dimanche 10 décembre 2017

Turning point for Yemen? Ex-president Saleh killed as alliance with Houthis crumbles

Très intéressant débat sur France 24 en anglais concernant les scénarios de l'évolution politique à venir au Yémen consécutivement à l'élimination de l'ancien président Saleh.


samedi 9 décembre 2017

Et si l'ambassade américaine demeurait malgré tout à Tel Aviv ?

Il est contant. Et fier ! Donald Trump ne semble pas mesurer les potentielles répercussions de sa décision quant au déménagement de l'ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem. Il faut dire que beaucoup dans son entourage direct - dont son beau-fils Jared Kushner se trouve au premier rang - l'y ont encouragé et ne cessent de le caresser dans le sens du poil en chantant ses louanges et en vantant ses supposées qualités. Et pourtant : le Pentagone, la CIA, le Secrétariat d'Etat, ... Tous ont mis en garde le locataire orange de la Maison-Blanche contre les retombées néfastes de cette décision. En agissant de la sorte, Donald Trump a contribué à "Make America Hated Again", autrement dit à nuire à l'intérêt national américain tout en servant l'intérêt national israélien ou, pour être plus précis, l'intérêt de Benjamin Netanyahu. Le temps nous dira en effet si cette décision sert bien ou non les intérêts d'Israël. 

En tout cas, je pleins sincèrement les idéologues des mouvements extrémistes islamistes de tous bords (sarcasme) : ils se retrouvent de facto au chômage technique. A quoi bon tenter de chercher un moyen de diaboliser savamment la politique américaine lorsqu'il suffit de diffuser les paroles de Donald Trump. Les extrémistes lui disent merci.

Idem pour les régimes qui - à l'instar de l'Iran - reposent idéologiquement sur l'anti-américanisme. Déjà en février dernier, à l'occasion des célébrations de la Révolution islamique, le Guide suprême, l'Ayatollah Khamenei, avait cyniquement remercié Donald Trump pour avoir "montré le vrai visage de l'Amérique". Il faut dire qu'entre d'un côté la "star" de la télé-réalité qui insulte l'Islam et partage sur Twitter des vidéos appelant à la haine des musulmans et de l'autre un afro-américain dont le second prénom est Hussein et dont le nom de famille signifie "il est avec nous" en Persan, le choix des ultras iraniens est vite fait : il est beaucoup simple de vendre la résistance à l'Occident avec le premier qu'avec le second. Au final, la politique de Trump renforce les conservateurs iraniens et dessert les modérés qui voient les fondements de leurs discours partir en fumée. 

Mais il a quand même réussi une véritable prouesse diplomatique ! Ne l'oublions pas ! Il est parvenu à mettre d'accord sur un point l'ensemble du monde musulman ! Sunnites et Chiites s'accordent sur la question ! Riyad et Téhéran ne se contredisent pas ! L'Iran et la Ligue arabe vont dans le même sens ! Vous en rêviez ? Donald l'a fait. Chapeau bas l'artiste. 

Et à nouveau pour l'Iran c'est du pain béni ; du moins du point de vue idéologique. Il y a ici de quoi sortir et utiliser ce bon vieux termes de "résistance", à la base de l'idéologie du régime, à toutes les sauces ! Et en effet le monde musulman s'organise. Qui en prendra le leadership dans ce combat ? Probablement personne. La convergence des mots ne durera qu'un éphémère instant avant que les divergences solidement ancrées dans la réalité ne viennent retrouver leur rang. Mais la Turquie tente sa chance ! Elle a déjà convié plusieurs Etats à un grand sommet pour organiser la riposte. Erdogan le Sultan se rêve également Calife. Mais la route reste longue, voir impossible. Ankara avait prévenu Washington que Jérusalem constituait une ligne rouge pour les musulmans et qu'en cas de déménagement, la Turquie pourrait rompre ses liens diplomatiques avec Israël. Pour l'heure il n'en est rien. Erdogan fait beaucoup de bruit - comme à son habitude - mais aura-t-il ce qu'il faut pour aller jusqu'au bout de ses menaces ? Dans le cas contraire, se crédibilité sur la scène internationale - du moins ce qu'il en reste - se retrouvera encore un peu plus diminuée. 

