jeudi 11 mars 2010

R. Gates sollicite l'aide des pays arabes pour convaincre Pékin de soutenir de nouvelles sanctions contre l'Iran au CSNU

L'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis semblent enclins à oeuvrer auprès de Pékin pour qu'elle soutienne de nouvelles sanctions contre Téhéran au CSNU dans le cadre de son programme nucléaire controversé, a déclaré aujourd'hui à Abou Dhabi le secrétaire américain à la Défense Robert Gates.
"J'ai le sentiment qu'il existe une volonté chez les dirigeants saoudiens et émiratis d'utiliser leur poids en tant que pays (producteurs) de pétrole pour convaincre la Chine d'approuver de nouvelles sanctions contre Téhéran sur son programme nucléaire", a déclaré M. Gates.
Ryad et Abou Dhabi sont également disposés à effectuer la même démarche auprès de la Russie "même si cela est moins nécessaire", Moscou étant plus favorable à des sanctions contre la République islamique.
Robert Gates se trouvait aujourd'hui à Abou Dhabi, capitale des Emirats, après une première étape en Arabie saoudite. Hier, il avait plaidé auprès des dirigeants saoudiens la nécessité de soutenir les efforts de son pays pour des sanctions contre l'Iran. Les Etats-Unis souhaitent notamment de Ryad et d'Abou Dhabi qu'ils rassurent la Chine sur leur capacité à compenser les livraisons de brut iraniens et, selon le Washington Post, le chef de la diplomatie saoudienne, le prince Saoud al-Fayçal s'est déjà rendu début mars à Pékin pour en discuter La campagne diplomatique américaine a suscité la colère du président iranien Mahmoud Ahmadinejad qui a affirmé que son pays ne permettrait pas aux Occidentaux de semer le désordre dans le Golfe.
Pour rappel, l'Iran est le troisième fournisseur de pétrole de la Chine, après l'Arabie saoudite et l'Angola. Les compagnies pétrolières chinoises auraient investi 120 milliards de dollars en Iran depuis cinq ans (chiffre difficilement vérifiable avec exactitude car il faut bien faire la distinction entre les contrats effectifs, les promesses de contrats et les accords préliminaires). En 2009, les deux pays ont signé deux importants contrats pour développer deux champs pétrolifères en Iran, l'un à Pars, l'autre à Azadegan. Et parce que l'Iran ne possède pas de capacités suffisantes de raffinage, les Chinois lui fourniraient, selon le Financial Times, entre 30 000 et 40 000 barils de pétrole raffiné par jour. La Chine a profité ces dernières années de l'effacement de compagnies occidentales empêchées de traiter avec l'Iran du fait des sanctions et des pressions américaines.
La proximité géographique et culturelle de l'Iran avec la province chinoise du Xinjiang, région tiraillée par les velléités "séparatistes" de sa population musulmane ouïgoure, pousse en outre Pékin à s'assurer des bonnes grâces de Téhéran.

Sur les relations sino-iraniennes, voir : Chine-Iran : vers une maturité pragmatique ?

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