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mercredi 7 avril 2010

Interview de Recep Tayyip Erdogan : ses mots sur la république islamique

Le 5 avril dernier, Le Figaro publiait une interview du premier ministre turc au cours de laquelle la question iranienne ainsi que la position de la Turquie sur cet épineux dossier furent naturellement abordées. Bien qu'il n'ait rien de neuf sous le soleil, Recep Erdogan a rappelé que la position turque se positionne aujourd'hui en opposition à la ligne de conduite défendue par les Occidentaux. Extraits :

[...]
En quelques années, la Turquie est devenue un acteur prépondérant dans une région à forts enjeux stratégiques. Pourriez-vous convaincre le président iranien Mahmoud Ahmadinejad de renoncer à l'arme nucléaire ?


Depuis notre arrivée au gouvernement, toutes nos démarches sont guidées par le même principe : celui de n'avoir aucun ennemi. Et nous commençons à l'appliquer avec nos voisins. À chaque entretien avec mon cher ami Ahmadinejad, nous avons insisté et répété que nous ne voulons pas d'arme nucléaire dans la région. Pouvons-nous convaincre l'Iran ? Quand nous parlons avec eux de cette affaire, ils répondent qu'ils ne conçoivent pas d'arme nucléaire mais qu'ils produisent de l'énergie nucléaire. Et l'Agence internationale de l'énergie atomique n'est pas parvenue à prouver qu'il existe bel et bien une arme nucléaire. Par ailleurs, il y a un pays dans la région qui dispose de l'arme nucléaire. Je ne vois pas pourquoi personne ne s'attarde sur ce cas. Cette approche n'est pas équitable.

Quel rôle souhaitez-vous jouer dans cette crise ?

Bien entendu, nous essayons de convaincre l'Iran. Lors des dernières discussions, l'Iran avait accepté de donner aux États-Unis de l'uranium enrichi. Avant qu'il ne quitte ses fonctions à l'AIEA, Mohammed ElBaradei avait indiqué qu'Istanbul pouvait servir de lieu d'échange.

Vous êtes donc toujours opposés à des sanctions supplémentaires contre Téhéran ?

Nous considérons que cette affaire doit être résolue par la voie diplomatique. Bien sûr, des sanctions sont d'actualité, mais je ne pense pas que celles évoquées puissent aboutir à des résultats. Des sanctions ont déjà été décidées à deux reprises. Ceux qui ont pris la décision de les appliquer ont été les premiers à les violer. Il y a les Français, les Allemands, les Anglais, les Américains et les Chinois. Ils sont tous impliqués et parviennent encore, par des voies indirectes, à introduire leurs produits en Iran. Nous ne pouvons pas omettre cette réalité.

L'Iran est un pays voisin. Cette proximité géographique revêt-elle une importance particulière ?

Il s'agit de notre deuxième fournisseur en gaz naturel, le volume des échanges commerciaux entre nos deux pays se situe actuellement autour de 10 milliards de dollars. Nous avons une frontière commune et, depuis un accord signé en 1639, la paix perdure. Une fois encore, il est impossible de ne pas prendre tout cela en considération.

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