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mercredi 28 avril 2010

Total "prêt" à cesser ses livraisons d'essence à l'Iran en cas de nouvelles sanctions américaines

Le directeur général de Total, Christophe de Margerie, a annoncé ce lundi 26 avril que son groupe cesserait de vendre d'essence à l'Iran si les Etats-Unis votaient une loi visant à pénaliser les groupes vendant du pétrole à Téhéran.
Actuellement, Total livre de faibles montants de carburants à la république islamique, a-t-il dit à la presse en marge d'une conférence.
Alors que Washington fait pression à l'Organisation des nations unies (ONU) en faveur de nouvelles sanctions contre l'Iran en raison de son programme nucléaire, plusieurs groupes pétroliers importants et des courtiers spécialisés en matières premières ont déjà freiné leurs ventes en Iran afin d'éviter des sanctions sur leurs activités aux Etats-Unis. Ceci est notamment valable pour les groupes pétroliers Shell et Loukoil.
Selon les projets de lois votés au Sénat et à la Chambre des représentants américains, mais qui doivent encore être fusionnés, les sociétés internationales qui fournissent de l'essence à l'Iran seraient fortement pénalisées dans leurs activités américaines.
Bien qu'étant le cinquième pays exportateur de pétrole dans le monde, l'Iran doit importer entre 35 et 40% de ses besoins en essence en raison de manques dans ses capacités de raffinage, ce qui rend le pays considérablement vulnérable. Les manquements infrastructurels de la république islamique s'explique en partie par la politique coercitive unilatérale mise en place par les Etats-Unis au milieu des années 90. Par exemple, rappelons que la loi d'Amato comporte une close d'extraterritorialité dans la mesure où elle autorise les Etats-Unis à sanctionner toutes les entreprises qui investiraient plus de 20 millions de dollars dans le secteur des hydrocarbures iraniens. Actuellement, la Chine fournit à l'Iran entre 30 000 et 40 000 barils de pétrole raffiné par jour, illustrant parfaitement l'ironie de la situation d'un pays possédant les deuxièmes plus importantes réserves en pétrole de la planète.
Par ailleurs, Christophe de Margerie a indiqué que les entreprises du secteur de l'énergie devaient sans attendre effectuer les investissements nécessaires pour être en mesure de répondre à la demande future de gaz et de pétrole.
Avec le recul de la demande d'énergie provoqué par la récession mondiale, de nombreux projets ont été suspendus. Mais après deux ans de contraction, la demande devrait repartir en 2010 et ces projets doivent être remis sur les rails, a-t-il souligné.
"Il n'y a pas de temps à perdre avant de recommencer à investir", a-t-il dit lors d'une manifestation au Koweït.
Selon Christophe de Margerie, un baril compris entre 80 et 85 dollars sera suffisant pour encourager les projets d'investissement dans le secteur.
Si la demande augmente fortement, les cours devront grimper à 100 dollars le baril afin d'encourager l'exploitation de projets plus coûteux.
Total anticipe une hausse annuelle de la demande d'environ un million de barils par jour jusqu'en 2020, a-t-il précisé. Des investissements seront nécessaires pour pouvoir satisfaire cette demande et compenser le recul de la production sur les sites existants, évalué entre 6 et 7% par an.
Une grande partie de la demande nouvelle sera concentrée en Asie tandis que les pays développés devraient connaître une consommation atone dans les années à venir.
Ces tendances vont entraîner des modifications dans le secteur de l'énergie, notamment dans les relations commerciales.
"Cela change les relations, change les partenariats et change la façon dont nous nous comportons", a-t-il dit.

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