires iraniennes.

"L'AIEA a, une nouvelle fois, confirmé le caractère pacifique et l'absence de dérive, dans les activités nucléaires de l'Iran. Ce rapport montre que toutes les activités, en particulier, l'enrichissement d'uranium, se font sous le contrôle de l'AIEA.", a déclaré Ali-Asghar Soltanieh.

Ce que le responsable iranien ne souligne pas, c'est le refus de Téhéran de laisser les inspecteurs de l'AIEA inspecter l'ensemble des sites que ceux-ci jugent nécessaires à leur mission. Ainsi, s'il y a bien des inspections dans les installations nucléaires iraniennes, seuls les sites officiels sont concernés. Depuis longtemps déjà, l'AIEA demande l'accès à diverses bases militaires suspectées d'abriter des activités nucléaires clandestines.

Autre point passé sous silence par les responsables iraniens, le paragraphe du dernier rapport de l'AIEA évoquant de possibles activités militaires liées au programme nucléaire de Téhéran (voir p. 8 du rapport). Avec un tel paragraphe, difficile de se persuader que le rapport de l'Agence "souligne" le caractère strictement pacifique des activités nucléaires iraniennes.

3 juin : L'opposant au président M. Ahmadinejad et co-leader du mouvement vert, Mehdi Karoubi a été chassé du mausolée de Khomeiny alors qu'il s'y rendait pour commémorer le vingt et unième anniversaire de la mort du fondateur de la République islamique.

4 juin : Le pouvoir organise une manifestation de force à l'occasion de l'anniversaire de la mort l'Ayatollah Khomeiny. Cette commémoration s'apparente dès lors plus à une manifestation d'allégeance au régime qu'à une véritable célébration d'hommage. Pour la première fois, ce sont les Gardiens de la révolution, l'armée idéologique du régime qui ont été directement chargés de l'organisation des cérémonies, coupant l'herbe sous le pied aux héritiers et anciens fidèles de l'imam. Dûment emmenés et encadrés depuis la capitale et les provinces avoisinantes par autobus entiers - une flottille de 49 600 véhicules selon le chef de la police routière - quelque 2 millions d'Iraniens ont convergé vers l'immense mausolée de Khomeiny, au sud de Téhéran. A quelques jours de l'anniversaire de la réélection contestée de M. Ahmadinejad, le signal envoyé à l'opposition est on ne peut plus clair.

7 juin : La secrétaire d'Etat américain, Hillary Clinton, dit s'attendre à une nouvelle manoeuvre dilatoire de la république islamique alors que l'adoption de nouvelles sanctions par le CSNU apparaît comme imminente. Au même moment, l'AIEA se réunit pour évoquer le programme nucléaire de Téhéran.

8 juin : L'Iran menace de quitter les négociations sur son programme nucléaire si de nouvelles sanctions sont votées au CSNU.

9 juin : Le CSNU adopte la résolution 1929 par 12 voix contre 2 oppositions (Brésil et Turquie) et une abstention (Liban). Cette résolution est la 4ème émanant du CSNU à imposer des sanctions à la république islamique (après les résolutions 1737, 1747 et 1803). Sans surprise, la Turquie et le Brésil, pays à l'origine de l'accord de Téhéran du 17 mai dernier, s'opposent à cette résolution qui constitue la plus sévère à laquelle le régime des Mollahs ait eu à faire face. Le président iranien estime quant à lui que ces sanctions sont illégales et qu'elles n'arrêteront pas la nation iranienne.

10 juin : L'opposition iranienne annonce officiellement qu'elle renonce à manifester le 12 juin, date anniversaire de la réélection contestée de M. Ahmadinejad.

Le président iranien est pour sa part attendu en Chine pour une visite à Shanghai coïncidant avec la "journée de l'Iran" à l'Exposition universelle. Il n'est pas prévu qu'il séjourne à Pékin ni qu'il ait des entretiens de haut niveau avec les dirigeants du régime chinois. Cependant, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Qin Gang, déclare à cette occasion que "La Chine attache une grande importance à ses relations avec l'Iran et estime qu'elles favorisent la paix régionale, la stabilité et le développement".

La Russie annonce quant à elle que la résolution 1929 ne remet pas en cause la livraison à l'Iran des batteries de missile anti-aérien S-300 arguant qu'il s'agit là d'un système d'arme strictement défensif.

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