samedi 8 mai 2010

L'Iran invite les membres du CSNU à ... Dîner


Alors que les négociations entre les membres du CSNU se poursuivent en marge de la conférence de suivi du TNP pour imposer à l'Iran de nouvelles sanctions, la république islamique a organisé jeudi à New York un dîner auquel étaient conviés les 15 membres du CSNU. L'hôte de ce dîner n'était ni plus mois que Manoucher Mottaki, le ministre iranien des affaires étrangères. Pour un Etat clamant à qui veut l'entendre qu'il ne craint pas les sanctions et que celles-ci seraient inefficaces, l'Iran n'hésite donc pas à se lancer dans une opération séduction qui ne cadre pas à son schéma diplomatique habituel, lequel rejette (officiellement...) tout contact direct entre responsables iraniens et américains. Que cherche donc la république islamique avec cette initiative ? Convaincre de ses bonnes intentions et retarder l'échéance de nouvelles sanctions ? Il en faudra certainement plus pour convaincre les pays occidentaux ; tellement plus que cela peut en paraître naïf. Il semble plutôt que l'Iran souhaite obtenir du temps pour discuter de la proposition de médiation brésilienne, alors que le président Lula est attendu à Téhéran les 16 et 17 mai. Si tel est bien le cas, l'Iran cherche semble-t-il une nouvelle fois à jouer la montre ; à moins qu'il ne finisse par céder en envoyant son uranium à l'étranger, ce qui décrisperait quelque peu la situation internationale mais aurait de lourdes conséquences sur les rapports de force de la scène politique intérieure iranienne. Mais quand bien même l'Iran enverrait son uranium à l'étranger, cela ne stopperait fort probablement en rien ses activités d'enrichissement comme l'a rappelé à Manoucher Mottaki à l'occasion du dîner de jeudi. C'est là la ligne rouge du régime des mollahs qui considèrent les activités liées à l'enrichissement comme un droit légitime.
Ce dîner a entre autre donné lieu à l'une de ces rencontres de haut niveau entre responsables iraniens et américains, si rares depuis la rupture des relations diplomatiques entre les deux Etats, suite à la crise des otages de l'ambassade américaine à Téhéran.
Les Etats-Unis ont dépêché sur place le numéro deux de leur mission auprès de l'ONU, Alejandro Wolff ; mais il semble que le bilan de cette rencontre ne soit pas des plus encourageants. Selon les diplomates présents au dîner, M. Mottaki s'est montré intransigeant sur le droit de l'Iran à enrichir son propre uranium, malgré les résolutions précédentes du CSNU qui lui imposent la cessation de ces activités.
Le porte-parole du département d'Etat américain, Philip Crowley, a déclaré quant à lui vendredi que les discussions avaient été "franches et professionnelles" mais n'avaient été marquées d'aucune avancée dans le différend sur le programme nucléaire iranien. "C'est encore une occasion manquée pour l'Iran de se conformer à ses obligations internationales", a-t-il ajouté, en précisant que les travaux se poursuivaient pour mettre au point une résolution de l'ONU prévoyant de nouvelles sanctions contre l'Iran.
"J'y vois un signe que l'Iran est assez inquiet", avait déclaré vendredi à propos de ce dîner Anne-Marie Slaughter, responsable de la stratégie politique du département d'Etat, et l'une des plus proches collaboratrices de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton.

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