Quoiqu'il en soit, Donald Trump est parvenu à redonner un nouveau souffle à l'anti-américanisme et à l'anti-occidentalisme. Il a offert une véritable bouffé d'air frais à tous les esprits en colère et à tous les extrêmes carburant à la haine au sein du monde musulman. Bien joué garçon. Bien joué. Et tout cela pourquoi ? Officiellement, à en croire Donald, c'est pour la paix. Curieux, j'ai toujours cru qu'une initiative pour la paix serait bien accueillie par les différentes parties au conflit. Ce n'est vraisemblablement pas le cas ici. Et quelle paix par ailleurs ? Bibi Netanyahu a déjà démontré son peu de considération pour la paix. Comme peut-on parler de paix alors que l'un des camps (gouvernements concernés) ne laisse pas entrevoir une réelle envie d'y parvenir ? C'est bien là tout le problème. En agissant de la sorte, Trump offre un blanc-seing à son ami Netanyahu. Qui plus, les violences à venir vont peut-être même renforcer la position de ce dernier sur la scène politique intérieure : "face à la crise, je suis le chef qu'il vous faut". Je sens venir la chose d'ici... Malheureusement. Par ailleurs, quel sera le rôle des Etats-Unis de Trump dans l'avenir de ce conflit ? N'ont-ils pas perdu la stature de pseudo-neutralité qu'ils tentaient de préserver ? Beaucoup risquent bien de le penser côté palestinien. Or, si la crédibilité de Washington est en cause, c'est son influence qui en pâtira. Qui sait : peut-être y-a-t-il ici une fenêtre d'opportunité à saisir pour l'Europe ? Encore faudrait-il qu'elle parvienne à se coordonner mais ça, c'est une autre histoire.  

Cette initiative exacerbe les tensions, encourage les extrêmes de tous bords et nuit à la paix. So why ? Par pure incompétence ? Donald Trump a tout de même pris un malin plaisir à s'auto-congratuler sur Twitter d'avoir tenu sa promesse de campagne, à l'inverse de ses prédécesseurs, images vidéos à l'appui. Et si au final, cette décision était aussi - mais pas seulement - un moyen pour le locataire de la Maison Blanche, d'entretenir son image d'homme de parole auprès de sa base électorale ? Et si après tout, l'ambassade américaine demeurait finalement à Tel Aviv ? Comment cela pourrait-il être possible ?

Tout simplement parce que l'on ne déménage pas une ambassade du jour au lendemain ! Surtout lorsque l'on s'appelle les Etats-Unis d'Amérique ! Les normes à respecter en vue de choisir le bâtiment - ou l'emplacement de sa construction - sont énormes, surtout dans une zone aussi crisogène que le Proche-Orient. Autrement dit, ce n'est pas encore pour tout de suite et actuellement tout reste à faire ! Rex Tillerson, l'actuel Secrétaire d'Etat (jusqu'à quand ?) l'a d'ailleurs lui-même déclaré : l'ambassade américaine ne bougera pas dans les deux ans à venir. Or, le premier mandat de Donald Trump se termine dans trois ans. Un peu de retard dans le dossier et le voilà qui ne peut être réalisé dans le délai imparti. Bien entendu, cela dépendra également de l'élection présidentielle américaine de 2020. Et, en cas de défaite de Trump, qui lui succéderait à la Maison-Blanche ? Ce nouveau président jugerait-il bon d'annuler le transfert si celui-ci n'a pas encore eu lieu ? Et même s'il estimait que cela irait dans l'intérêt des Etats-Unis, oserait-il le faire ? Ne nous y trompons pas : si l'ambassade n'a pas encore bougé d'ici à 2020, cette question sera abordée durant la campagne : "Comptez-vous maintenir le transfert de l'ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem si vous êtes élu ?". Répondre "non" - même si on le pense - serait électoralement risqué : l'électorat religieux, très important aux Etats-Unis et plus aisément mobilisé lors des scrutins, est majoritairement en faveur de l'Etat hébreux. Aussi, cette question demeure avant tout une hypothèse difficilement réalisable mais à laquelle il reviendra au temps de répondre. Dans tous les cas, même si ce transfert ne devait pas avoir lieu et que D. Trump se retrouvait éjecté de la Maison-Blanche, il pourrait toujours s'enorgueillir d'avoir tenu sa promesse de campagne. Et c'est peut-être aussi cela qu'il cherche. 

