mercredi 30 décembre 2009

Vers une rupture irréfutable de la société civile ?


Les manifestations anti-gouvernementales du week-end dernier à l'occasion des cérémonies de l'Ashoura, l'une des fêtes religieuses les plus importantes pour la communauté chiite, ont illustré la détermination des opposants iraniens dont la mobilisation ne faiblit pas depuis l'élection présidentielle controversée du 12 juin dernier. Au contraire, l'on assiste désormais à une radicalisation des revendications qui ne visent plus uniquement le président M. Ahmadinejad mais également le guide suprême, l'ayatollah Khamenei, et par la même occasion, le fondement même du régime que constitue la souveraineté du juriste théologien.
Si ces manifestations ont fait l'objet d'un large écho dans la presse occidentale et notamment dans la presse audiovisuelle belge, je ne peux qu'être consterné par le manque d'objectivité de cette dernière qui a complètement passé sous silence les importantes contre-manifestations progouvernementales de ce mercredi 30 décembre, lesquelles illustrent parfaitement le déchirement grandissant de la société civile iranienne.

A titre de complément d'information, voici l'une des dépêches que l'AFP a publié aujourd'hui sur le sujet :

Un peu partout en Iran, des dizaines de milliers de personnes ont participé aujourd'hui à une série de rassemblements de soutien au régime, certains appelant à l'exécution des dirigeants réformateurs, tandis que le chef de la police menaçait de réprimer "sans pitié" toute nouvelle manifestation de l'opposition. Le bras de fer se durcit avec ces contre-manifestations de masse organisées par les autorités à Shiraz, Arak, Qom et Téhéran notamment. Tous les fonctionnaires avaient eu un jour de congé pour y participer, le régime affrétant des bus pour amener enfants des écoles et habitants des campagnes environnantes. A Téhéran, les manifestants ont scandé "Mort à Moussavi", référence au principal chef des réformateurs et candidat malheureux à la présidentielle Mir Hossein Moussavi. D'autres criaient "les émeutiers hypocrites doivent être exécutés" et brandissaient une banderole appelant au "sacrifice de (notre) sang pour le Guide suprême". S'exprimant pour la première fois en public depuis les affrontements sanglants qui ont fait huit morts dimanche, jour de l'Achoura, ce dernier, l'ayatollah Ali Khamenei, principale cible de l'opposition, a mis en cause les dirigeants réformateurs dans ces troubles. De son côté, le chef de la police, le général Ismail Ahmadi Moghaddam, a lancé une sérieuse mise en garde à l'opposition en affirmant que ses forces s'étaient "montrées clémentes lors des précédentes manifestations". Et d'ajouter "qu'étant donné que ces opposants cherchent à renverser (le système en place, NDLR), il "n'y aura pas de pitié" désormais.

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