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mercredi 17 mars 2010

Nucléaire iranien : vers une ouverture de Téhéran ?


L'Iran est prêt à échanger en une seule fois et sur son territoire 1.200 kg d'uranium enrichi à 3,5% pour recevoir 120 kg de combustible à 20%, a déclaré Ali Akbar Salehi, chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, cité aujourd'hui par le quotidien Javan.
"Nous sommes prêts à livrer la totalité de l'uranium mais à condition que que l'échange ait lieu en Iran et de manière simultanée", a déclaré M. Salehi. "Nous sommes prêts à donner 1.200 kilos (d'uranium enrichi à 3,5%) pour recevoir simultanément 120 kilos de combustible enrichi à 20%" pour le réacteur de recherche de Téhéran, a-t-il ajouté.
Il s'agit de la première fois que l'Iran se dit prêt à échanger la totalité de son uranium en une seule fois comme le réclament les Etats occidentaux. Jusqu'à aujourd'hui, la république islamique a toujours revendiqué un échange en différentes étapes, arguant qu'elle n'a aucune confiance envers les pays occidentaux. L'échange en une étape est considéré comme une condition nécessaire à la conclusion d'un accord avec le régime des Mollahs, car il permettrait de ralentir considérablement le supposé volet militaire du programme nucléaire iranien dans la mesure où il priverait l'Iran de son stock d'uranium pour une durée de 1 an et demi à 2 ans (selon les experts, l'Iran serait capable de produire environ 80 kg d'uranium enrichi à 3,5% par mois).
Il reste aujourd'hui à voir si cette déclaration sera relayée par le président M. Ahmadinejad ou par le ministre iranien des affaires étrangères, Manouchehr Mottaki. Dans ce cas, il s'agirait véritablement d'une avancé significative de la part des autorités iraniennes. Mais il faut également tenir compte des probables résistances internes à ce projet. Beaucoup risquent en effet de dénoncer ici une soumission aux revendications occidentales. Une autre possibilité reste que l'Iran ne cherche à jouer la montre, en annonçant une ouverture afin de relancer les négociations tout en cherchant à gagner du temps sur les modalités d'un accord et ce, afin de retarder l'adoption de nouvelles sanctions par le CSNU.

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