Face aux bouleversements du monde, la montée en puissance solitaire de l’Iran



Je partage avec vous aujourd'hui un lien renvoyant vers l'émission "Face aux bouleversements du monde, la montée en puissance solitaire de l'Iran", une excellente émission qui s'accompagne également de plusieurs vidéos pertinentes à même d'éclairer les propos tenus. Bonne écoute. 

mardi 14 novembre 2017

L'Arabie saoudite au coeur de l'actualité.

Peut-être l'aurez-vous remarqué : l'Arabie saoudite a occupé les premières pages de l'actualité internationale au cours de ces dernières semaines. Entre la "démission" de Saad Hariri et les purges entreprises par le prince héritier, Mohammad ben Salmane, le royaume saoudien n'a pas manqué de faire couler beaucoup d'encre et d'alimenter les discussions entre spécialistes.  

J'en profite dès lors pour partager ici avec vous une vidéo de Nathan Brown (Carnegie Middle East Center), expert de l'Arabie saoudite, et qui nous livre quelques éléments de son analyse. 


lundi 7 août 2017

Iran, une jeunesse en quête de la liberté

Je me rappelle lors de mes premiers voyages en Iran (presque 10 ans déjà ...), alors que je me rendais à l'Est du pays à la découverte de ses déserts, je fut frappé par le nombre important de "touristes" iraniens, tous des jeunes au début de la vingtaine, qui venaient "visiter" le désert, du moins officiellement, histoire de ne pas froisser les autorités. Mais je me rendis très vite compte que cette escapade avait un tout autre objectif que celui de découvrir les richesses naturelles du pays. Un objectif en réalité beaucoup plus terre à terre, répondant à un besoin de première nécessité : vivre. Vivre. S'amuser l'espace d'une nuit éphémère avec l'illusion de jouir enfin véritablement de la liberté. 

En découvrant ce reportage, je me suis revu quelques années en arrière, à la rencontre de ces jeunes qui avaient alors mon âge, et qui aspirent encore et toujours à plus de libertés.


lundi 31 juillet 2017

L'Iran face à la sécheresse.

Depuis maintenant plusieurs années, l'Iran fait face à une sécheresse très importante qui impacte profondément son environnement ainsi que son économie. Le sujet se retrouve d'ailleurs régulièrement au coeur des débats politiques en raison des politiques polémiques mises en oeuvre par les autorités. Ce problème, méconnu en Occident, a été l'objet il y a quelques temps déjà d'un reportage de la part de France24, reportage que je partage avec vous ci-dessous : 


lundi 24 juillet 2017

L'Iran, la culture en pleine effervescence

Aujourd'hui, je partage avec vous ces trois reportages réalisés par France24 sur la vivacité culturelle de l'Iran d'aujourd'hui. Depuis l'élection d'Hassan Rouhani, la censure n'a absolument pas disparu mais elle semble s'être quelque peu atténuée, laissant entrevoir une fenêtre d'opportunité pour l'expression culturelle contemporaine mais aussi pour des oeuvres plus classiques. Par exemple, citons notamment le cas de l'orchestre symphonique de Téhéran qui a récemment produit (avril 2017) des oeuvres de Fauré et Berlioz, compositeurs occidentaux, qu'il aurait été impossible d'écouter sur scène à Téhéran il y a de cela encore quelques années. A cette occasion, l'orchestre symphonique de Téhéran fut d'ailleurs accompagné d'une chorale 100% féminine, une vraie petite révolution dans un pays où les femmes n'ont toujours pas le droit de chanter en public. 




mardi 18 juillet 2017

Iran : l'administration Trump ne rejette pas (encore) l'accord sur le nucléaire.

