mardi 23 mars 2010

Kouchner: "Pas d'autre choix" que de "nouvelles sanctions" contre Téhéran

AFP : Selon lui, l'Iran "développe des capacités nucléaires sensibles sans finalités civiles crédibles".
Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a affirmé mardi qu'il n'y avait "pas d'autre choix" que de "rechercher de nouvelles sanctions" contre Téhéran qui continue de développer un programme nucléaire "sans finalités civiles crédibles". "L'attitude de défi choisie aujourd'hui par le gouvernement iranien ne nous laisse aujourd'hui aucun autre choix: nous devons rechercher de nouvelles sanctions", a lancé le chef de la diplomatie française au Sénat.
"Nous continuerons à rechercher le dialogue mais quelles réponses ont suscité jusqu'alors toutes nos offres de dialogue? Rien de tangible", a-t-il fait valoir.
Selon lui, l'Iran "développe des capacités nucléaires sensibles sans finalités civiles crédibles". Ce pays, a-t-il souligné, "accroît la portée de ses missiles, l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) déplore à longueur de rapports que l'Iran ne coopère pas suffisamment avec elle et Téhéran a rejeté toutes nos offres de dialogue et de coopération".
"Il y a eu déjà trois résolutions des Nations unies (assorties de) sanctions", a rappelé M. Kouchner, relevant qu'elles étaient "destinées à convaincre ou à contraindre le gouvernement iranien à négocier".
M. Kouchner s'exprimait lors d'un débat sur "le désarmement, la non-prolifération nucléaire et la sécurité de la France" organisé à quelques semaines de la prochaine conférence quinquennale de suivi du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), prévue en mai 2010 au siège des Nations unies à New York.
L'Occident, Etats-Unis et France en tête, soupçonne l'Iran de vouloir se doter de l'arme atomique. L'Iran dément, affirmant que son programme nucléaire est destiné à un usage purement civil. Evoquant la deuxième "crise majeure" de la prolifération, le programme nucléaire nord-coréen, M. Kouchner a souligné qu'il "ne met pas seulement en cause la paix et la stabilité de la région" mais "exporte au loin (ses) ferments d'insécurité (...) en particulier au Proche et au Moyen-Orient".
"Il faut y faire barrage", a-t-il martelé. Pour le ministre des Affaires étrangères, "il n'y aura pas de désarmement si nous ne mettons pas un coup d'arrêt à la prolifération nucléaire et il n'y aura pas de développement du nucléaire civil si nous ne mettons pas un coup d'arrêt à la prolifération".
"Le président (américain Barack) Obama a dit rêver d'un monde où il n'y aurait plus d'armes nucléaires, la France répond par les faits et l'exemple", a-t-il poursuivi, rappelant que Paris avait ratifié le traité d'interdiction des essais, démantelé son site d'essais et cessé la production de plutonium ou d'uranium à usage militaire.

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