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mardi 4 mai 2010

Iran - ONU : Téhéran échoue au conseil des droits de l'homme mais s'impose à la commission des droits de la femme

L'Iran, tancé par les Occidentaux pour son bilan en matière de respect des droits de l'homme, a retiré sa candidature à un siège au Conseil des droits de l'homme, un organe des Nations unies basé à Genève, a annoncé un diplomate fin avril.
Bandula Jayasekara, l'ambassadeur adjoint du Sri Lanka aux Nations unies, a expliqué que l'Iran avait informé le groupe des pays asiatiques à l'ONU qu'il ne participerait pas au scrutin à bulletin secret destiné à désigner les nouveaux membres du Conseil ; le vote devant avoir lieu le mois prochain. Le Conseil compte 47 Etats membres, ils sont élus par l'Assemblée générale à la majorité absolue pour une période de trois ans ; il est renouvelable par tiers tous les ans.
Premier échec en 2006
La mission iranienne à l'ONU ne s'est pas exprimée sur le sujet. Dans l'immédiat, il était impossible de connaître les raisons de ce désistement. Mais selon Peggy Hicks de l'ONG Human Rights Watch, Téhéran a plié "face à l'opposition mondiale grandissante qu'alimente son effroyable bilan en matière de droits de l'homme". "Et cela montre aussi que la pression internationale peut aider à faire entrer au Conseil (des droits de l'homme) des pays avec de meilleurs bilans", en la matière, a-t-elle ajouté.
Les sièges sont attribués par zones. Dans le groupe asiatique, auquel appartient l'Iran, quatre sièges sont en jeu. Avec le retrait de Téhéran, il ne reste plus que quatre candidats: la Malaisie, les Maldives, le Qatar et la Thaïlande. En 2006, la République islamique avait déjà tenté d'intégrer le Conseil, mais sa candidature avait échoué du fait de la pression américaine.
Dans une lettre ouverte adressée à certains des 192 pays membres de l'Assemblée générale de l'ONU, la prix Nobel de la paix Shirin Ebadi avait appelé à rejeter la candidature de son pays. "Nous espérons qu'en rejetant la candidature de l'Iran au Conseil des droits de l'homme, vous pousserez les autorités iraniennes à réfléchir à leurs propres méfaits", avait-elle écrit.

La république des Mollahs et les droits des femmes.

Moins d'une semaine plus tard, le 29 avril, l'Iran obtenait un siège pour une durée de 4 ans à la commission des droits de la femme de l'ONU. Cette élection, paradoxale s'il en est puisque puisqu'en Iran la parole d'une femme compte pour la moitié de celle d'un homme devant la justice, constitue bien une déception pour les ONG et une victoire pour la république islamique qui y voit un moyen pour gagner en reconnaissance internationale malgré le fait que cette nomination apparaît totalement non-crédible auprès des puissances occidentales. Cependant, ces dernières ne se sont pas opposées à la nomination de l'Iran alors que les tensions sur le dossier du nucléaire connaissent ces derniers mois un regain d'intensité.

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