Il l'avait qualifié de pire accord jamais signé par les Etats-Unis, promettant même de le "déchirer" s'il accédait à la Maison Blanche. Or, 7 mois après son investiture, le Président Trump semble avoir mis de l'eau dans son vin puisque son administration a certifié hier que Téhéran respectait ses engagements pris dans le cadre de l'accord sur la question nucléaire iranienne signé le 14 juillet 2015.

En effet, tous les 90 jours, l'exécutif américain doit certifier devant le Congrès que l'Iran respecte bel et bien ses engagements. Ce fut donc chose faite hier, pour la deuxième fois depuis l'arrivée de Trump à la Maison Blanche (la première fois remonte à avril 2017), ce qui laisse à suggérer que Washington a probablement pris conscience qu'une remise en cause de l'accord ne serait pas chose aisée dans la mesure où il est ardemment soutenu par les pays européens mais également par la Chine et la Russie. 

A l'heure où les Etats-Unis souffrent d'une image plutôt négative sur la scène internationale en raison du style et de la politique de son nouveau président, la remise en cause de cet accord, considéré par beaucoup comme une avancée significative en vue de normaliser les relations entre l'Iran et le reste du monde et ainsi apaiser les tensions diplomatiques, aurait été perçu comme une manifestation de l'agressivité et de l'unilatéralisme d'une administration Trump qui peine à rassurer ses partenaires traditionnels. 

Si l'accord semble donc toujours tenir, la question de sa pérennité n'est cependant pas encore à écarter tout à fait. La lecture laborieuse de la politique étrangère du Président Trump qui découle de son imprévisibilité rend en effet l'avenir de l'accord toujours incertain, et ce en dépit des signaux positifs que laissent entrevoir la certification par l'exécutif américain des engagements pris par Téhéran. 

L'administration Trump laisse par ailleurs la porte ouverte à de potentielles nouvelles sanctions et ce, en raison de divers motifs pour lesquels elle ne manque pas de régulièrement pointer l'Iran du doigt : soutien au terrorisme, activités déstabilisatrices au Moyen-Orient, rôle au Liban, en Syrie, en Irak, au Yémen, programme balistique, ... 

Aussi, en dépit du fait que l'Iran a reçu les félicitations de l'AIEA en juin dernier pour le respect de ses engagements dans le cadre de l'accord sur son programme nucléaire, nous constatons que les griefs entre Téhéran et Washington ne sont pour leur part pas en pénurie... L'animosité entre les deux pays n'a pas besoin de la question nucléaire pour se maintenir et perdurer. La condamnation, annoncée dimanche dernier, d'un américain à 10 ans de prison pour espionnage, ne vient que rajouter une pierre à l'édifice de la défiance mutuelle. 


lundi 17 juillet 2017

Les splendeurs de l'Iran

En complément de mon post du 10 juillet dernier sur les richesses culturelles, historiques et naturelles de l'Iran, voici un autre reportage ("L'Iran dévoilé" de Angelo Lunetta) comprenant de magnifiques images du patrimoine ô combien riche de ce magnifique pays à l'histoire si ancienne.

Laissez-vous embarquer dans un voyage à la découverte de Persépolis, Abyaneh, Naqh-e Rostam, Shiraz (la cité des poètes), la mosquée Nasir-ol-Molk (la mosquée rose), Ispahan (la moitié du monde), et les luxuriants jardins persans... 


lundi 10 juillet 2017

Les trésors culturels, historiques, et naturels de l'Iran.

L'Iran, pays plurimillénaire ayant marqué de son empreinte l'histoire des civilisations, regorge de trésors historiques et culturels de toutes les époques : depuis la basse antiquité et le règne des Achéménides, jusqu'au 20ème siècle, en passant bien évidemment par le Moyen-Âge et le rayonnement des Safavides.

Il n'est bien évidemment pas possible de présenter et retracer l'histoire de ces multiples sites en un seul reportage mais le documentaire ci-dessous (Iran, trésors de Perse) constitue une bonne introduction à la richesse ainsi qu'à la diversité culturelle que l'Iran s'est construit tout au long de son histoire. 

De Persépolis au palais du Niavaran, du désert aux montagnes en passant par la végétation luxuriante des abords de la Caspienne, ce reportage vous permettra de découvrir les trésors, historiques et naturels, de ce magnifique pays qu'est l'Iran.